"C'est inhumain" : à Villeneuve d’Ascq, les chambres étudiantes envahies par les cafards

Le député (PC) du Nord, Alain Bruneel, a publié sur Twitter une vidéo tournée dans une chambre étudiante d’une résidence du CROUS à Villeneuve d’Ascq remplie de cafards. Il compte interpeller la ministre de l’Enseignement supérieur afin de dénoncer ces conditions de vie.

L'insalubrité des chambres étudiantes de la résidence du CROUS à Villeneuve-d'Asq dans le Nord
L'insalubrité des chambres étudiantes de la résidence du CROUS à Villeneuve-d'Asq dans le Nord © CC0

"Les cafards, il y en a toute la journée, quand je révise, quand je mange. Mais ils viennent surtout la nuit. Dès qu’il y a un peu d’obscurité, ils sortent de tous les coins."

Hicham* vit dans cette chambre depuis 6 mois. Une pièce de 9m2, insalubre. Comme tous les étudiants, il a vécu le confinement, l’isolement, les cours en ligne, la perte de son travail alimentaire. Comme beaucoup d’étudiants, il peine à boucler les fins de mois. Seul et sans revenu, Hicham ne peut pas se permettre d’envisager de changer de chambre. Pas même de bâtiment.

Car dans la résidence du CROUS Albert Camus, à Villeneuve d’Ascq, tous les étudiants ne sont pas logés à la même enseigne. Huit immeubles composent le campus. Certains ont été récemment rénovés, ceux dont le loyer mensuel est supérieur à 300 euros. Pour les autres, les bâtiments "X" et "W", les travaux réclamés depuis plusieurs années, se font attendre. Hicham vit dans l’une de ces deux résidences.

Quatre étages, une trentaine de chambres à chaque niveau. Sanitaires communs. 162 euros par mois. "Il n’y a aucune sécurité, n’importe qui peut entrer et sortir comme il veut du bâtiment. Certaines personnes extérieures viennent juste pour prendre une douche ou utiliser les toilettes, et repartent."

Des élus tirent la sonnette d'alarme

La situation dure depuis longtemps. La sonnette d’alarme a été tirée à plusieurs reprises, par plusieurs élus, tous bords confondus. En vain.

Le député (PC) du Nord, Alain Bruneel poursuit le combat. Ces deux derniers vendredis, il a choisi de vivre la vie d’un étudiant confiné. Deux journées en immersion dans l’une de ces chambres. "C’est inhumain", confie-t-il. "Il y a de l’humidité, des courants d’air partout, les sanitaires sont hors d’usage."

Lors de sa dernière visite, il a posté une vidéo sur son compte Twitter. On y voit les cafards qui tapissent les murs de la pièce. Mais, "ce n’est pas avec une bombe pour exterminer les cafards qu’on va régler le problème." Alain Bruneel veut aller plus loin. "On vit une situation exceptionnelle, il faut se réinventer. Pour se réinventer il faut repartir de zéro.

Pour repartir de zéro, le député du Nord a des idées. "Il faut geler les loyers des résidences étudiantes, rénover toutes les chambres insalubres, et pendant ce temps reloger les étudiants dans les hôtels vides." Reste à trouver le financement.

Lundi 12 avril, Alain Bruneel tiendra une conférence devant la résidence Albert Camus, à Villeneuve d’Ascq, pour recueillir de nouveaux témoignages d’étudiants. Le lendemain, à l’Assemblée nationale, il interpellera Dominique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur.

(*) : le prénom a été modifié. 

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