Les Vieux du stade, une plongée dans la mémoire des supporters historiques du Valenciennes football club

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Écrit par Baptiste Mezerette
Jean-Marie, en visite au cimetière de Wargnies Le Petit, sur la tombe d'un joueur du village qui a joué au VAFC.
Jean-Marie, en visite au cimetière de Wargnies Le Petit, sur la tombe d'un joueur du village qui a joué au VAFC. © Nicolas Delfort

Du 12 au 19 novembre, le centre culturel l'Imaginaire de Douchy-les-Mines dans le Nord accueille l'exposition du photographe Nicolas Delfort, auteur d'une vingtaine de portraits de fans de la première heure du club de football de Valenciennes. Des ouvriers et des cadres, réunis autour d'une même passion.

Dans l'histoire d'un club, ils sont les gardiens de la mémoire. Les passeurs d'histoires. Alors que les joueurs, les présidents et les entraîneurs passent, eux restent. Fidèles aux postes, dans leur tribune. C'est justement à ces supporters, ceux du Valenciennes football club (VAFC), que l'association du Dynamo de l’Escaut a dédiée son exposition photo, baptisée Les Vieux du stade.

Ces vieux du stade, ce sont des bénévoles, des supporters, mais aussi d'anciens joueurs du VAFC, âgés de 60 à 90 ans. Une galerie de vingt-trois de portraits, réalisée par le photographe Nicolas Delfort, qui esquisse une histoire du football populaire. L'exposition est à retrouver au centre culturel l'Imaginaire de Douchy-les-Mines, du 12 au 19 novembre.

"Des ouvriers, des commerçants, un magistrat..."

"Dans cette exposition, on croise des ouvriers, des commerçants, un magistrat ou encore un expert-comptable, raconte Mahdi Rouiti, secrétaire général de l'association Dynamo de l'Escaut, à l'origine du projet. Le stade de foot est un lieu de mixité sociale." Un brassage des classes unique, en plein cœur du bassin minier.

Pendant près d'un an, le Valenciennois Nicolas Delfort est parti à la rencontre de ces supporters aux profils variés. "Des gens de toutes les strates sociales, mais qui, face à moi, se ressemblaient toutes et tous, note le photographe. Ils parlaient avec la même humilité, autour d'une passion commune." 

Il se remémore ce magistrat valenciennois qui tout petit déjà jouait au ballon rond avec les fils d'ouvriers du quartier. "Je me souviens d'une phrase qu'il m'a dit : 'De toute façon dans les vestiaires on se retrouve tous à poil, il n'y a plus de pauvre, plus de riche.'" "C'est lui qui allait rincer la bande après chaque match", rapporte Nicolas Delfort avec sourire.

Les briques du stade Nungesser

Il y a aussi cette femme, supportrice du VAFC, et fille de l'ancien président du club de foot de la ville d'Érin (Pas-de-Calais), un mineur Polonais. "Elle me racontait qu'elle embarquait dans la camionnette de la mairie tous les weekend avec son père et le reste de l'équipe pour aller aux matchs.". Cela pendant dix ans. "Il y a tout un eco système de petits clubs autour du VAFC."

"J'ai rencontré de nombreux supporters qui avaient ramené chez eux des briques du stade Nungesser après sa démolition",

Nicolas Delfort, photographe.

Au fil des discussions, des interviews, Nicolas Delfort ouvre la boîte à souvenirs. L'âge d'or des années 60' du VAFC, la légende du serial buteur Serge Masnaghetti, la destruction du stade Nungesser en 2012 etc. "Ces gens ont connu les joies et les peines du club", résume Mehdi Rouiti.

Le stade Nungesser... Marqueur de nostalgie pour de nombreux fans. "J'ai rencontré de plusieurs supporters qui avaient ramené chez eux des briques du stade après sa démolition", raconte le photographe. Un stade berceau de belles histoires, comme ce couple qui s'est rencontré dans les tribunes. "Ils ont 70 ans aujourd'hui et sont toujours mariés."

Le choc des cultures

"L'objectif de cette exposition est de valoriser le supporter, explique Mehdi Rouiti du Dynamo de l'Escaut, association militant pour l'éducation populaire par le football. Mais on ne voulait pas renvoyer à une image folklore." Comprenez ce fanatique, bardé d'écharpes, maillots, pin's et autres goodies du club, qui recouvrent son salon et sa chambre.

Pas d'extravagance dans l'exposition donc, ou très peu. "Il y a une certaine sobriété chez ces supporters, évoque Nicolas Delfort. Même si j'en ai rencontré un qui sortait du lot, un supporter haut en couleur, qui avait une salle dédiée au VAFC chez lui, un vrai temple avec le logo du club peint au plafond."

Longtemps, le supportérisme a souffert d'une image de sous culture. Avec cette exposition, le Dynamo de l'Escaut va faire entrer ce sport populaire dans un lieu culturel. En l'occurrence, l’Imaginaire, à Douchy-les-Mines. "Si ça peut permettre à ceux qui aiment le football de venir dans un lieu de culture qu'ils fréquentent peu habituellement, alors ce sera une bonne chose", glisse Mehdi Rouiti. Avis également aux amoureux de la culture qui souhaitent découvrir le football...

Après l'exposition, tous ces clichés pourraient être rassemblés dans un livre. Et le projet pourraient s'étendre à d'autres villes à l'avenir, où le football populaire s'inscrit aussi dans les gènes de ses habitants.

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