Remaniement : Gérald Darmanin, Eric Dupond-Moretti et Agnès Pannier-Runacher maintenus à leurs postes de ministres

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Écrit par Yacha Hajzler

Ils faisaient tous les trois partie de la première mouture du gouvernement Borne : Gérald Darmanin, Eric Dupond-Moretti et Agnès Pannier-Runacher conservent leurs ministères après le remaniement du 4 juillet. L'Intérieur, la Justice et la Transition écologique seront administrés par trois fidèles de la Macronie.

La Première ministre Elisabeth Borne a présenté ce 4 juillet son nouveau gouvernement, à la suite des élections législatives. Le 19 juin, le parti présidentiel avait perdu sa majorité absolue à l'Assemblée nationale, mais restait suffisamment fort pour ne pas devoir se plier à une cohabitation : une première, sous la Ve République. Avec cette nouvelle composition, le gouvernement maintient le cap donné par Emmanuel Macron lors de son premier quinquennat.

Deux figures en sont notamment la preuve : Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti. Plutôt impopulaires, surtout auprès des électeurs de gauche qui ont donné 133 sièges à l'alliance NUPES, ils sont pourtant encore une fois maintenus à leurs sièges respectifs, l'Intérieur et la Justice. Deux ministères clés, pour deux hommes qui sont devenus en quelques années des piliers de la Macronie, et les symboles de toute une politique.

Les deux "hommes forts" de l'aile droite maintenus

Gérald Darmanin, de son côté, a très bien réussi son transfuge depuis Les Républicains. Né à Valenciennes, Gérald Darmanin a fait ses classes très tôt dans les instances politiques nationales, comme collaborateur de Jacques Toubon. Il revient à sa région natale en 2012, lorsqu'il devient député du Nord puis maire de Tourcoing. Longtemps encarté à l'UMP, puis chez LR. En 2017, Gérald Darmanin parlait d'Emmanuel Macron comme le "poison définitif" de la Ve République, il se maintient finalement aujourd'hui comme incarnation de l'aile droite du gouvernement, malgré les polémiques qui ont émaillé le précédent quinquennat. Son ministère s'étoffe d'ailleurs, avec le portefeuille des Outre-mer, qui perdent leur ministère indépendant, une décision immédiatement critiquée par les oppositions.

Avec son "premier flic de France", Emmanuel Macron conserve aussi son premier magistrat. Venu de la société civile, Eric Dupond-Moretti, né à Maubeuge, a commencé sa carrière politique au ministère de la Justice, il y est maintenu ce 4 juillet. Pourtant, autant Gérald Darmanin a très bonne presse dans les commissariats de police, autant Eric Dupond-Moretti crispe l'institution judiciaire. Sa nomination comme ministre, lors de l'annonce du premier gouvernement Borne, semblait même impossible : mis en examen à l'été 2021, il est toujours aux prises avec une affaire de conflits d'intérêts, qui l'oppose aux syndicats de magistrats et à l'association Anticor. Mais Elisabeth Borne renouvelle encore une fois sa confiance à celui qui a mené et entrepris la réforme de la Justice souhaitée par le président de la République.

Pannier-Runacher restée, Brigitte Bourguignon expulsée

Moins clivante, plus technicienne, Agnès Pannier-Runacher, qui réside aujourd'hui à Lens, conserve le ministère de la Transition énergétique. Auparavant ministre de l'Industrie, elle va devoir mener notamment le très vaste chantier de la rénovation du parc de logement français. La ministre Pannier-Runacher, passée par les administrations publiques comme par le privé, jouit d'une bonne réputation auprès des industriels, qui reconnaissent sa capacité de travail. Elle est aussi l'un des soutiens de la première heure d'Emmanuel Macron, une fidélité honorée avec cette nouvelle nomination.

Autour d'eux, les postes ont tourné à plein régime, excluant notamment une autre ministre venue des Hauts-de-France, Brigitte Bourguignon, qui perd le portefeuille de la santé après son échec aux législatives. Elle est remplacée par François Braun, médecin urgentiste et président de Samu-Urgences. Parmi les autres changements notables, Olivier Véran, ancien ministre de la Santé devient porte-parole du gouvernement en lieu et place d'Olivia Grégoire. Emmanuel Macron et Elisabeth Borne se séparent de Damien Abad, temporairement ministre des Solidarités et accusé de viol par plusieurs femmes. Le duo à la tête de la Macronie avait été régulièrement interpellé sur le sujet lors de leurs derniers déplacements. Il est remplacé par le président de la Croix-Rouge, Jean-Christophe Combe.