Roubaix : fin de l'opération massive de dépistage avec un bilan mitigé

Quel bilan tirer de la campagne de dépistage massif qui se termine ce samedi 16 janvier à Roubaix ? Si peu d'habitants ont été dépistés, les soignants restent positifs.  

Photo d'illustration.
Photo d'illustration. © Florence MABILLE DE PONCHEVILLE

Ce samedi 16 janvier sonne la fin de la campagne de "dépistage massif" de la ville de Roubaix qui avait lieu du 11 au 16 janvier. Alors qu'il est presque 16h30, et que dans la salle Watremez, l'un des six centres de dépistage de Roubaix, les portes vont bientôt se refermer, la question reste entière : quel enseignement tirer de cette opération, l'une des trois premières en France ?

1. Un objectif de 10% loin d'être atteint

En mettant en place six centres de dépistage capables d'accueillir, chacun, jusqu'à 800 personnes par jour, l'objectif était clair : dépister 10% des 97 000 habitants de Roubaix. "Je ne connais pas les chiffres de ce jour, explique le docteur Jean-Philippe Dancoine, adjoint à la santé et aux affaires sociales de la ville de Roubaix, mais on sera sur un taux de participation relativement faible, autour de 6 à 7%".

Aujourd'hui, le sujet qui préoccupe, ce n'est plus le dépistage, mais la vaccination. Or, c’est une grave erreur.

Docteur Jean-Philippe Dancoine, adjoint aux affaires sociales et à la santé de Roubaix

Au final, seul 5304 personnes ont été dépistées, et 66 cas positifs détectés.

Comment expliquer ce peu de participation ? "La méfiance, le temps, et surtout, l'interférence avec la vaccination", analyse l'adjoint à la mairie de Roubaix. "Aujourd'hui le sujet qui préoccupe, ce n'est plus le dépistage, mais la vaccination. Or, c’est une grave erreur, car la vaccination n'aura pas d'effets avant des mois. Il faut montrer aux gens que le dépistage a son importance. Se faire dépister, c'est un geste citoyen".

Ce quadragénaire venu se faire tester aujourd'hui déplore, quant à lui, la salle en partie vide : "C'est malheureux qu'on ne se rende pas compte de l'utilité du dépistage. Il faut encore sensibiliser."

2. Faire un état des lieux à un instant T 

Même si l'objectif des 10% de la population dépistée dans cette ville au nord de Lille est loin d'être atteint, la campagne a permis de stopper une centaine de chaînes de contamination. "C'est toujours ça", acte le docteur Dancoine. 

Pour les soignants du centre de Watremez, cette campagne a aussi permis de faire un état des lieux à un instant T, de pouvoir répondre à la question : y-a-t-il eu un rebond épidémique à la suite des fins d'années ? Pour l'adjoint au maire, la réponse est claire. "Roubaix et la Métropole de Lille ne sont pour l'instant pas touchés de manière très importante par le virus, ce qui peut changer à tout moment. L'incidence virale est relativement faible." 

L'opération a aussi permis de rechercher la présence du variant anglais. Et les résultats seront connus dans une semaine.

3. Un lieu de proximité où poser des questions aux soignants

Autre point relevé : pour la docteure Noara Allouche, cette campagne a permis de créer un espace de dialogue entre les professionnels de santé et les habitants : "Les personnes venues se faire dépister ont été très satisfaites,et surtout rassurées". Car les participants ont aussi profité de l'occasion pour poser des questions aux professionnels de santé, et "les interrogations fréquentes restent sur le vaccin" précise la médecin généraliste. 

4. Une répétition générale avant la vaccination ?

Les soignants de la salle Watremez soulignent, en cette fin de journée, "de bons moments, et une bonne collaboration" entre les différents corps de métiers engagés dans l'opération. En un sens, cette expérience a eu valeur de "répétition générale" pour Jean-Philippe Dancoine : "On a pu montrer qu'on était capable d'épauler l'agence régionale de santé pour dépister, et que sur le plan logistique, on pouvait mettre en place des structures de dépistage qui pourront devenir, bientôt, des centres de vaccination." 

 

 

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