Dans un élevage de l'Oise, une association filme "40 000 poules en souffrance", le propriétaire décide de porter plainte

Dans une vidéo, l'association Vegan Impact dénonce les conditions d'élevage de poules dites de "plein air". Le propriétaire du poulailler situé à Flavacourt dans l'Oise se défend de tout mauvais traitement et entend porter plainte.
Le second élevage de poules situé à Eragny-sur-Epte dans l'Oise du propriétaire ciblé par l'association Vegan Impact
Le second élevage de poules situé à Eragny-sur-Epte dans l'Oise du propriétaire ciblé par l'association Vegan Impact © FTV

"40 000 poules en souffrance", c'est l'intitulé de cette vidéo choc postée par l'association Vegan Impact. On y voit des poules hagardes vivant au milieu des cadavres décomposés de leurs congénères.

Il s'agit de poules dites de "plein air", filmées de nuit en juin dernier lorsqu'elles dorment dans le bâtiment d'un élevage de Flavacourt dans l'Oise. Pour l'association qui promeut la défense des animaux, l'objectif est de dénoncer un système de production à grande échelle. 

"Il faut qu'on arrête de mentir aux consommateurs, qu'on montre la réalité des élevages de poules pondeuses et que ce soit plein air, bio ou pas, on sait que les animaux sont en souffrance puisqu'ils sont exploités. Il faut arrêter avec cette image bucolique qu'on nous vend dans les publicités et qu'on montre la réalité de ce qu'il se passe", affirme Alexandra Blanc, porte-parole et présidente de l'association Vegan Impact. 

"Je pense qu'il y a de la mise en scène"

À quelques kilomètres de là, à Eragny-sur-Epte, le propriétaire du site nous emmène découvrir un autre bâtiment similaire de son exploitation. 40 000 poules vivent également ici, et ont aussi accès à l'extérieur. Des poules plus jeunes que celles montrées dans la vidéo. Le responsable dénonce les conditions du tournage, avec un élevage filmé de nuit et endormi. 

"Je ne vous cache pas que dans un poulailler de 40 000 poules, il y a un certain nombre de poules mortes. Sur une année de production, on l'estime de 4 à 5%. Tout est fait pour les retirer régulièrement, explique Philippe Domet, responsable de l'exploitation "La ferme du Pré". Celles qui ont été montrées, je ne suis même pas sûr qu'elles proviennent de notre élevage. Je pense qu'il y a de la mise en scène sur ces plans."

C'est la première fois que cet éleveur est pointé du doigt par une association de défense du bien-être animal. "On sait qu'on n'est pas apprécié des associations vegan qui s'opposent à toute production animale. Mais c'est mon métier et je ne saurais pas faire un poulailler qui puisse satisfaire aux associations. Je ne saurais pas faire un œuf pour les vegan", poursuit l'éleveur qui entend porter plainte contre l'association.

Vegan Impact a déjà réalisé ce type de reportages par le passé sur d'autres élevages avicoles en France. Elle fait d'ailleurs l'objet d'un procès qui débute lundi 13 septembre 2021.

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