Gérald Darmanin se marie à Tourcoing avant de quitter son fauteuil de maire

Le ministre de l'Intérieur a épousé sa compagne en fin de matinée à l'Hôtel de ville de Tourcoing. Sa lettre de démission du poste de maire de la ville a par ailleurs été communiquée au préfet. 
Le ministre de l'Intérieur s'est marié dans l'intimité. (Archives AFP)
Le ministre de l'Intérieur s'est marié dans l'intimité. (Archives AFP) © ERIC PIERMONT / AFP
Le ministre de l'Intérieur et maire de Tourcoing (Nord), Gérald Darmanin, s'est marié ce samedi 29 août dans l'intimité à la mairie de sa ville, la démission de son mandat de maire devant intervenir dans la foulée selon son entourage.

"Le mariage s'est déroulé dans l'intimité. Ce n'est pas un exercice de communication. Comme tout personnage public, [Gérald Darmanin] a aussi droit à sa vie privée, à son intimité", a déclaré à l'AFP l'un de ses adjoints, Eric Denoeud.

Peu après la cérémonie, M. Darmanin a déclaré sur Facebook avoir "souhaité" que son mariage "soit le plus intime possible afin de garder une part de jardin secret nécessaire à chaque homme et à chaque femme", se disant "touché" par "les très nombreux témoignages d'affection des Tourquennois".L'entourage du ministre avait indiqué lundi à l'AFP que Gérald Darmanin remettrait sa lettre de démission après la célébration de son mariage, en secondes noces, en mairie.

Samedi, journalistes et habitants de la ville ont attendu en vain derrière les barrières installées tout autour du parvis de l'hôtel de ville, en présence de nombreux policiers : ils n'ont vu entrer et ressortir que les proches des mariés, eux-mêmes restés invisibles.

Une démission attendue depuis le mois de mars

Gérald Darmanin, 37 ans, est visé par une plainte pour viol. Sa nomination début juillet au ministère de l'Intérieur a suscité la colère des féministes. Réélu avec 60,9 % des voix au premier tour des élections municipales le 15 mars, sur fond d'abstention record, il avait indiqué fin juillet que le futur maire de Tourcoing serait connu "fin août", après avoir initialement émis le souhait d'une nomination "fin juillet".

Selon son cabinet, ce report d'un mois était dû à des "réunions annulées par deux fois" en raison "d'urgences" liées à l'actualité.

Un non-cumul ancré dans la tradition politique

Selon la jurisprudence instaurée par Lionel Jospin en 1997, un ministre ne peut pas diriger un exécutif local. Certes, il s'agit d'une règle non-écrite - qui a souffert des exceptions (Le Drian, Sarkozy...) - mais l'ex-Premier ministre Edouard Philippe l'avait sanctuarisée en septembre 2019. Gérald Darmanin avait de nouveau ceint l'écharpe tricolore le 23 mai, retrouvant un siège occupé entre mars 2014, quand le jeune élu alors estampillé UMP avait ravi la ville au PS, et septembre 2017.

À son entrée au gouvernement en 2017, le ministre, désormais LREM, avait attendu quatre mois avant de céder son fauteuil à un fidèle et de devenir premier adjoint. "Si je suis tête de liste, c'est pour être maire" de Tourcoing, déclarait-il toutefois fin janvier dans La Voix du Nord.
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