Bridgestone : les cinq mois de négociation du PSE débuteront le 6 octobre

Alors que la direction et les salariés ont signé un accord de méthode, qui ouvre la voie à cinq mois de négociation du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), la première réunion se déroulera le 6 octobre. Près de trois semaines après l'annonce de la fermeture du site.
Des salariés de Bridgestone devant l'usine de Béthune, après l'annonce de la fermeture le 17 septembre.
Des salariés de Bridgestone devant l'usine de Béthune, après l'annonce de la fermeture le 17 septembre. © Claire Mesureur - MaxPPP
Après le choc, les négociations. Plus de deux semaines après l’annonce du fabricant de pneu japonais Bridgestone de fermer son usine à Béthune, le volet des négociations s’ouvrira le 6 octobre, avec la première des dix réunions de négociations.

"Cette date fixe le point de départ de nos discussions, qui dureront cinq mois, comme nous l’avons négocié", après la signature d’un accord de méthode entre la direction du groupe et les salariés de l’usine à Béthune, explique l’intersyndicale au sortir de la première réunion du comité sociale et économique de l’entreprise, jeudi.

 

"Le rendez-vous de nos hauts-dirigeants avec les politiques sera un tournant dans l’avenir de notre usine, car seul un investissement massif pourrait nous donner une lueur d’espoir"

L'intersyndicale de Bridgestone



La première réunion de négociation du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) doit fixer le cap pour les 863 emplois menacés, alors que Bridgestone a annoncé la "cessation définitive" de l’activité de son seul site français à l’horizon 2021. Elle met fin à une période d’incertitudes où le choc a laissé place aux réactions politiques et à l’organisation.

En début de semaine, plusieurs délégués syndicaux ont rencontré à Rome les dirigeants européens de l’entreprise. Et réclamé un investissement massif : "Le rendez-vous de nos hauts-dirigeants avec les politiques sera un tournant dans l’avenir de notre usine, car seul un investissement massif pourrait nous donner une lueur d’espoir."

Au-delà du début des négociations avec la direction, une nouvelle rencontre avec le gouvernement est prévue d’ici deux semaines : ce vendredi, l’intersyndicale rencontrera d’ailleurs le cabinet missionné par l’Etat pour trouver des scénarios alternatifs à une fermeture - la ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, en visite à Béthune le 21 septembre, avait déclaré que les dirigeants de Bridgestone avaient dit "examiner un certain nombre de scénarios", que le gouvernement entendait "contre-expertiser".
 

L'intersyndicale envisage trois scénarios

 
Et alors que les négociations vont s’ouvrir, quelles sont les options qui pourraient éviter la fermeture de l’usine et un plan social ? L’intersyndicale a fixé un "plan de bataille" pour "préserver un maximum d’emplois".

La volonté première passe par un sauvetage de l’usine "en obtenant de l’investissement" et en évitant au maximum les suppressions de poste, comme à Bari, où une usine Bridgestone, qui devait fermer en 2013, a été sauvée au moyen d’un investissement avec le soutien de l’Etat et d’une réduction des effectifs.
 
Option 2 : "participer aux discussions d’un éventuel repreneur, et limiter au maximum les suppressions de poste". La troisième option prévoit un accompagnement des "salariés dans le cadre de la fermeture de l’usine".
 



Les dates clés depuis l'annonce de la fermeture du site

 Le choc a été soudain. Le 16 septembre, le fabricant de pneu japonais Bridgestone annonce la fermeture de son usine à Béthune, la seule en France, à l'horizon 2021. Les 863 salariés sont sous le choc, le gouvernement et les élus locaux dénoncent une "trahison".
 Cinq jours après l’annonce du manufacturier japonais, le gouvernement débarque à Béthune pour faire pression sur Bridgestone. La ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher et la ministre du Travail Elisabeth Borne participent à une réunion de crise avec la direction du groupe, des élus locaux et des représentants de salariés.

"Nous réunirons l'ensemble des parties prenantes d'ici deux à trois semaine d'une manière aussi physique que possible pour revoir les différents scénarios mais également soumettre des scénarios alternatifs à une fermeture de site", explique la ministre déléguée à l’Industrie. Une réponse qui survient après le communiqué de Bridgestone, qui annonce que la fermeture du site est la seule option.
 Plusieurs salariés syndiqués ont rendez-vous à Rome. L’objectif ? Participer à une réunion du comité européen où ils rencontrent la direction de Bridgestone, au cours d’une réunion où est présenté le projet "de cessation définitive d’activité de la société Bridgestone France SAS".
 Pour dire non à la fermeture du site de Bridgestone Béthune, une marche de soutien sera organisée à Béthune, le dimanche 4 octobre à 9h30.La ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, réunira les élus et les organisations syndicales pour faire le point.
 
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