Coronavirus dans l'Oise : les enseignants d'une école du Plessis-Belleville font valoir leur droit de retrait

Des enseignants du Plessis-Belleville et des conducteurs de bus de Creil ont fait valoir leur droit de retrait ce 2 mars. Dans l'Oise qui compte 47 cas, 9 villes sont considérées comme le principal foyer du coronavirus en France, entraînant des conséquences que nous vous détaillons dans cet article.
La place de l'Église de Le Plessis-Belleville en avril 2019, sur laquelle est située l'école Louise-Wattier
La place de l'Église de Le Plessis-Belleville en avril 2019, sur laquelle est située l'école Louise-Wattier © Google StreetView 2019
Depuis le samedi 29 février, neuf communes de l'Oise sont au cœur du foyer du coronavirus dans le département. Elle ne connaîtront pas de rentrée ce lundi 2 mars : toutes leurs écoles, collèges et lycées ont été fermés jusqu'à nouvel ordre.

Outre les écoles, les mesures pour freiner la propagation du virus dans l'Oise entraînent de nombreuses conséquences dans le département, comme des annulations d'événements ou la fermeture de services publics. Retrouvez-les dans la carte et l'article ci-dessous, constamment mis à jour par nos équipes.

   Le service de transports en commun de l'agglomération Creil Sud-Oise (ASCO) sera fortement perturbé ce lundi 2 mars, en raison du droit de retrait invoqués par certains conducteurs de bus du réseau. N'hésitez pas à suivre l'évolution du trafic par téléphone au 03 44 66 89 89.

 
 Lundi 2 mars, les enseignants de l'école élémentaire Louisette-Wattier du Plessis-Belleville ont exercé leur droit de retrait juste avant l'heure de rentrée des classes. La commune est limitrophe de Lagny-le-Sec, l'une des neuf communes concernées par les mesures de précaution mises en place par la préfecture.

Deux de leurs collègues habitent dans une des neuf villes concernées par les mesures de précaution et ne sont donc pas venues travailler, comme leur conseillait la préfecture. Les enfants qui étaient déjà dans l'établissement en accueil périscolaire ont été pris en charge le temps de prévenir les familles.

Si les instituteurs font valoir leur droit de retrait mardi 3 mars, la mairie mettra en place un accueil d'urgence. Dans la deuxième école maternelle de la commune, une enseignante est également restée chez elle conformément aux consignes. Idem pour deux instituteurs du groupe élémentaire.

  
En lien avec la décision du préfet de fermer les écoles de neuf communes de l'Oise, une partie des transports scolaires est supprimée du lundi 2 au samedi 14 mars. "Les autres services des lignes régulières seront assurés, mais certaines correspondances ne pourront pas être assurées. Ces informations sont susceptibles d’être modifiées selon l’évolution de la situation", explique le communiqué de la Région.


   

 

Les Isariens s'adaptent

La Région invite par ailleurs les élèves vivant dans les communes concernées par les mesures de précaution à ne pas se rendre à leur établissement scolaire si celui-ci est dans une autre commune. Un numéro de téléphone, le 0 970 150 150, a été mis en place. Informations également sur le site internet d’Oise mobilité.


À Creil, la ville du foyer (ou cluster) la plus peuplée, cette décision s'accompagne de l'annulation des séances de cinéma à la Faïencerie et de la fermeture de l'IUT.

 En l'absence d'école, les habitants tentent de trouver des solutions de garde. "On va s'organiser à la dernière minute avec ma femme pour garder les enfants. Je travaille dans un lycée, donc on va suivre comment ça évolue, on est dans l'interrogation. On prévoit un petit stock," confie Stéphane, qui ressort d'un centre commercial de Creil.

 À Creil, certains rayons de supermarchés se sont brutement vidés, pris d'assaut par certains clients désireux de faire des provisions. "Il n'y a plus de pâtes, d'huile, plus de produits désinfectants et nettoyants. On va essayer d'aller voir dans un autre centre commercial, peut-être qu'on aura plus de chance," ajoute Christelle, Creilloise elle aussi.

 

D'autres Isariens sont plus tranquilles. "Il ne faut pas céder à la panique et raison garder, estime un autre habitant. Si je viens faire mes courses, c'est juste pour faire faire l'approvisionnement du dimanche. Tout ce qui est gel ou masque est en rupture de stock. Est-ce que les mesures qui s'imposent sont nécessaires ? Je ne pense pas."

 À Lamorlaye, ville elle aussi comprise dans le cluster de l'Oise, le dimanche est encore plus calme que d'habitude. "Il y a beaucoup moins de fréquentation, je dirais la moitié qu'un dimanche habituel. Il y a moins de contact humain qu'avant, les gens restent davantage chez eux," constate Morgane Bredillet, poissonnière.

 

Une manifestation devait pourtant animer le centre-ville de cette commune de 8 800 habitants en bordure de l'Île-de-France. "On a appris hier vers 15 heures l'annulation de tous les rassemblements et notamment le nôtre, qui se déroulait au château avec 300 voitures environ, regrette Gilles Faussadier, président de l'association automobiles anciennes, à propos de la décision du préfet d'interdire jusqu'à nouvel ordre les manifestations de plus de 5 000 personnes. On y fêtait l'anniversaire de l'association, tout est tombé à l'eau. C'est décevant mais nous comprenons, c'est pour le bien de tous."


Dans le même but, toutes les messes sont annulées ainsi que les célébrations du Carême sur les 41 paroisses que compte l'Oise.

 Dans le même but, l'hippodrome de Compiègne a décidé d'organiser ses courses à huis clos, soit sans public, dans le respect de la décision préfectorale.
 Le maire de La Croix-Saint-Ouen, a demandé au préfet de faire fermer les établissements scolaires sur son territoire "pour assurer la sécurité de ses habitants". Chose faite le 1er mars, puisque la commune est comprise dans le cluster. Senlis, aussi prise en étau au sein de ce cluster de l'Oise demande de pareilles mesures. La Ville a contacté la préfecture et a décidé de fermer tous ces services municipaux, bibliothèque et crèches comprises.

 

 

La propagation du virus dans l'Oise intervient en pleine campagne pour les élections municipales, qui se tiennent à partir du 15 mars. La délégation départementale de La République en marche a ainsi décidé de réduire son activité, sans pour autant parler de "suspendre la campagne".

 

"J'ai demandé aux candidats de se conformer aux préconisations de la préfecture. Une campagne électorale, c'est une multiplication de moments de vie en contact avec les gens, explique Nicolas Bourgeois, le réfèrent départemental. Le risque est faible mais notre responsabilité est de ne pas aider à la propagation du virus. D'autant plus que les militants circulent pas mal pour donner des coups de main ici et là."

"Je n'ai rien interdit aux candidats, je leur ai juste rappelé de faire attention et de redoubler d'attention, ajoute-t-il. Une campagne peut se faire par d'autres moyens, digitaux par exemple. Mon message, donné en accord avec Paris, n'est pas d'alimenter une forme de psychose mais juste d'éviter la multiplication des contaminations. Ça ne rend pas la fin de campagne très sympathique ni très efficace". Pour l'instant, aucun report du scrutin, au niveau local comme national, c'est envisagé.
 
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