Les habitants d'un village de l'Oise créent leur vignoble, "projet fédérateur" du maire écologiste

500 pieds de Chardonnay ont été plantés, samedi, dans le village de Thibivillers (Oise) et seront entretenus par les habitants eux-mêmes.

Des habitants en pleine plantation de leurs pieds de vigne.
Des habitants en pleine plantation de leurs pieds de vigne. © Benoît Henrion

"J'aime bien boire du vin, c’est pour ça que ça m’intéresse, mais c'est la première fois que je plante une vigne !", s'amuse Christophe, un participant, au micro de Marie Roussel et Benoît Henrion, notre équipe sur place. Ce samedi à Thibivillers dans l’Oise, une partie des 200 habitants du village a participé à la plantation d'un vignoble municipal. Dans trois ans, les premières bouteilles pourraient être distribuées dans la commune.

"C’est un sujet très fédérateur", se réjouit le maire sans étiquette Yannick Jubault, alors que s’affaire une quinzaine de ses administrés de tous âges. 42 habitants se sont inscrits et participent à tour de rôle, restrictions sanitaires obligent.

Issu d’une famille d’agriculteurs qui avaient leur vigne, beau-fils de négociants en vin et lui-même propriétaire d’un petit vignoble depuis vingt ans, l’élu sait que les pieds aujourd’hui plantés auront besoin de petites mains toute l’année pour les entretenir : "Ca donne une bonne ambiance dans le village, les gens vont faire connaissance alors qu’ils ne se connaissent que de vue, il y a du lien à créer."

Du vin pour les grands, du jus de raisin pour les enfants

Suivant les conseils de leur édile et, à tâtons, en se copiant les uns les autres, les habitants - souvent novices - ont planté onze rangs de vignes, essentiellement 500 pieds de Chardonnay achetés 2,30 euros pièce chez un pépiniériste renommé du Jura.

"C’est plutôt agréable sous ce beau soleil", confie Cédric, manager de profession. "Ça fait mal de s'accroupir à force, mais c’est marrant de faire du jardinage, glisse la jeune Clarice, collégienne en troisième. Avec le confinement, ça fait deux semaines qu’on ne fait rien... Et puis ce sera sympa de se dire qu’on a participé."

50 pieds de muscat bleu ont aussi été plantés, pour produire un jus de raisin qui ravira notamment les enfants. Une riche idée, d’autant qu’eux aussi ont mis la main à la pâte. Et donné chacun leur prénom au pied de vigne planté.

"C’était un peu difficile, fallait rapprocher la terre pour que ça rentre bien dans les racines et que ça coince bien", raconte Lukas, 9 ans, par ailleurs très enthousiaste : il reviendra "tous les jours" voir la vigne pousser et assure que le fruit de la récolte sera "délicieux".

Un message écologiste

Si l’initiative peut paraître surprenante, le maire souligne qu’elle s’inscrit dans un programme plus large d’événements "verts", la couleur de sa nouvelle mandature. "Nous avons déjà commencé la replantation du village et nous avons prévu l’apparition d’un beau jardin participatif", développe Yannick Jubault.

Alors ce vignoble municipal, le maire le veut "bien nature". "Le village est situé dans un endroit particulier, le Vexin, qui n’est pas franchement très biologique, contextualise l’élu. Donc nous aimerions inciter les enfants et les habitants à reconsidérer tout ce qui est d’origine agricole : on peut très bien produire des choses saines sans produits chimiques."

Des adolescents à la tâche.
Des adolescents à la tâche. © Benoît Henrion

À terme, Yannick Jubault veut laisser les habitants gérer eux-mêmes les vignes, sous la houlette du cantonnier du village. Et pas question d’en sortir de la piquette : même si les premières vendanges seront "un peu pour le fun", la vigne sera jeune, "les vignerons aussi...", c’est bien avec "un bon vin" que le village espère trinquer dans quelques années et pour les 30 à 50 ans qui viennent, espérance de vie moyenne d’une parcelle.

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