Bridgestone Béthune : Agnès Pannier-Runacher et Xavier Bertrand pointent le manque d'efforts du groupe japonais

Pour la ministre déléguée chargée de l'Industrie, "le compte n'y est pas".

© ERIC PIERMONT / AFP
La ministre déléguée chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher a indiqué mercredi qu'il fallait être "exigeants" avec Bridgestone sur l'avenir de son site de Béthune, jugeant qu'"aujourd'hui, le compte n'y est pas".

Recherche de repreneurs potentiels

Le fabricant japonais doit "accélérer le recherche de repreneurs", "améliorer le plan" de départ des 863 salariés, et "aider à la reprise quel que soit le repreneur", a détaillé la ministre devant les sénateurs lors d'une séance de questions au gouvernement.  

"Nous aurons un observateur dans les négociations à venir à partir de demain (...) Nous travaillons également avec Business France pour contacter nous-même des repreneurs potentiels", a poursuivi Agnès Pannier-Runacher. 

Deux sénatrices du Pas-de-Calais, Cathy Apourceau-Poly (PCF) et Sabine Van Heghe (socialiste), lui ont demandé si l'Etat allait forcer Bridgestone à rembourser les aides publiques touchées pour le site, ou à le céder pour un euro symbolique. 

Sans répondre directement à ces propositions, la ministre a confirmé que "des années de sous-investissement dans l'usine" expliquaient la situation du site de Béthune. "J'aurais préféré prendre la situation il y a 5 ans, là on aurait pu faire quelque chose comme ça a été le cas à Bari", une usine italienne où Bridgestone est resté et a investi.

Si demain on trouve des repreneurs, ils n’ont pas intérêt à nous mettre des bâtons dans les roues

Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France

Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, a également déploré le manque d'investissement de la part de l'entreprise. "Aujourd’hui, Bridgestone met 120 millions d’euros sur la table sur l’ensemble des salariés pour revitaliser le site. Ce chiffre, il peut sembler important de l’extérieur, il est ridicule par rapport aux capacités financières de Bridgestone", a-t-il déploré au 19/20 de France 3 Nord Pas-de-Calais, le 17 novembre.  "En juin, il y a zéro emplois sur ce site. Parler d’impuissance des politiques ? Alors je vous donne rendez-vous. Est-ce qu’à l’arrivée, il y aura plus que 120 millions pour les salariés et pour la revitalisation et est ce qu’il y aura zéro emploi sur le site ou est ce qu’on aura des repreneurs d’activité et à nouveau des emplois ? À ce moment, on verra si ça sert à quelque chose de se battre", a ajouté l'homme politique.

"Si Bridgestone ne veut pas faire plus, alors je demanderai à l’état de ne pas valider le plan social et dans ces cas là, ça va coûter plus cher à Bridgestone et ça va leur prendre plus de temps", menace-t-il.  "Si demain on trouve des repreneurs, ils n’ont pas intérêt à nous mettre des bâtons dans les roues."

Bridgestone avait brutalement annoncé mi-septembre la fermeture de son usine de Béthune. Il a depuis rejeté le scénario proposé par le gouvernement, visant à investir sur ce site pour le transformer en usine de production de pneus de qualité supérieure à ceux de petit calibre manufacturés jusqu'alors.

Selon l'intersyndicale, le gouvernement a évoqué jeudi 12 novembre l'intérêt de quatre industriels du pneu (un chinois, un turc et deux indiens) pour une reprise partielle du site.
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