Coronavirus - Agression d'une policière à Beauvais : “Nous continuerons à faire respecter les règles coûte que coûte”

Floriane, policière à Beauvais, a été hospitalisée au CHU d'Amiens après avoir reçu une brique sur la tête lors d'un contrôle mardi 24 mars / © Syndicat Alternative Police Nationale
Floriane, policière à Beauvais, a été hospitalisée au CHU d'Amiens après avoir reçu une brique sur la tête lors d'un contrôle mardi 24 mars / © Syndicat Alternative Police Nationale

Mardi 24 mars, une policière âgée de 21 ans a reçu une brique au niveau de la tête alors qu'elle effectuait un contrôle relatif aux mesures de confinement. Le directeur départemental de la sécurité publique assure que les contrôles seront toujours assurés y compris dans les quartiers sensibles.

Par Eline Erzilbengoa

Dans le quartier situé au nord de Beauvais dans l'Oise, que l'on appelle la cité des fleurs, une patrouille de police a été prise pour cible mardi 24 mars aux alentours de 17 heures. 

Les policiers effectuaient des contrôles suites aux mesures de confinement imposées depuis le mardi 17 mars. "Nous avions été avertis que certaines personnes ne respectaient pas les règles dans ce quartier", explique Olivier Dimpre, directeur départemental de la sécurité publique. 
 

Sur place, les policiers remarquent un groupe d'une dizaine de personnes, décident d'effectuer les contrôles puis sont pris à partie. Deux policiers municipaux sont blessés lors de cette altercation. Plus grave, une policière âgée de 21 ans reçoit une brique en pleine tête. 
 

Son état est stable

Souffrant d'un traumatisme crânien, elle est transportée d'urgence à l'hôpital de Beauvais, puis transférée dans la soirée au CHU d'Amiens pour être opérée. "L'opération s'est bien déroulée cette nuit, elle est entre de bonnes mains et on espère qu'elle pourra se remettre rapidement de ses blessures", confie Olivier Dimpre. 

Quelques heures après l'agression, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a réagi sur Twitter. "Ce soir, mes pensées vont à cette policière grièvement blessée, alors qu’elle était engagée pour nous protéger. Tout est mis en œuvre pour que ces actes gravissimes ne restent pas impunis. Solidarité avec tous ses collègues de la Police Nationale", a-t-il écrit.


Mardi soir, un certain nombre de personnes ont été interpellées. Deux frères de 17 et 22 ans ont été placés en garde à vue, mais ne sont pas les auteurs présumés de ce jet de projectiles. Une enquête est ouverte pour identifier l'auteur de ces faits. Les policiers étaient en intervention ce mercredi en début d'après-midi dans le quartier.
 
Intervention des policiers mercredi 25 mars en début d'après-midi dans la cité des fleurs à Beauvais / © Haron Tanzit / FTV
Intervention des policiers mercredi 25 mars en début d'après-midi dans la cité des fleurs à Beauvais / © Haron Tanzit / FTV
 

Une demande de couvre-feu généralisé

Le directeur départemental de la sécurité publique l'affirme : ce genre d'incident est isolé. "Y compris dans les quartiers identifiés comme difficiles, les contrôles se passent bien puisque la grande majorité de la population fait preuve de bon sens et de civisme. Néanmoins, dans certains endroits, certaines personnes s'affranchissent de ses règles, le font exprès, soit par imbécillité, soit pas habitude", déplore Olivier Dimpre.

Néanmoins, le syndicat Alternative Police Nationale appelle à un couvre-feu généralisé pour éviter que ce genre d'incident ne se reproduise.  "Ce drame démontre une fois de plus qu'il est nécessaire de faciliter et d'alléger le travail des policiers. La généralisation du couvre-feu sur l'ensemble du territoire permettra à la fois de réduire les missions de nuit, mais aussi de récupérer de la capacité opérationnelle pour renforcer les autres effectifs", indique-t-il dans un communiqué.
 

À Beauvais, les policiers effectuent 30 et 50 verbalisations par jour. "Le meilleur moyen d'aider les personnels soignants dans la crise que nous vivons c'est de respecter ces règles, et pour nous police nationale, c'est de les faire respecter par tous moyens, coûte que coûte", affirme le directeur départemental de la sécurité publique. 
 

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