Tropicalia : des membres d'Extinction Rebellion plantent un potager sur le site de construction de la serre géante

Des membres d'Extinction Rebellion ont planté un potager, ce mardi 30 juin, sur le terrain où doit être bâti Tropicalia, la plus grande serre au monde. Les concepteurs du projet dénoncent "une prise d'otage".

Une vingtaine de membres d'Extinction Rebellion ont planté, ce mardi 30 juin, un potager sur ce qui doit devenir site de construction de Tropicalia, près de Berck, dans le Pas-de-Calais.
Une vingtaine de membres d'Extinction Rebellion ont planté, ce mardi 30 juin, un potager sur ce qui doit devenir site de construction de Tropicalia, près de Berck, dans le Pas-de-Calais. © DR - Extinction Rebellion
L'opposition au projet Tropicalia monte en pression. Ce mardi 30 juin, une quinzane de membres d'Extinction Rebellion, un mouvement écologiste et de désobéissance civile, a fait irruption sur le terrain encore vierge du projet, situé dans les communes de Rang-du-Fliers et de Verton, près de Berck, dans le Pas-de-Calais. Quelques instants plus tard, les activistes, pioches en main, ont planté un potager en lieu et place de ce qui doit devenir la plus grande serre au monde.

"Nous voulions mettre en évidence un chantier pharaonique et inutile dans une intercommunalité qui rencontre de nombreux problèmes. La communauté de communes CA2BM a notamment financé ce projet à hauteur de 500 000 euros. C'est de l'argent public qui pourrait servir ailleurs", explique Laurent d'Extinction Rebellion, présent sur les lieux de l'action.

Selon le mouvement de désobéissance civile, la crise du coronavirus a montré la nécessité de multiplier les initiatives d'agriculture locale et responsable : "Nous aimerions que les citoyens prennent possession de cette terre pour des jardins collectifs au lieu de voir bâtir ce projet inutile."

Une action sans accroc

Le collectif "Non à Tropicalia" s'est félicité d'une "action solidaire et non-violente". Jean-Michel Jedraszak, un des portes-paroles du collectif et également président de l'association AIVES (Association intervillage pour un environnement sain) s'est réjoui de cette action pacifique : "Cela n'a fait de mal à personne. C'est une action qui fait parler d'elle et tant mieux. Davantage de personnes devraient s'intéresser à ce projet. On ne peut que regretter l'absence d'une enquête publique qui aurait pu sensibiliser la population."
 
Le président d'association redoute, notamment, une "artificialisation et une bétonisation des terres".L'action a été menée sans aucun débordement. La police et les gendarmes étaient présents sur place : "Il y a eu un rapport tendu avec les forces de l'ordre, puis nous avons expliqué notre démarche et tout s'est bien déroulé", rapporte Laurent d'Extinction Rebellion.

"C'est du terrorisme juridique"

Quelques jours plus tôt, c'était au tour du collectif "Les Ebouriffés" de se dresser face à ce projet touristique qui doit s'étendre sur près de 9 hectares. Mercredi 24 juin, ils avaient recouvert le permis de construire, affiché en bordure de terrain, d'un drap blanc. Etait marqué dessus : "Ici prochainement, Tropicazad".
  Nicolas Fourcroy, cofondateur de Tropicalia, regrette cette dernière intrusion sur la zone d'aménagement concerté (ZAC) : "Je ne peux que constater l'occupation illégale d'un territoire de la part d'une association qui n'est même pas constituée légalement." Pour ce juriste, cette dernière action servirait, avant tout, les intérêts d'Extinction Rebellion : 
 

C'est ce que j'appelle de 'l'écologisme'. Cette association utilise ce projet pour faire parler d'elle, faire sa propre publicité. Mais, elle se fout d'empêcher des entreprises de travailler dans un contexte économique difficile.

Nicolas Fourcroy, cofondateur de Tropicalia

Il dénonce notamment une "prise d'otage du territoire" et un "terrorisme juridique". En mars dernier, Le Groupement de défense de l’environnement dans l’arrondissement de Montreuil (GDEAM) avait notamment déposé un recours devant le Tribunal administratif de Lille, contre le permis de construire. Ce recours n'était pas suspensif et un permis de construire avait été finalement accordé au projet.

Le coût des travaux devrait avoisiner les 50 millions d'euros, selon Nicolas Fourcroy.
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