Euroligue de basket : les guerrières de l'ESBVA se rêvent en héritières, 20 ans après le sacre de l'US Valenciennes - Orchies

Les Villeneuvoises de l'ESBVA affrontent ce vendredi 12 avril après-midi à 15h00, Prague à Mersin (Turquie) pour débuter son Final Four (dernier carré) de l'Euroligue de Basket. Vingt ans après l'US Valenciennes - Orchies, les nordistes se verraient bien en dignes héritières de cette compétition européenne.

En constante progression dans la société des parquets, les basketteuses de Villeneuve d'Ascq, nouvelles invitées dans le dernier carré de l'Euroligue, défient ce vendredi 12 avril 2024 à 15h00 en demi-finale, l'USK Prague pour une place en finale.

En France, ce serait du jamais vu depuis vingt ans quand l'US Valenciennes - Orchies avait atteint et remporté la finale face aux Polonaises de Gdynia.

Le Final Four qui se déroule cette année à Mersin, en Turquie, sur la mer Méditerranée. Cette fois, la dernière marche, si les Villeneuvoises se qualifient pour la finale, sera turque : Fenerbahce ou Mersin.

Ce Final Four (dernier carré de C1), premier de Villeneuve d'Ascq, alors que ses trois concurrents s'y défiaient déjà l'an passé, à Prague, où Fenerbahce a été sacré. Pas de quoi intimider les "Guerrières" de l'ESBVA, surnom officiel collant comme de la Super Glue à ces joueuses "très compétitrices" ne se satisfaisant de "rien d'autre que la victoire, peu importe l'adversaire", dixit la meneuse et capitaine Caroline Hériaud vendredi 12 avril 2024. 

Salle de 7 500 places

Cette insouciance, et cette force, leur ont déjà permis de s'offrir Mersin (70-54), en décembre, dans cette même salle Servet Tazegül d'une jauge de 7 500 places. "Quelque chose a changé après notre victoire contre Mersin, à partir de ce moment,on a vraiment cru qu'on pouvait se qualifier pour le Final Four", décrit l'entraîneur des Nordistes Rachid Meziane.

Un mois après ce succès fondateur en Turquie, les Villeneuvoises ont croqué 90-81 l'USK Prague, ces mêmes triples demi-finalistes qu'elles affrontent vendredi.

Si j'avais arrêté plus tôt, j'aurais ressenti de l'insatisfaction. Je veux passer ces moments spéciaux avec mes coéquipières, on a tissé des liens forts.

Kennedy Burke, ESBVA

Un exploit permis entre autres par les 31 points de leur intérieure américaine Kennedy Burke, deuxième joueuse, seulement, à dépasser les trente unités cette saison en Euroligue. La MVP (Most Valuable Player, meilleure joueuse de la saison régulière) 2023 et 2024 du championnat de France, qui rejoint le New York Liberty en WNBA dans les prochaines semaines, a tenu à boucler l'aventure européenne de Villeneuve d'Ascq, qui peut devenir seulement le troisième club français sacré en C1.

"Il faut savoir que l'accord qu'on avait avec Kennedy n'était que jusqu'à la fin de la saison régulière, détaille Rachid Meziane. Ça veut dire qu'elle aurait pu ne pas être là. Vous la voyez, ça montre sa motivation." "Si j'avais arrêté plus tôt, j'aurais ressenti de l'insatisfaction, livre l'intéressée. Je veux passer ces moments spéciaux avec mes coéquipières, on a tissé des liens forts." 

Duel Salaün-Ayayi

Des dernières émotions avant la dispersion, c'est le lot y compris du leader de la saison régulière du championnat de France. Même si, en six ans, son budget a été hissé de 1,7 million d'euros à 3 millions, précise son manager général Christophe Vitoux. L'ESBVA peut "servir de tremplin", reconnaît Rachid Meziane mais d'ajouter : "C'est bien aussi d'être considéré comme un club qui sait développer des jeunes joueuses". Comme son ailière Janelle Salaün, 22 ans, dont la destination reste à connaître.

Vendredi, son duel à l'aile avec la Française de Prague Valériane Vukosavljevic-Ayayi (29 ans) promet, même si l'ex-Villeneuvoise (2016-2017) n'a pas disputé les derniers matches de Prague.

La médaillée de bronze avec les Bleues à Tokyo et la sœur de Tidjane Salaün convoitent toutes deux une place en équipe de France aux Jeux Olympiques de Paris 2024 dans moins de quatre mois.

"Janelle est complètement du genre à vraiment chercher à gagner son match dans le match. Quand Valou sera sur le poste 3 face à Janelle, il y aura certainement un peu de sang bleu-blanc-rouge qui va couler", sourit Rachid Meziane. "Il y a un aspect concurrentiel à l'aube des Jeux olympiques", décrit celui étant également sélectionneur de la Belgique, qu'il a menée au titre européen. "Les places sont très chères, forcément, chacune a envie aussi de briller individuellement pour pouvoir prétendre à une place parmi les douze."

Avec AFP