Meurtre de Julien Videlaine : le père de sa petite amie, Muhittin Ulug, condamné à 20 ans de réclusion criminelle

Publié le
Écrit par Eline Erzilbengoa avec Marine Lesprt et Haron Tanzit

Muhittin Ulug a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle jeudi 22 septembre pour le meurtre d'un jeune homme de 20 ans, Julien Videlaine, qu'il avait surpris chez lui avec sa fille.

La Cour d'assise a condamné Muhittin Ulug à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Julien Videlaine. L'avocat général avait requis la peine maximale, soit 30 ans de prison à l'encontre de l'accusé. La famille de la victime, un jeune homme de 20 ans qui venait de s'engager dans l'armée française, attendait ce procès depuis 8 ans.

Un procès qui s'est déroulé dans un climat particulier : la communauté kurde de Creil et ses environs est venue en nombre dès le premier jour d'audience. Très soudée autour de l'accusé : Muhittin Ulug, un patriarche franco-kurde de 52 ans, qui suit son procès avec l'aide d'un traducteur. "Les bancs réservés au public sont entièrement remplis par la famille de l'accusé, donc une communauté présente très forte qui montre son soutien, mais aussi une sorte de confiance et volonté que leur version prédomine, que leur vérité éclate", confiait lundi Maître Justine Devred, l'avocate de la famille de la victime. 

Une vingtaine de coups de couteau

Les faits remontent au 24 juillet 2014. Julien Videlaine est chez sa petite amie dans un pavillon de Nogent-sur-Oise, lorsque le père de celle-ci, Muhittin Ulug, les découvre dans la salle de bain. Il lui assène alors une vingtaine de coups de couteau sous les yeux de sa fille, seule témoin du drame. Celle-ci tente alors de les séparer, puis appelle la police. Muhittin Ulug, quant à lui, prend la fuite en Turquie. 

Durant quatre ans, la famille de Julien Videlaine va tenter d’obtenir son interpellation, allant à la rencontre des entourages de François Hollande puis d'Emmanuel Macron, des ministères de la Justice et des Affaires étrangères et de l’ambassadeur de Turquie

Muhittin Ulug est finalement arrêté en mai 2018, avant d’être extradé et mis en examen en octobre 2019. S’il avoue le meurtre, il donne aussi une autre version des faits : selon lui, entendant des cris à l’étage et ignorant qui se trouvait avec sa fille, il aurait cru la protéger d’une agression. Celle-ci est également revenue sur ses déclarations, affirmant que son père ne savait rien de sa relation et avoir menti sous le choc au début de l’enquête.

La défense ne fera pas appel

Durant le procès, au moment de décrire la scène de crime, la jeune femme craque et fond en larmes, déclarant qu'elle ne se souvenait pas en détails des événements, mais qu'elle avait bien vu son père asséner des coups de couteau à son petit ami et quelle était "la seule responsable". 

Pour l'avocat de la défense, il s'agit du crime d'un père qui a perdu la raison. "Cette scène à laquelle il va assister dans la salle de bain où il va voir sa fille nue avec le jeune Julien va le rendre complètement fou, il va perdre pied, il va devenir hors du temps, hors de la limite, hors de la raison", commentait mercredi Me Frank Berton, l'avocat de l'accusé Muhittin Ulug. 

À l'issue du verdict, la défense a indiqué qu'il n'y aurait pas d'appel, Me Frank Berton saluant une décision "empreinte d'humanité, de sagesse". Le père de la victime, Claude Videlaine, s'est lui déclaré "satisfait". "Une peine de 30 ans, il y aurait eu le risque d'un procès en appel. Il aurait fallu revivre tout ça". Mais "nous, on est condamnés pour le restant de notre vie", a-t-il souligné.

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