Réseaux sociaux : un faux sapeur-pompier du Nord repéré sur TikTok encourt des sanctions pénales

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Depuis plusieurs jours, un internaute se faisait passer pour un pompier sur le réseau social TikTok. Repéré par le SDIS du Nord, il a supprimé ses vidéos et présenté ses excuses. L'occasion de rappeler que le port non autorisé d'un uniforme (pompier, gendarme, etc) est passible de sanctions pénales.

Sur son compte TikTok à un millier d'abonnés, seules subsistent deux vidéos d'excuses, l'une à l'intention des usagers du réseau social, l'autre adressée directement aux pompiers du Nord. A l'image, un écran noir. En audio, les regrets de cet internaute, sans doute effrayé par les avertissements du Service départemental d'Incendie et de Secours du Nord.

Vêtu d'un uniforme de pompier, ce jeune homme qui se revendiquait du SDIS 59 diffusait en direct chaque nuit, sur le réseau social TikTok, des vidéos dans lesquelles il racontait avoir été "fraîchement recruté" dans les rangs des pompiers du Valenciennois.

Plusieurs internautes ayant signalé le compte au SDIS, ce dernier a effectué différentes vérifications à l'issue desquelles il a pu conclure qu'il s'agissait d'un "faux pompier".

"Depuis quelques jours, écrivait le SDIS 59 lundi 17 janvier sur Facebook mais aussi sur Twitter et Linkedin, plusieurs signalements nous sont parvenus concernant un individu qui diffuse des live (vidéos en direct) sur le réseau TikTok en uniforme de sapeur-pompier, généralement la nuit. Il s’avère que celui-ci nous concerne très directement, et pour cause. Cette personne se fait passer pour un agent volontaire fraîchement recruté dans nos rangs. Rien de moins."

"Ce qui nous a inquiétés, explique Nicolas Mougin, officier expert auprès du SDIS du Nord et de la Préfecture des Hauts-de-France, c'est qu'il utilisait plusieurs profils sur plusieurs réseaux et qu'à chaque fois qu'il faisait un live, il racontait sa vie imaginaire à qui voulait bien l’entendre, en particulier à de jeunes femmes de la France entière toutes disposées à croire en ses paroles."

"Il faut rester très prudents face à de tels individus. On ne sait pas qui est cet homme, prévient Nicolas Mougin. On ne sait pas si c'est un prédateur, quelqu'un qui se fait mousser pour draguer, mais ce qui était dangereux, c'est qu'il donnait des pseudo-conseils grâce à sa pseudo-carrière. Il fallait l'arrêter tout de suite. Ce que j'ai fait."

"Nous avons commencé par lui écrire directement, décrit-il, mais il a bloqué tout contact, comme il le faisait avec les internautes qui lui posaient des questions plus précises. Donc nous avons signalé son compte et rédigé un post qui apparemment a été efficace."

Le tiktokeur a en effet supprimé toutes ses vidéos et publié des excuses en ligne. "Je ne suis pas pompier, raconte-t-il d'une voix triste dans une première vidéo, sans oser cette fois se montrer face caméra. Je prépare des commandes et je les mets dans des cartons."

Des excuses adressées directement aux pompiers

Dans une seconde vidéo adressée directement aux pompiers du Nord, il promet de "ne plus faire le pompier sur TikTok" et explique : "c'est un métier que j'aurais voulu faire mais je ne peux pas. Je tenais à vous encourager dans votre métier."

Nicolas Mougin, qui prend acte de ces vidéos de repentir, se réserve néanmoins le droit de saisir la justice.

Des sanctions pénales

Pour le SDIS, de tels fait sont "inacceptables" et susceptibles d'être "pénalement sanctionnés".

Ainsi, les articles 433-14 et 433-15 du Code pénal précisent que sera puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende le fait, par toute personne, publiquement et sans droit :

  1. De porter un costume, un uniforme ou une décoration réglementés par l'autorité publique
  2. D'user d'un document justificatif d'une qualité professionnelle ou d'un insigne réglementés par l'autorité publique
  3. D'utiliser un véhicule dont les signes extérieurs sont identiques à ceux utilisés par les fonctionnaires de la police nationale ou les militaires
  4. D'user de l'emblème ou de la dénomination de l'un des signes distinctifs définis par les conventions signées à Genève le 12 août 1949 et leurs protocoles additionnels

On ne joue pas avec l'image des pompiers et ça, c'est non négociable.

Nicolas Mougin, du SDIS 59

Par ailleurs, ces infractions sont punies de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende lorsqu'elles ont pour objet de préparer ou de faciliter la commission d'un crime ou d'un délit.

"Nous surveillons en permanence tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux, affirme encore Nicolas Mougin, qui espère que ce cas servira d'exemple. On ne joue pas avec l'image des sapeurs pompiers et ça, c'est non négociable."