Macron achève son Beauvau de la sécurité à l'école de police de Roubaix, les syndicats dans l'expectative

Formation, effectifs, contrôles... Emmanuel Macron doit conclure à Roubaix son Beauvau de la sécurité ce mardi 14 septembre. En attendant de savoir si les changements seront aussi "radicaux" qu'annoncés , le syndicat SGP-FO reste prudent.
Emmanuel Macron entouré de deux véhicules de police - Photo d'illustration
Emmanuel Macron entouré de deux véhicules de police - Photo d'illustration © MAXPPP

C'est à Roubaix qu'Emmanuel Macron clôture ce mardi son Beauveau de la sécurité, une grande consultation à l'issue de laquelle il a promis des changements radicaux. Il sera face à celui qui l'a défait dans la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, favori des sympathisants de droite et qui qualifie "d'échec profond" la politique de sécurité déployée par le gouvernement. "L'Etat et la nation vont investir massivement mais en contrepartie, il y aura des changements radicaux dans la conduite de la mission sécurité" a dévoilé ce lundi 13 la présidence, qui ménage le suspense. 

Certaines annonces ont donc déjà "filtré". Selon l'AFP, Emmanuel Macron devrait parler vidéosurveillance, formation et encadrement des forces de l'ordre, attractivité des fonctions de police. Mais, on le sait déjà, une future loi d'orientation de la sécurité intérieure ne pourra pas être votée avant 2022. Emmanuel Macron est donc bien en campagne : ses mesures seront conditionnées à sa réélection. Le président de la République devrait annoncer également un "contrôle externe et indépendant de l'action des forces de l'ordre". L'IGPN, l'organisme en charge de cette mission, est régulièrement accusée d'épargner voire de couvrir les policiers accusés. Il serait désormais lui-même contrôlé par une commission en partie composée de parlementaires. 

"Il y a un manque criant de moyens"

Grégory Joron, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police-FO, n'est pas bouleversé par la nouvelle. "L'IGPN - et l'IGGN d'ailleurs - ne sera ni dissoute ni remplacée, ce qu'on propose, c'est un contrôle du contrôle. On ne créé pas un organe externe à l'institution, donc ça ne nous pose pas de difficulté. On craignait un organe complètement externe, où il aurait pu se développer une certaine idéologie et une pression pour mes collègues sur le terrain. Ici, ça ne me choque pas outre-mesure."

Concernant la formation, le secrétaire général espère surtout que la formation des forces de l'ordre pourra de nouveau s'étaler sur 12 mois, au lieu de huit actuellement. "Il faudra aller plus en profondeur, savoir ce qu'on sélectionne pour ce cursus, travailler les supports. Il faut aussi se poser la question de la formation continue, qui est au point mort, avec les problématiques qu'on connaît du nombre de formateurs et du temps sacralisé pour cette formation, qui est déficient. On voudrait que les collègues puissent maintenir leur niveau professionnel, l'améliorer, être formés à des nouvelles techniques... Sur ce sujet, il y a un manque criant de moyens" avance Grégory Joron.

Sur le dernier grand sujet des effectifs, le responsable syndical reconnaît que des efforts d'embauche ont été faits sous le quinquennat Macron. "On retrouve un niveau qui commence à être acceptable, mais ce que les politiques doivent retenir, c'est que la police nationale n'est pas une variable d'ajustement budgétaire. Le niveau de sécurité, le nombre de policiers doit être soclé" insiste Grégory Joron, qui rappelle que les embauches servent surtout, jusque-là, à éponger les réductions de poste subies ces 10 dernières années. 

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