Jean-Louis Borloo 1er ministre ? Le nom de l'ancien ministre de l’écologie de Sarkozy et maire de Valenciennes circule

Un remaniement se prépare, au lendemain de la crise sanitaire et de la vague verte des municipales. Emmanuel Macron veut impulser un second souffle en prévision de 2022, pouvant entrainer un changement de Premier ministre. Dans la shortlist, l'ancien maire de Valenciennes Jean-Louis Borloo.

Emmanuel Macron et Jean-Louis Borloo côte-à-côte le 22 mai 2018, lors d'une réunion à l'Elysée. Une image qui pourrait se répéter dans les prochaines semaines si l'ancien maire de Valenciennes est choisi par le Président de la République comme Premier Ministre.
Emmanuel Macron et Jean-Louis Borloo côte-à-côte le 22 mai 2018, lors d'une réunion à l'Elysée. Une image qui pourrait se répéter dans les prochaines semaines si l'ancien maire de Valenciennes est choisi par le Président de la République comme Premier Ministre. © MAXPPP
Le plébiscite écologique observé lors des municipales pourrait avoir des conséquences jusqu’aux plus hautes sphères de pouvoir de l’État. Au lendemain de la crise sanitaire, Emmanuel Macron veut impulser un nouvel élan pour les deux années restantes de son quinquennat, avec en ligne de mire la présidentielle de 2022. Alors que son Premier ministre Édouard Philippe a été élu maire du Havre avec près de 60% des suffrages, son départ de Matignon semblerait être l’option privilégiée avant un vaste remaniement.

Qui pour remplacer Édouard Philippe à Matignon ? Les noms de Jean-Yves le Drian, actuel ministre des Affaires Étrangères et Florence Parly, ministre des Armées, circulent… mais également celui de Jean-Louis Borloo, ancien ministre de l’Écologie de 2007 à 2010 sous la présidence Sarkozy. Une rumeur qui prend de l’ampleur.

Borloo-Macron : de l’amour au désaveu

Retiré de la vie politique en 2014 notamment pour des raisons de santé, l’ancien maire de Valenciennes est à la tête d’une fondation qui vise à développer l’électrification du continent africain depuis maintenant 5 ans. Peu avant le second tour des élections présidentielles, Borloo soutient publiquement Emmanuel Macron et déclare qu’il est prêt à se "retrousser les manches deux ou trois ans pour donner un coup de main (…). Si on a besoin de moi, je réponds avec mon coeur." Sollicité par le président de la République à la fin de l’année 2017 pour gérer l’élaboration du « plan de bataille » pour la politique de la ville dans les quartiers, Borloo accepte. Six mois plus tard, c’est la douche froide : le plan est enterré par le chef de l’État. Un camouflet pour l’ancien maire de Valenciennes, la presse titrant même sur l’humiliation subie par le "père du plan Banlieue", qui ne s’est jamais exprimé en public sur le désaveu cinglant d’Emmanuel Macron.

Réconciliation possible ?

Les deux hommes seraient-ils réconciliés, au point de travailler main dans la main pour les deux prochaines années à venir ? Rien ne peut être affirmé, mais des signes laissent à croire que la nomination de Borloo à Matignon pourrait (cette fois-ci) être réellement sur la table. Jean-Louis Borloo, administrateur au sein de la filiale française du groupe Huawei depuis 2016, a décidé de quitter son poste pour "se consacrer davantage à ses autres activités" rapporte le journal Les Échos. L’information, publiée le 1er juillet, alimente donc les rumeurs même si rien ne permet de savoir si il s’agit, ou pas, d’un simple hasard de calendrier.

Son profil pourrait également séduire. Ministre quasiment sans discontinuer de 2002 à 2010, Jean-Louis Borloo a occupé plusieurs postes à haute responsabilité : ministre de la Ville, de l’Emploi, de l’Économie puis de l’Écologie, de 2007 à 2010. C’est cette fonction qui pourrait lui permettre d’accéder aujourd’hui à Matignon, comme un symbole après la vague verte qui a déferlé dans les grandes villes de France à l’occasion des municipales. Il a notamment élaboré le Grenelle de l’environnement. Ce jeudi matin, Nicolas Hulot a d'ailleurs plaidé pour la nomination d'un écologiste à Matignon, souhaitant "qu'il n'y ait pas simplement un casting avec un homme et une femme symbolique et qu'il y ait une feuille de route commune, une architecture gouvernementale qui permette de mettre en oeuvre une transition digne de ce nom."

"Il est plus qu’expérimenté"

Valérie Létard, sénatrice du Nord, connaît Jean-Louis Borloo mieux que n’importe quel autre politique. Membre fondatrice de l’UDI comme lui, elle a été son adjointe à Valenciennes en charge de la politique de la ville avant de devenir secrétaire d’état chargée de la solidarité, des technologies vertes et des négociations sur le climat de 2009 à 2010. "Jean Louis a deux grandes qualités indéniables : son expertise des problématiques sociales et son soucis de l’écologie, raconte Valérie Létard. Les plans de cohésion sociale qu’il a mené, tout ce qu'il a fait dans le cadre des ministères font de lui quelqu’un de plus qu'expérimenté sur des questions de solidarité, de logement. Son souci de l’écologie et de la croissance verte ne date pas d’hier n’est pas un souci de circonstances mais un domaine dans lequel il a toujours été très investi."

Deux thématiques qui semblent s’imposer au regard de la crise sanitaire qui vient de s’écouler. "Sur ces deux sujets, il est plus que crédible, plus qu’expérimenté." Son amie vante aussi ses différents travaux menés à l’échelle locale à Valenciennes, nationale lorsqu’il était au gouvernement et internationale, notamment lors de sa participation aux grands rendez-vous mondiaux comme les COP. "Il connait tous les étages de la fusée", conclut celle qui assure ne pas avoir eu d’échanges avec lui ces dernières semaines.

Borloo, l’éternel candidat à Matignon ?

Sur les réseaux sociaux, les suppositions vont bon train quant à l’avenir politique de Jean-Louis Borloo. Certains internautes se moquent d’ailleurs d’entendre, une nouvelle fois, le nom de l’ancien maire de Valenciennes à la tête du gouvernement. En 2005 déjà, Sarkozy -alors ministre de l’Intérieur- quitte le gouvernement de Raffarin. En coulisses, Jean-Louis Borloo se dispute la place de Premier ministre avec Dominique De Villepin, en vain. 5 ans plus tard, Nicolas Sarkozy, devenu entre temps président, fait face à un dilemme : conserver François Fillon à Matignon ou le remplacer par un certain… Borloo. On connaît la suite de l’histoire.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
jean-louis borloo politique
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter