Un avion-laboratoire utilisé pour récolter des données environnementales va survoler les Hauts-de-France

Du lundi 17 au mercredi 26 juillet 2023, un ATR42 blanc va survoler la région dans le cadre du projet AERO-HDF, qui réalise des mesures atmosphériques pour déceler le taux et les sources d'aérosols dans les Hauts-de-France.

Peut-être que les plus chanceux pourront apercevoir ce grand avion blanc survoler les Hauts-de-France du lundi 17 au mercredi 26 juillet 2023. Affrété par l'infrastructure de recherche en environnement Safire, l'avion en question - un ATR42 transformé en véritable laboratoire volant - arrive expressément de Toulouse après avoir subi une batterie de tests la semaine passée. L'engin devrait survoler Calais, Dunkerque et la métropole lilloise.

Mesurer le taux d'aérosols dans l'air

Sondes intégrées, radiomètre sous la coque, encoches prévues dans la carcasse pour ajouter du matériel scientifique de pointe... Tout a été pensé pour que le projet AERO-HDF, porté par le chercheur de l'Université de Lille, Fabien Waquet, et son équipe, soit mené à bien. Au départ de Calais, l'avion réalisera des sorties de deux ou trois heures pour prendre des mesures atmosphériques, avec comme objectif le calcul du taux d'aérosols présent dans l'air des Hauts-de-France.

"Le projet vise à analyser les propriétés des particules (d'aérosols) pour (...) comprendre leur effet sur le climat."

Fabien Waquet, chercheur de l'Université de Lille

Financé par le labex CaPPA (laboratoire qui valorise la recherche dans l'innovation), la région Hauts-de-France, le CNES et l'IRePSE, "le projet vise à analyser les propriétés des particules (d'aérosols) pour montrer l'impact de leur composition sur les rayonnements, notamment solaires, et ainsi comprendre leur effet sur le climat", détaille Fabien Waquet, à l'origine du projet. "Mais aussi leur impact sur la qualité de l'air, sur les nuages et sur l'environnement marin", notamment à Dunkerque, dans la Manche et en mer du Nord.

Les aérosols sont des particules que l'on rencontre dans l'atmosphère et qui jouent un rôle, entre autres, sur le climat, les précipitations et sur la qualité de l’air. La place que représente l'industrie, l'agriculture et le trafic routier dans les Hauts-de-France, fait de cette région une zone particulièrement sensible à ce type de particule.

Préparer la mission spatiale 3MI

En plus du matériel énoncé plus haut, l'avion embarquera également un outil appelé OSIRIS, pour lui faire passer des essais techniques, en vue de la mission spatiale 3MI, prévue à partir de 2025. "La caméra OSIRIS est un instrument de mesure du rayonnement, qui, une fois mise en orbite, permettra d'obtenir des données très précises sur les aérosols présents dans l'atmosphère terrestre", commente le chercheur Fabien Waquet.

Si la caméra OSIRIS, développée à Lille dans le Laboratoire d'optique atmosphérique (LOA), ne sera pas envoyée dans l'espace, ses propriétés se rapprochent fortement du prototype qui partira pour la mission 3MI. Les vols réalisés jusqu'au 26 juillet serviront donc de précampagne de tests et d'évaluation pour l'instrument.