Redoine Faïd : ce qu'il faut savoir pour comprendre le procès (dates, enquête, personnages-clés)

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Écrit par Corinne Pehau
Redoine Faïd, lors de la promotion de son livre.
Redoine Faïd, lors de la promotion de son livre. © MAXPPP

Le procès de Redoine Faïd et d'autres braqueurs s'ouvre ce lundi à Douai. Tout ce qu'il faut savoir pour comprendre les enjeux du procès. 

Que s'est-il passé ?


  • 17 mars 2011
Aux alentours de 15h, un fourgon blindé est attaqué par un commando sur la nationale 17 reliant Lens à Arras. L’opération a été longuement et minutieusement préparée. Un faux chantier a été installé sur la route pour ralentir le fourgon, il est immobilisé avec un camion-benne, des cales sont placés sous ses roues arrières. 5 à 6 personnes, lourdement armées, font exploser la porte arrière du fourgon et repartent avec un peu plus de deux millions d’euros à bord de deux voitures volées, qui seront incendiées par la suite.

  • 9 mai 2011
Ce jour-là une information anonyme parvient aux enquêteurs. Elle est extrêmement précise. Cette "source" affirme que l’attaque a été mise au point et réalisée par un commando composé, en majorité, d’hommes originaires de la région parisienne. Des noms sont cités. Les enquêteurs de la police judiciaire les connaissent. Tous sont fichés au grand banditisme.

Redoine Faïd et Fabrice Hornec seraient les organisateurs, la logistique aurait été assuré par un nordiste, Saïd Agouni. Nous sommes donc le 9 mai, 2 mois après l’attaque. Fabrice Hornec est en prison depuis deux jours à peine, incarcéré pour un autre braquage, Redoine Faïd est lui, en fuite et activement recherché depuis 5 mois, pour sa participation à une fusillade qui a provoqué la mort d’une jeune policière municipale en mai 2010.

Procès de Redoine Faïd pour braquage : le rappel des faits ©France 3 Nord Pas-de-Calais

Le déroulé de l'enquête


Les policiers mettent en place des filatures. Ils découvrent qu’une rencontre a eu lieu entre Saïd Agouni et une personne pouvant être Redoine Faïd. Un rendez-vous au centre commercial V2 à Villeneuve d’Ascq. Le lendemain, ils sont à nouveau aperçus devant un cinéma du même centre, en présence cette fois d’un troisième homme.

Le 28 juin 2011, les enquêteurs décident de passer à l’action : ils interpellent Redoine Faïd , Saïd Agouni, le nordiste, et un certain Abdelkarim Benali, dans un snack à Villeneuve d’Ascq. 

L’heure des perquisitions a sonné. La police judiciaire va faire des découvertes capitales. Dans les sous-sols de la maison de A.Benali, ils mettent la main sur un sac contenant des munitions, une kalachnikov mais surtout, un revolver de marque Manurhin, volé à l’un des convoyeurs lors de l’attaque du 17 mars. Un lien indiscutable avec le braquage.

Au cours de ces opérations, les policiers apprennent qu’un autre homme, Ahmed Yekken, une relation du nordiste Saïd Agouni, est à la recherche de 6 gilets pare-balles de tailles différentes. Il semblait pressé de les obtenir via la Belgique. Mais surtout, la police judiciaire opère un autre rapprochement troublant : elle a aussi découvert 6 paires de gants dans le coffre d’une voiture conduite par l’un des malfaiteurs supposé et dans laquelle Redoine Faïd aurait lui aussi pris place. Ahmed Yekken est donc interpellé. La question d’une nouvelle attaque en préparation est posée.

Quant à Fabrice Hornec, une perquisition dans sa cellule permet de mettre la main sur un carnet d’adresse. Les 4 hommes sont mis en examen au début du mois de juillet 2011. Fabrice Hornec le sera un peu plus tard, étant mis en cause grâce à des écoutes réalisées dans la cellule de l’un des malfaiteurs présumés.


Qui sont les personnages-clés ?


  • Redoine Faïd
Le médiatique braqueur de 45 ans est l’auteur du livre « Braqueur, des cités au grand bandistisme » écrit en 2010. Il affirmait s’inspirer du cinéma américain pour réaliser ses braquages, a tenté à un moment de sa vie de se repentir. Il le clamait alors sur tous les plateaux de télévision. Mais il a été rattrapé par cette vie criminelle, en dépit de tous ses efforts. Dans cette affaire, il conteste tout ce qu’on lui reproche et nie connaitre Fabrice Hornec.

Il a été dénoncé par "la source", et les policiers le retrouvent en possession de 20 billets neufs de 100 euros provenant d’une même liasse. L’enquête a permis d’établir que cet argent provient de la Banque de France d’Arras et ne pouvait pas avoir été retiré dans un distributeur. Et puis, les écoutes placées dans la cellule d’un des autres accusés Saïd Agouni confirment son implication dans cette affaire.

  • Fabrice Hornec
Lui aussi, nie toute participation à ce braquage  et conteste également connaître Redoine Faïd, ce que ce dernier confirme. Les informations anonymes le mettent lui aussi en cause. Les conversations interceptées dans la cellule d’un des co-accusés parlent du « gitan de Paris », qui avait participé à une affaire de transport d’or. Des éléments qui lui correspondent.

Fabrice Hornec, 43 ans, est loin d’être un inconnu. « Les frères Hornec » ont pris leur envol criminel au début des années 90 emmenant avec eux tout la nouvelle génération francilienne ainsi qu’une bonne partie de leur propre famille dont on ne compte plus les frères , cousins, neveux fils ou beaux-frères qui ont eu maille à partir avec la justice. Ensemble ils vont gravir les marches du crime parisien et devenir l’une des plus grosses équipes de la capitale, parsemant leurs parcours de victimes et de cadavres.

  • Saïd Agouni
L’homme du nord, 40 ans,  est décrit comme le logisticien de l’attaque du fourgon du 17 mars 2017. C’est lui qui confirme ce rôle et l’implication de Redoine Faïd   et Fabrice Hornec en parlant à un co-détenu dans sa cellule. Il ignore que les policiers y ont placé des écoutes. Il reconnait être le propriétaire des munitions découvertes lors de la perquisition dans un sous-sol d’une résidence. Pour le reste il conteste tout.


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