Covid-19 : un dépistage massif en janvier à Roubaix, les modalités restent à définir

Une vaste opération expérimentale de dépistage va être effectuée en janvier prochain à Roubaix. Objectif : tester le maximum de personnes et isoler les malades au lendemain des fêtes de Noël. Au terme d’une première réunion à l’ARS, les modalités restent à définir.
L'objectif de ce dépistage à grande échelle est de tester le maximum de personnes et d'isoler les malades pour contenir la propagation du virus.
L'objectif de ce dépistage à grande échelle est de tester le maximum de personnes et d'isoler les malades pour contenir la propagation du virus. © AFP Photo
Après Saint-Etienne et Le Havre, la ville de Roubaix a été choisie par le gouvernement pour organiser une campagne de dépistage massif expérimentale en janvier prochain.

L’objectif de cette stratégie est de tester la plus grande partie de la population et d’isoler les personnes contagieuses afin d’endiguer la propagation du virus. Ces tests massifs, proposés sur la base du volontariat à la mi-janvier, permettront ainsi d'évaluer l'impact des fêtes de Noël sur la circulation du virus. 

Une première réunion organisée par l'Agence Régionale de Santé ce mardi n’a pas encore permis d’établir le modus operandi de cette campagne expérimentale. Autour de la table, l’adjoint au maire de Roubaix à la Santé Jean-Philippe Dancoine, les autorités sanitaires mais également des scientifiques comme le professeur Philippe Froguel, qui avait adressé une note au gouvernement mi-octobre pour organiser ces dépistages dans la métropole lilloise

Pourquoi Roubaix ?

L'expérimentation d'un dépistage massif à Roubaix n'est pas un hasard. À la fin du mois d'octobre, la commune de la métropole lilloise figurait en tête des villes ayant le taux d'incidence le plus important de France, avec 1135 pour 100 000 habitants. Soit un Roubaisien sur 100 porteur de la Covid-19. Face à cette situation critique, l'hôpital de Roubaix, surchargé, avait alors été contraint de transférer des patients en Picardie, puis en Allemagne. La stratégie choisie par le gouvernement suit donc en partie les propositions faites mi-octobre par le professeur lillois Philippe Froguel, qui préconisait d’organiser un dépistage massif dans les villes de Roubaix et de Lille, à l'aube du déconfinement. Lille n'ayant finalement pas été retenue par l’Etat.

Un dépistage massif, c’est quoi ?

Dépister massivement consiste à tester le maximum de personnes volontaires sur un territoire donné et pendant une période définie pour pouvoir isoler les personnes infectées. À Roubaix par exemple, l’objectif d’une telle expérience consisterait à dépister sur une semaine la part la plus importante possible des 100 000 habitants de la ville.

"On ne peut pas forcer des gens à se faire tester, ce n’est pas possible. Il faut donc toucher toutes les populations. Vous êtes jeune, vous avez 20 ans, vous voulez faire la fête et retrouver une vie un peu plus normale, alors participez au test." 

Professeur Philippe Froguel, en octobre dernier

Le gouvernement espère tirer de l'opération "des enseignements préventifs et curatifs", a indiqué Jean Castex, grâce à une photographie à l'instant T de la circulation du virus : qui est le plus contaminé, dans quel quartier etc. Le professeur Froguel rappelle également que "cette étude pilote a pour objectif de savoir comment on fait ce genre de choses et de l’améliorer pour la prochaine fois."

Un mode opératoire en rodage

Dans les locaux de l’Agence Régionale de Santé des Hauts-de-France, une première réunion a été organisée ce mardi mais n’a pas permis de définir un mode opératoire clair pour communiquer dès à présent sur la marche à suivre. "Il existe quelques divergences, reconnait Jean-Philippe Dancoine, adjoint au maire de Roubaix. Nous n’avons pas encore déterminé les leviers permettant de mobiliser les habitants et les scientifiques ont un certain nombre de réserves sur les modalités pratiques d’organisation." Car l’objectif est bel et bien de mobiliser le plus d’habitants pour faire de cette expérimentation une réussite. "Si c’est pour avoir 5 ou 10% de personnes, ça va servir à rien."

"Le diable est dans les détails, rappelle Philippe Froguel. Il vaut mieux tard que jamais parce qu’on est pas près de sortir de l’épidémie." Quels tests seront utilisés ? Faudra-t-il répéter l'opération quelques semaines plus tard ? Dans quels lieux de la ville le dépistage sera organisé ?

Des laboratoires existants devraient être réquisitionnés, tandis qu’un nouveau centre de dépistage Synlab devrait ouvrir ses portes au début de l’année prochaine. Certains lieux pourraient être ouverts pendant la durée du dépistage pour multiplier les centres de testing, comme les salles de sport par exemple. Mais il faudra également aller à la rencontre de la population comme les personnes âgées isolées par exemple. Un modus operandi qui devrait être défini dans les prochains jours pour communiquer le plus rapidement possible.

L'exemple de Liverpool et de la Slovaquie

Ce type de campagne de grande envergure a déjà été menée dans plusieurs régions d'Europe. Comme à Liverpool, en Angleterre, où dès le 6 novembre, les 500 000 habitants étaient appelés à se faire tester, même s'ils ne présentaient pas de symptôme. "30% de la population avait été testé, indique Jean-Philippe Dancoine. Ça permet un échantillonnage pour tirer des conclusions statistiques."

La Slovaquie aussi a fait le choix de cette stratégie, en dépistant près de deux tiers de sa population. Résultats, environ 1 % des personnes testées se sont révélées positives.
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