Villeneuve d'Ascq : le père d'un jihadiste condamné à mort en Irak réclame son rapatriement et son jugement en France

Vianney Ouraghi, originaire de Villeneuve d'Ascq, a étudié la psychologie à Lille. / © DR
Vianney Ouraghi, originaire de Villeneuve d'Ascq, a étudié la psychologie à Lille. / © DR

Le père de Vianney Ouraghi, Nordiste de 28 ans condamné à mort début juin à Bagdad (Irak) pour appartenance à l'Etat islamique, réclame le rapatriement de son fils pour qu'il soit jugé en France. 

Par TM

"Mon fils a droit à un procès équitable, il a fait des conneries et il paiera pour ses conneries." Jamel Ouraghi, un habitant de Villeneuve d'Ascq, en appelle dans un entretien accordé à France Bleu Nord aux autorités pour faire rapatrier son fils, condamné à mort le 2 juin dernier en Irak pour appartenance à l'Etat islamique. 

 

"Je l'ai su par les journaux, j'ai eu l'impression de devenir fou ! Je me suis dit – On met tout le monde dans le même sac", réagit le père de Vianney Ouraghi, 28 ans. "L’avocat irakien commis d’office n’est pas payé, et il a accès au dossier cinq minutes avant (le procès ndlr), sans pouvoir s’entretenir avec lui. Monsieur le Drian (ministre des Affaires étrangères, ndlr) dit que ce sont des procès équitables... Je suis désolé, mais c'est se foutre de la gueule du monde !", poursuit-il.
 


"On l'envoie à l'abattoir"


Vianney Ouraghi, 28 ans, a rejoint la Syrie en 2013 disant à ses parents vouloir y aider la population. L'ancien étudiant en psychologie, qui a été blessé deux fois depuis qu'il s'y trouve, a déclaré devant le tribunal irakien qu'il était un fonctionnaire de l'EI en charge des veuves et des orphelins à Raqqa, et non un combattant. Il dit avoir été torturé pour signer des aveux. 

 

"Tout ce que je demande, c’est qu’il soit rapatrié en France, jugé pour ce qu’il a fait, ça je suis complètement d’accord", déclare son père Jamel Ouraghi. "Moi je n’accepte déjà pas ce qu’il a fait, je ne me considère pas comme une victime. Les victimes sont les personnes du 13 novembre (attentats de 2015, ndlr). Moi je dirais plutôt être une victime morale. Il y en a assez de stigmatiser les familles en disant – Vous étiez au courant ", regrette-t-il.
 

"J’ai le sentiment que l’Etat français veut se débarrasser du problème des djihadistes, mais il ne s’occupe pas de savoir comment ils ont été embrigadés. Mon fils, on lui a fait un lavage de cerveau, je ne comprends pas que l’Etat ne réagisse pas. Là, on l’envoie à l’abattoir parce que ce qu’ils veulent, c’est qu’il ne revienne pas", a-t-il exprimé au micro de France Bleu.

 

Sur le même sujet

A Creil, la nature au centre de l’école à l’espace enfance Danielle Mitterrand

Les + Lus