VIDEO. Coronavirus : dans les coulisses d'EGID, le laboratoire lillois qui produit des tests de dépistage du Covid-19

L'institut européen de génomique du diabète (EGID) est désormais autorisé à produire des tests de dépistage du Covid-19 à Lille. Son directeur avait interpellé le Premier ministre dans une lettre ouverte. Depuis lundi, il a obtenu une accréditation officielle. Une première en France.
 

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Dans ce laboratoire lillois de génétique, habituellement, les chercheurs travaillent sur le diabète et l'obésité, leurs spécialités. Depuis quelques jours, ils ont été réquisitionnés et formés pour dépister le nouveau coronavirus Covid-19.

"Comme beaucoup de collègues, nous avons demandé dès le début de la crise, si c'était possible de le faire dans le laboratoire", explique Aurélie Dechaume, ingénieure en biologie au sein de l'EGID. "On nous avait répondu non et finalement notre directeur de laboratoire a réussi à obtenir l'autorisation et nous allons commencer effectivement des vraies séries. Pour l'instant, on n'a pas dépassé 100. Une fois que le débit augmentera, on espère aller jusqu'à 600, 800, voire 1000 par jour".
 
Une phase de rodage a donc été lancée pour s'assurer que la chaîne fonctionne. Le laboratoire d'analyse médicale de l'Institut Pasteur leur fait parvenir les échantillons par écouvillon nasal prélevés dans des "drives". Ils sont analysés dans un environnement ultra-protégé. Un extracteur isole ensuite l'ARN des cellules, et du virus si le patient a bien été infecté.
 
Dans les coulisses d'EGID, le laboratoire lillois qui produit des tests de dépistage du Covid-19

"Tous les patients dont l'amplification apparaît avant le seuil 32, on est sûr qu'ils ont été en contact avec le virus", nous montre Emmanuel Vaillant, un autre ingénieur en biologie du laboratoire. 

S'il n'est pas le plus rapide à réaliser, ce test est actuellement le plus fiable de tous. L'institut de recherche dispose du savoir-faire et des outils. Il devrait dans un premier temps se concentrer sur les EHPAD, leurs résidents et le personnel soignant.

"Aujourd'hui, on n'a pas encore la logistique qui permet d'aller teste notre cible numéro 1, c'est-à-dire les EHPAD", signale cependant le professeur Philippe Froguel, directeur d'EGID et chercheur au CNRS. "Il y a quand même 75 000 résidents d'EHPAD dans cette région. Avec en plus le personnel, ça doit faire une centaine de milliers de personnes, voire plus. Et il va falloir aller tester très rapidement".   
 
En France, 150 000 tests sont effectués chaque semaine. Le gouvernement envisage de passer à 500 000 dès le 11 mai, pour le déconfinement annoncé. Difficile à imaginer, d'autant qu'EGID est aujourd'hui le seul laboratoire de recherche publique officiellement autorisé à dépister le coronavirus. 

 
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