En coulisses - L'Autre Philippe, auteur, compositeur et interprète d'une musique folk rock aux teintes électroniques

Depuis le studio installé chez lui à Creil dans l'Oise, L'autre Philippe compose des mélodies folk rock sur lesquelles il écrit des textes inspirés par les thématiques de notre époque. Il a déjà enregistré trois albums dont un avec le bassiste de Johnny Hallyday et le batteur de Jean-Louis Murat.

L'autre Philippe, c'est celui qui n'est pas éducateur spécialisé dans l'Oise depuis plus 30 ans. C'est celui qui a composé, écrit et interprété trois albums en 10 ans. L'autre Philippe, c'est un univers folk-rock, où la guitare électrique se teinte parfois de couleurs électroniques. Un univers influencé par Peter Gabriel, la New wave des années 80, Simple Minds ou encore les Smith.

Un éveil musical à l'adolescence

L'autre Philippe, c'est le double musical de Philippe Bouchaud. Originaire de Cambronne-les-Clermont dans l'Oise, Philippe Bouchaud est tombé dans la musique à l'adolescence. Issu d'une famille pas vraiment portée sur la musique, "mon père jouait un peu de clairon dans une fanfare mais rien de plus", il est bercé par la variété française qui passe à l'époque à la télé. "Puis, j'ai découvert les artistes anglo-saxons par les copains". Grand fan de Peter Gabriel et de Genesis, il se met à la guitare seul, "parce qu'on voulait monter un groupe avec des copains. Ce qui nous intéressait, c'était d'écrire des histoires dans lesquelles on exprimait des revendications, ce qu'on pensait. Je trouvais ça assez extraordinaire de pouvoir faire ça pour se faire entendre"Cette formation de potes de lycées s'appellera Prohibition et durera deux ans. "On jouait dans le jardin et on se faisait engueuler par les voisins !", s'amuse-t-il 

Des maquettes aux vrais enregistrements pro

Quelques cours de guitare plus tard naît un nouveau groupe, Dame de pique : "on avait rencontré un batteur, Alain Leboucher qui a fondé le tremplin rock de Mouy dans les années 80 et qui existe toujours, explique L'autre Philippe. Il était beaucoup plus expérimenté que nous et ça nous a permis d'avancer et de progresser. On était plus New Wave. On faisait quelques reprises pour s'entraîner mais on faisait essentiellement des compos. Je faisais les mélodies. J'aimais déjà ça."

À l'époque, Philippe joue de la guitare et fait les chœurs mais n'assure pas le chant. De groupes en formations musicales, il se professionnalise techniquement : "on a acheté des boîtes à rythmes, des synthés, du matériel d'enregistrement pour monter un mini-studio." Ce qui permet à Philippe et à son acolyte depuis le début de l'aventure, Didier Lenfant, d'enregistrer des maquettes et de les porposer aux maisons de disques."C'était toujours un peu décevant parce que ça ne marchait pas mais c'était toujours très intéressant et formateur", avoue-t-il.

Le duo étoffe ponctuellement le groupe avec des musiciens locaux pour se produire sur scène. C'est ainsi qu'ils ont fait la première partie de Louise attaque ou encore du Glenn miller band. Ils continuent à enregistrer d'abord deux, puis cinq titres et enfin un album.

Carrière solo depuis 10 ans

En 2003, Didier Lenfant quitte le groupe. C'est à cette occasion que Philippe passe au chant. Ce n'est qu'en 2010 qu'il devient L'autre Philippe, auteur-compositeur-interprête. Un premier album solo en 2011. Un deuxième en 2016 - "il devait sortir en 2015 mais le concert de présentation était prévu le 14 novembre 2015 à Creil. Il a évidemment été annulé et la sortie repoussée." - et un troisième en 2020.

Ses deux derniers albums ont été enregistrés "au bout du jardin. J'ai ce studio depuis 2008. Au début, on ne pouvait faire que des maquettes mais depuis 2014, on peut faire des enregistrements pro. Ce studio, il a été conçu de A juqu'à Z. On l'a fait évoluer au niveau matériel au fur et à mesure des années. Et on est très contents d'avoir pu réaliser un produit professionnel, qui sonne très très bien. Le fait d'avoir son studio, c'est bien parce que on peut prendre le temps de travailler tous les éléments, les couleurs, la production complètement."

Un album avec le bassiste de Johnny Hallyday et le batteur de Jean-Louis Murat

L'autre Philippe est un artiste très inspiré par l'actualité et le temps qui passe. Son troisième album, Forcer le trait est très ancré dans son époque avec des thèmes comme la maladie d'Alzheimer, les migrants ou encore la crise sanitaire. "La beauté de la vie m'inspire aussi, les émotions, la poésie des choses", ajoute-t-il. Le tout sur des mélodies souvent accoustiques teintées parfois d'électrique. "J'aime l'énergie mais aussi beaucoup les mélodies. J'aime beaucoup des artistes comme les Innocents et Stephan Eicher."

Sur son dernier album, Forcer le trait, L'autre Philippe s'est associé au bassiste de Johnny Hallyday, Fred Jimenez, et au batteur de Jean-Louis Murat, Stéphane Reynaud, rencontré lors d'un concert de Jean-Louis Murat. "Ils sont venus passer trois jours chez moi pour enregistrer : ils ont collaboré à 8 des 11 morceaux. Chouette rencontre humaine, musicale, vraiment productive. Des gens accessibles et au service des titres. Ils pigent tout de suite même si je leur avais envoyé les maquettes. On n'a pas besoin de faire 20 titres. Ils ont la vision du titre tout de suite. C'est ce qui m'a marqué. On est restés en contact."

durée de la vidéo: 00 min 38
Fred Jimenez et Sébastien Heynaud

Envie de scène

Aujourd'hui, Philippe n'attend plus qu'une chose : pouvoir présenter cet album en public. Ce sera le cas le 9 octobre à la maison des associations de Creil. "Enfin ! Ca fait deux fois que c'est annulé ! Ça va être bien : construire un concert par rapport à son répertoire, se réjouit-il. Et puis jouer avec des musiciens. Parce que le studio, c'est bien. Mais c'est du laboratoire. Souvent !"

L'autre Philippe travaille également à la composition d'un quatrième album : six titres sont déjà prêts. "C'est par période : des fois, je compose plusieurs titres d'un coup et après ça se tarit !"

Déjà plus de dix ans que Philippe jongle entre sa vie d'éducateur et celle de musicien. "J'arrive à m'organiser, ça va. J'aimerais bien vivre de la musique mais pour le moment, ce n'est pas le cas. Et puis, j'aimerais faire plus de scène. Je cherche un tourneur. Toute ce qui est production, je sais faire. Mais le live, c'est un autre métier. Savoir se vendre, c'est autre chose. Et, ça, c'est pas mon truc. Donc si quelqu'un peut s'occuper de ça pour moi et me trouver des concerts, je m'occupe de composer, de produire et d'interpréter !"

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
musique culture