Apprentis et alternants disposent d'un lieu unique pour les aider dans la vie quotidienne : la MALCO de Boulogne-sur-Mer

Créée en 2017, la Maison des Apprentis du Littoral et de la Côte d'Opale, c'est une association qui propose gratuitement d'aider durant toute leur scolarité les apprentis et alternants. Un accompagnement pour résoudre des problèmes de logement, de mobilité ou encore de santé.

Dès l'entrée de cette grande maison du centre-ville de Boulogne-sur-Mer, on trouve des trottinettes, des scooters, des ordinateurs et même un distributeur de produits alimentaires bio. Pourtant nous ne sommes pas ici dans une épicerie ni dans un garage, mais bien dans un centre d'accueil destinés aux jeunes apprentis et alternants. 

Un lieu de vie pour accompagner au quotidien

La Maison des Apprentis du Littoral de la Côte d'opale, la MALCO à Boulogne--sur-Mer dans le Pas-de-Calais, c'est un lieu de vie, où les jeunes peuvent trouver aides administratives, alimentaires ou encore médicales, pour faciliter leurs études.

Fanny Gareneau, 30 ans, étudiante en alternance et jeune mère célibataire ne dispose que d'un budget très serré pour son quotidien. Depuis quelques semaines, elle peut trouver dans les locaux de la MALCO des produits alimentaires à prix coûtants.

"Trouver des produits en vrac et bio à des prix intéressants, c'est hyper rare" précise Fanny. "Aujourd'hui je viens pour acheter des pâtes et du riz. J'en ai pour à peine 1 euro !"

À 16, 18 ou 20 ans, ce n'est pas toujours simple de gérer ses charges au quotidien quand on gagne moins que le SMIC et que votre contrat d'apprentissage vous éloigne du domicile de vos parents.

Lucas Caboche, 21 ans, est apprenti mécanicien automobile. Il a trouvé un logement proche de son centre de formation à Saint-Martin-Boulogne.

Aider par la MALCO pour obtenir une caution, il attend aujourd'hui des APL mais ce sont ses factures qui arrivent plus vite que les aides au Logement. 

"Aujourd'hui, j'ai presque 1 000 euros de factures d'électricité" explique Lucas. "Financièrement c'est difficile. J'aimerai pouvoir obtenir des aides directes mais on me réclame des documents que je ne retrouve pas."

Alors, pour trouver des solutions, il est venu rencontrer Giovanni Fratinni, Directeur et Fondateur de la MALCO qui lui promet l'aide de son équipe.

"On va essayer de débloquer tout cela, de monter un dossier d'aide auprès du Département, auprès de la Région aussi puis de joindre nos contacts à la Caisse d'Allocations Familiales."

La Malco, une sorte de CROUS pour les apprentis

Construit sur le modèle des Universités, comme le CROUS, le Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires, la MALCO c'est une idée qui a germé il y 5 ans dans la tête de Giovanni Fratinni : "J'ai travaillé plusieurs années pour la Chambre des Métiers et de l'Artisanat. Je m'occupais d'un point écoute en charge de l'accompagnement social des apprentis. Je voyais qu'il fallait régulièrement rechercher des interlocuteurs en dehors des Centres de Formation pour les aider et je me suis rappelé de l'accompagnement dont j'ai bénéficié étudiant durant mes études."

Aujourd'hui la MALCO, c'est plus de 1 000 jeunes apprentis et alternants adhérents qui bénéficient gratuitement d'un soutien dans tous les domaines, une fierté pour Giovanni et son équipe : "Il y a en France une volonté d'orienter de plus en plus de jeunes vers l'Apprentissage avec le Plan de relance de l'Etat. Mais sans solution périphérique pour les accompagner alors c'est prendre le risque du décrochage scolaire ou celui de ne pas rassurer les parents qui ne vont pas envoyer leurs enfants en apprentissage et le risque d'isolement du jeune."

Rompre l'isolement des jeunes pour éviter le décrochage scolaire

Giovanni Fratinni

Rompre l'isolement, c'est aussi aller vers ces jeunes dans les établissements scolaires. C'est la mission d'Angèle Trouvé, elle-même alternante au sein de la MALCO. 

Avec ses collègues, elle installe régulièrement des villages santé au cœur des centres de formation des apprentis. "Ce qui préoccupe surtout les jeunes, c'est la question de la sécurité sociale et de la mutuelle" précise Angèle. "La Malco dispose d'une convention avec la CPAM. On va donc vérifier leurs droits, si il y a bien un médecin traitant dans la boucle, si le compte Ameli est activé enfin tous ce qui touche à la sécurité sociale pour réagir rapidement"

Ces "Villages Santé Apprentis" sont organisés sous forme de circuit où chaque partenaire va tenir un stand abordant une thématique spécifique comme l'addiction, le harcèlement, le diabète ou la sexualité. "Notre infirmière Candy va aussi pouvoir orienter les jeunes selon leurs besoins en terme de santé et les orienter vers un professionnel adapté" explique Angèle. 

Bientôt pouvoir héberger les apprentis pour de courtes durées ?

Questionner directement les apprentis et alternants dans leurs lieux de formation, une méthode efficace pour connaitre leurs besoins et affiner l'offre de la MALCO : "30 % des jeunes sont en demande d’un hébergement" constate Giovanni Fratinni. "Ils ne sont souvent présents que quelques semaines sur leur lieu de stage et il n’y a aucune structure pour les loger et sans internat ni relais familial, c'est souvent la galère, la débrouille ou l'auberge de jeunesse !"

Alors prochain objectif pour Giovanni : ouvrir un vrai centre d'hébergement en plein cœur de Boulogne-sur-Mer pour continuer à faire de l'apprentissage un véritable tremplin vers l'emploi des jeunes.