VIDEO. "Cette ferme, c'est toute ma vie" : l'appel au secours d'un éleveur bio de l'Avesnois, contraint de lancer une cagnotte pour sauver son exploitation

Le 11 juin 2024, un éleveur de vaches limousines a appris que dans le cadre de son redressement judiciaire, il devait désormais 65 000 euros de plus à sa banque, intérêts obligent. Ne pouvant plus faire face, et devant en tout quelque 90 000 euros, il a lancé un appel aux dons. Vidéo.

"Il fait le fort, mais il en a gros sur la patate", témoigne Cyrielle, la fille de Jean-Christophe Bertrand. "Aujourd'hui, notre objectif est de pouvoir garder la moitié du troupeau", explique-t-elle. Soit une cinquantaine de vaches limousines à Petit-Fayt, dans l'Avesnois.

Depuis 2018, Jean-Christophe Bertrand fait face à des difficultés financières. Prix de vente très bas de la viande, le Covid-19 qui vient déstabiliser son exploitation et maintenant l'inflation... L'agriculteur ne s'en sort plus.

90 000 euros à payer avant l'été

Le 11 juin 2024, une décision de justice le contraint à payer plus de 90 000 euros avant le 3 juillet, sans quoi, "ça serait plié : vente du matériel aux enchères, les bestiaux, les bâtiments, tout" indique-t-il, avant d'ajouter : "et moi je m'en vais, je suis dehors".

Selon le plan redressement le concernant, Jean-Christophe Bertrand devait encore payer 25 000 euros. Cependant, il a appris qu'il devait encore 65 000 euros d'intérêts à sa banque. Après deux ans de bataille judiciaire avec son avocat, la justice a donné raison à la banque concernant ces intérêts à payer. Une nouvelle qui sonne comme un coup de massure : l'éleveur doit rembourser 90 000 euros. 

Campagne de financement participatif

Depuis 17 ans, Jean-Christophe Bertrand exploite une ferme avec aujourd'hui 103 bovins, des vaches limousines. Un retour à la terre pour ce fils et petit-fils d'agriculteurs dont la carrière professionnelle s'est réalisée loin du monde agricole.

"Vous savez, je viens de ce milieu et maintenant, cela représente toute ma vie cette ferme", assure, d'un ton grave, l'éleveur. La seule option pour pouvoir garder le troupeau est aujourd'hui de payer.

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Le désarroi d'un agriculteur de l'Avesnois ©France Télévisions. V. Panouillet, M.-N. Grimaldi et B. Weill

Sa fille, Cyrielle, a donc imaginé, une campagne de financement participatif. Une cagnotte Leetchi sur internet a donc été postée. Aujourd'hui, elle a permis de recueillir 16 875 euros auprès de 457 participants. 

Bien loin des 90 000 euros qu'il doit débourser... Si le rêve de conserver son exploitation s'envole petit à petit à mesure que l'échéance se rapproche, Jean-Christophe et sa fille Cyrielle espèrent au moins que la moitié du troupeau puisse être conservée. Pour cela, "chaque euro donné sur la cagnotte compte", rappelle Cyrielle.

Avec V. Panouillet, M.-N. Grimaldi et B. Weill, FranceTélévisions

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