Coronavirus - A Compiègne, la hausse des ventes de paracétamol a bouleversé les cadences de production du site Sanofi

C'est l'un des principaux médicaments utilisé dans le traitement des symptômes légers du Covid-19: le Doliprane. Ce médicament qui soulage les douleurs et apaise la fièvre est produit en partie à Compiègne dans l'Oise. Depuis deux mois, l'usine de 450 salariés tourne à plein régime.

Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, le site Sanofi de Compiègne dans l'Oise qui produit le Doliprane a du augmenter sa cadence de production.
Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, le site Sanofi de Compiègne dans l'Oise qui produit le Doliprane a du augmenter sa cadence de production. © Mathieu Maillet/FTV
C'est une petite boîte rectangulaire jaune aux inscriptions rouges. Une petite boîte rectangulaire jaune que nombre de familles françaises, et du monde entier, ont en bonne place dans leur armoire à pharmacie. Une petite boîte rectangulaire jaune fabriquée sur deux sites en France dont l'un est à Compiègne dans l'Oise.
 
Cette petite boîte jaune rectangulaire, c'est celle du Doliprane. Le paracétamol présent dans ce médicament fait partie des molécules recommandées dans le traitement de la douleur et de la fièvre, symptômes du covid-19. Et il connapît une hausse fulgurante de ses ventes depuis le début de l'épidémie de coronavirus.

Une demande mondiale en hausse


Depuis le début de l'épidémie, la demande mondiale en Doliprane est en hausse de 20%. Le site Sanofi de Compiègne a dû augmenter la cadence et multiplié sa production par deux. "On a eu une augmentation d'activité en début de confinement pour combler les surventes qu'il y a eues à ce moment là, raconte Grégory Kunnert, opérateur de conditionnement. On a eu des samedis à faire et des nuits". Trois lignes supplémentaires de conditionnement ont dû être mises en place uniquement pour le Doliprane.

Une organisation du travail qui a demandé un temps d'adaptation. "On a mis en place un certain nombre de mesures dont les mesures barrières et la distanciation sociale, précise Ana Alves, la directrice du site. On a réaménagé des postes de travail et des locaux collectifs pour qu'il y ait un mètre de distance entre les salariés. Et quand ce n'est pas possible, les salariés portent un masque. C'est une situation inédite pour l'entreprise tant sur le plan professionnel que personnel : quand le confinement a commencé, chacun a eu besoin d'un temps d'adaptation. Mais maintenant beaucoup ont pris conscience que nous faisons partie de la chaîne de lutte contre le Codiv-19".

Du Doliprane mais pas seulement


"Ça a redonné du sens à travailler dans l'industrie pharmaceutique dans mes équipes, explique Olivier Langelus, responsable d'atelier de l'unité de conditionnement. Quelques fois, on banalisait notre métier industriel mais avec tout ça, il y a une prise de conscience et un engagement des équipes encore plus fort qu'auparavant à fabriquer rapidement des médicaments pour soigner des gens qui souffrent."

Le site de Compiègne ne fabrique pas que du Doliprane. Ici sont produits des corticoïdes, des anti-douleurs et "des médicaments d'intérêt thérapeutique majeur et qui n'ont pas d'alternatives thérapeutiques" précise Ana Alves. Au total, 77 médicaments différents, dont des antibiotiques et des anti-douleurs utiles également dans la lutte contre le virus. 160 millions de boîtes sortent des lignes de production de Compiègne chaque année.

Sanofi consacre ainsi 100 millions d'euros à la lutte contre le Covid-19. "On a fait don de médicaments et d'argent pour aider le système de santé en France notamment", détaille Ana Alves. L'entreprise s'est aussi engagée dans la recherche de vaccins et de traitement.



 
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