PARCOURSUP. Nouveaux voeux, recours judiciaire, autre formation : que faire si aucun de mes voeux n'a été accepté ?

Ils sont encore quelque 91 000 bacheliers sans affectation à l'issue de la phase principale d'admission de la plateforme Parcoursup, qui gère l'entrée dans l'enseignement supérieur. Que faire si vous, ou un de vos proches, n'avez été accepté nulle part ?
Deux étudiants révisent devant un écran Parcoursup - Photo d'illustration
Deux étudiants révisent devant un écran Parcoursup - Photo d'illustration © MAXPPP

"À ce jour, près de 568 000 bacheliers ont reçu au moins une proposition d’admission, soit 89,5% d’entre eux. Ce taux est supérieur de 1,3 point à celui de l’année dernière." Le ministère de l'Education Nationale se félicite, les étudiants, eux, sont bien moins enthousiastes. Ce jeudi 16 juillet s'est achevée la phase principale d'admission sur Parcoursup, la nouvelle plateforme qui gère l'entrée des bacheliers dans l'enseignement supérieur. Plus de 91 000 futurs étudiants sont toujours sans affectation : 45 683 lycéens, 33 770 candidats en demande de réorientation et 11 725 scolarisés à l'étranger, selon les chiffres du ministère.

Parcoursup a succédé en 2018 à la plateforme APB, après un coup de semonce de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) sur l'absence d'intervention humaine et la trop grande part confiée à l'aléatoire. Le lancement de Parcoursup ne s'est pas fait sans heurts, et son fonctionnement comme son efficacité sont toujours controversés. Au premier rang des critères, l'opacité d'une partie de son algorithme. Si les mécanismes de la plateforme sont communiqués dans un effort de transparence, et régulièrement mis à jour, les algorithmes locaux - c'est-à-dire les critères que chaque établissement peut définir pour ses candidats - sont tenus confidentiels. 

Que faire si vous ou votre enfant faites partie de ces 91 000 étudiants sans affectation ? Plusieurs solutions sont possibles. 

Formuler de nouveaux vœux

Depuis le 16 juin, la phase dite "complémentaire" de sélection s'est mise en place, à cheval sur la phase d'admission principale. Jusqu'au 14 septembre, les étudiants recalés peuvent encore postuler dans d'autres formations. Cette phase sera considérée comme terminée le 16 septembre. Bon à savoir, vous pouvez également y postuler si l'un de vos voeux a été accepté, mais que vous n'en êtes pas satisfait.

Jusqu'à 10 nouveaux vœux sont possibles, et les formations disponibles sont mises à jour régulièrement. Pour parvenir à cette phase, il faut obligatoirement passer par la rubrique Admision et cliquer sur "j'accède à la phase complémentaire", afin que vous puissiez accéder aux établissements et à leurs fiches de présentation. 

Pas de panique si vous n'obtenez pas une réponse immédiate. Les licences vont actualiser leurs effectifs au fur et à mesure, et répondre en continu tout au long de l'été. En revanche, les formations dites "sélectives" (classe prépa, sciences po, PACES, DUT et BTS...) suspendent leurs réponses dès le 17 juillet et jusqu'au 20 août inclus. Attention, les délais de réponse sont très serrés lors de cette phase. Pour une réponse reçue avant le 26 août, vous avez trois jours pour répondre à partir de la réception de la proposition, ce qui inclut le jour où la proposition vous est faite, revenant à une réponse obligatoire à J+2. En revanche, pour les réponses arrivées après le 26 août, vous ne disposerez que d'une seule journée. Il est donc conseillé d'aller vérifier très régulièrement son dossier parcoursup. 

Solliciter la commission d’accès à l’enseignement supérieur (CAES)

Selon le ministère, déjà 4 979 bacheliers ont demandé l’accompagnement de la CAES de leur académie. Ces comités réunissent des membres de l'enseignement secondaire et supérieur, des membres du Crous ainsi que les partenaires territoriaux en charge de l'orientation et de l'insertion. Ils promettent un accompagnement personnalisé, en particulier aux élèves qui ont fait des voeux uniquement dans des filières sélectives, et qui n'ont pas été retenus. Le but est de proposer à l'étudiant des débouchés de formation, en se rapprochant au mieux de son projet initial. 

Si vous n'avez pas déjà été démarché par la CAES de votre académie, vous pouvez aussi la contacter directement depuis le 2 juillet en cliquant sur "je sollicite la CAES", qui apparaît dans votre dossier parcoursup. "Cet accompagnement plus humain est maintenu jusqu’à mi-octobre pour l’ensemble des candidats", vante le ministère. Soyez attentifs une fois le processus lancé : si vous allez être directement en contact avec la CAES dans un premier temps, ses propositions seront faites directement dans le dossier, comme dans le processus classique. Le délai de réponse est également le même. 

Vous faire expliquer ou contester votre refus

La loi autorise les étudiants recalés par manque de place à solliciter des explications sur leur mauvais classement, comme le précise l'article D612-1-14 du code de l'éducation : "Les informations relatives aux critères et modalités d'examen de leur candidature ainsi que les motifs pédagogiques qui justifient la décision prise sont communiqués par le chef d'établissement aux candidats qui lui en font la demande dans le délai d'un mois qui suit la notification de la décision de refus."

Pour contester ensuite cette décision, votre première arme est le recours gracieux, c'est-à-dire "un recours à destination de l’établissement d’enseignement supérieur souhaité, par lequel le/la candidat·e·s refusé·e peut argumenter sur les motifs de son refus et demander une réévaluation de son dossier", comme l'explique l'UNEF, qui propose tout un dispositif au service des futurs étudiants.

Selon l'établissement, la procédure varie, certains préférant la voie postale, d'autre une procédure en ligne. Le site l'Etudiant recommande donc d'assurer ses arrières. "Vous devez envoyer une lettre recommandée adressée au chef d'établissement avec une copie par mail en citant l'article D 612–1–14 du code de l'éducation et en demandant à être inscrit dans la formation".

Les réponses sont parfois vagues, pourtant le droit oblige les établissements à motiver leur choix. Si vous estimez que vous avez été refusé.e pour des motifs illégaux tels que votre genre, votre origine sociale ou territoriale ou encore votre couleur de peau, vous pouvez porter votre cas devant là Justice. Pour contester un refus, il vous appartient de demander une annulation de cette décision auprès du tribunal administratif, ou de faire une demande de référé-suspension, une procédure habituellement plus rapide, mais qui peut être jugée non-recevable. 

Rechercher une formation hors de parcoursup

Il y a encore une possibilité : celle de considérer des formations qui ne passent tout simplement pas par Parcoursup, et qui acceptent encore des inscriptions, pour certaines jusque début septembre. Le réseau des Grandes Ecoles Spécialisées, par exemple, propose des diplômes reconnus par l'Etat dans divers domaines, comme la mode, la photo ou l'informatique.

Certaines écoles d'ingénieurs, de journalisme, ou de commerce mais aussi des CFA (métiers de l'artisanat, du BTP...) se sont également extirpés du programme Parcoursup, comme ESMOD, l'école de stylisme de Roubaix, mondialement réputée. N'hésitez pas à vous renseigner sur les sites spécialisés ou auprès de professionnels de l'orientation : l'avenir ne s'arrête pas à Parcoursup ! 

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