"L'un des plus beaux traîneaux au monde" dit de l'impératrice Joséphine rejoint les collections du château de Compiègne

Préempté par l'État lors d'une vente aux enchères organisée par la maison Osenat, le traîneau dit de l'impératrice Joséphine a rejoint mercredi 9 juin les collections du musée national de la voiture au château de Compiègne. Il sera l'une des pièces maîtresses d'une exposition prévue en fin d'année.

Le traîneau dit de l'impératrice Joséphine, exposé au château de Compiègne, le 9 juin 2021
Le traîneau dit de l'impératrice Joséphine, exposé au château de Compiègne, le 9 juin 2021 © Cécile Bonté Baratciart

C'est l'une des plus belles acquisitions du château de Compiègne. Le 5 mai dernier, à l'occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon 1er, une grande vente aux enchères est organisée par la maison Osenat à Fontainebleau.

Sont mis en vente, des objets personnels ayant appartenu à l'Empereur, mais aussi et surtout ce traîneau en bois peint vert et doré, qui aurait été utilisé par l'impératrice Joséphine. Malgré le peu d'information concernant son origine, le traîneau, estimé entre 40 000 et 60 000 euros, est finalement préempté par l'État pour la somme de 212 500 euros (avec frais) au profit du musée national de la voiture situé au château de Compiègne.

Une collection de 26 autres traîneaux

Un mois plus tard, il rejoint donc les collections du musée où 26 traîneaux sont déjà exposés. "Nous avons une grande collection de traîneaux au château de Compiègne, mais nous n'avons pas d'objet de cette époque-là aussi important et d'une telle qualité, souligne le directeur du château, Rodolphe Rapetti. C'est un objet absolument magnifique, d'une ligne, d'une harmonie et d'une beauté absolument unique. C'est probablement l'un des plus beaux traîneaux qui existe au monde. En ce qui concerne le musée de la voiture, il n'y a plus eu d'acquisition de cette importance depuis un quart de siècle."

Vue d'ensemble de la salle des traîneaux du musée national de la voiture
Vue d'ensemble de la salle des traîneaux du musée national de la voiture © Daniel Arnaudet / RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne)

L'objet, qui date du début du XIXe siècle, est composé d'une caisse sculptée en forme de coquille et de deux griffons aux ailes déployées sur les côtés. L'intérieur est en velours vert. Il comporte également un garde-boue garni de cuir et une statuette en bois doré sculpté représentant la déesse Hébé.

Ses deux patins en bois ferré, supportent un arceau enrichi de trente-trois grelots et deux clochettes, également orné d’un aigle en bois sculpté doré. "C'est un objet exceptionnel par la qualité du dessin, il est extrêmement harmonieux. Il participe à la fois de l'art du siège et l'art du véhicule, il a un décor composé de bois, de cuir de métal. Et cet aigle magnifique, qui est placé devant le traîneau comme la proue d'un navire, rappelle le symbole napoléonien", analyse Rodolphe Rapetti. 

L'aigle figurant sur le devant du traîneau ayant probablement appartenu à l'impératrice Joséphine
L'aigle figurant sur le devant du traîneau ayant probablement appartenu à l'impératrice Joséphine © Cécile Bonté Baratciart / FTV

L'impératrice férue de glissades

Un seul bémol subsiste alors, la provenance du traîneau n'est pas avérée. "On a des listes de traîneaux, mais les listes ne sont pas suffisamment précises pour confirmer que celui-là a bien appartenu à Joséphine. Il est tout de même réputé comme étant le sien depuis la fin du XIXe siècle. C'est une pièce tellement importante qu'elle a été présentée à l'exposition universelle de 1889 et à celle de 1900. Dans les publications de l'époque, ce traîneau était indiqué comme lui appartenant", précise le directeur du château de Compiègne. 

Une chose est sûre, l'impératrice Joséphine était une grande férue de glissades en traîneau. Elle en possédait plusieurs dans son château de Malmaison, mais aussi dans son château de Navarre. "Lorsqu'elle a restauré son château de Navarre, il y avait des plans d'eau et sur ces plans d'eau gelés, elle organisait des promenades en traîneau, raconte Rodolphe Rapetti. La pratique du traîneau était une pratique courante sous l'Ancien Régime. Les rois de France avaient des traîneaux, pour les plaisirs de la glisse dirait-on aujourd'hui. Napoléon 1er, sous le Premier Empire, réintroduit cette mode et cela s'est poursuivi jusqu'au Second Empire."

Le traîneau, dit de l'impératrice Joséphine, sera la pièce maîtresse de l'exposition Vitesse à partir du mois de décembre. Il sera présenté au côté du traîneau d'une autre amatrice de glissades, l'impératrice Eugénie.

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