"On a besoin de main d’œuvre" : les boucheries de l’Oise peinent à recruter les jeunes malgré les avantages du métier

Le métier de boucher séduit peu les jeunes. Pourtant, les offres d’emploi sont nombreuses dans cette filière qui fait face à une hausse de la clientèle. Dans l’Oise, 40 postes sont à pourvoir en apprentissage.
Le secteur de la boucherie peine à recruter dans l'Oise.
Le secteur de la boucherie peine à recruter dans l'Oise. © FTV

Un métier artisanal et technique, une formation de qualité, toujours plus d’offres d’emploi mais pas assez de candidats. Le métier de boucher est peu prisé par les jeunes, malgré les avantages que présente la profession.

Pallier à la hausse de la clientèle

Avec la crise sanitaire, malgré une baisse globale de la consommation de viande, les boucheries ont vu leur clientèle à la hausse. D’après une note publiée en juin par l’Établissement national des produits de l’agriculture et de la mer, "les achats de viande par les ménages ont fait un bond, en lien avec la pandémie de Covid-19. Les viandes de boucherie (y compris jambons et charcuteries), fraîches et surgelées, ont enregistré une progression prononcée (+ 6,7 %), en rupture par rapport aux baisses des années précédentes".

Les différents confinements ont forcé les Français à cuisiner davantage chez eux. Et la tendance est aux produits locaux et de qualité. Une aubaine pour les bouchers qui font alors face à un véritable regain d’activités.

Les consommateurs sont retournés vers les produits locaux, vers les petits commerçants des centres-villes. Là, ça se calme un peu depuis trois mois, car les restaurants sont ouverts, mais au niveau national, les boucheries sont à plus 15 % de hausse du chiffre d’affaires.

Thierry Deshayes, président de la Chambre syndicale des bouchers charcutiers de l'Oise

Une hausse de fréquentation qui nécessite alors davantage de main d’œuvre. "Tous les mois, j’ai un maire qui m’appelle pour faire un marché. Il y a donc aussi une recrudescence des villes et villages qui recherchent à faire des marchés, mais nous, faute de personnel, on ne peut pas en faire plus", continue Thierry Deshayes.

Une filière qui souffre de son image

Si les boucheries peinent à recruter depuis déjà plusieurs années, c’est que le secteur souffre d’une image de métier difficile et peu reconnu. "Les artisans bouchers ont fait beaucoup d’efforts au niveau de l’emploi. C’est plus aussi dur qu’avant, les salaires sont motivants, la protection sociale est là, on n’est pas plus mal loti que certaines professions dans l’industrie. Un boucher avec dix ans de métier peut gagner entre 2000 € et 2500 € nets", vante Thierry Deshayes, "cette image de métier difficile elle date d'il y a 40 ans, maintenant, ce n'est plus le cas".

Malgré les avantages que présente la profession, dans le département de l’Oise, 40 postes en apprentissage sont à pourvoir avant la rentrée.

Revaloriser le métier auprès des jeunes

Alors, pour casser cette mauvaise image et pour convaincre les jeunes de se lancer dans la boucherie, la région Hauts-de-France prévoit de présenter cette filière dans les écoles dès la rentrée prochaine.

Ça permettra de revaloriser et de représenter notre métier. On veut rencontrer les jeunes, mais on aimerait que les parents viennent aussi, car souvent, ils ne veulent pas que leurs enfants plongent dans la vie active à 16 ans.

Thierry Deshayes, président de la Chambre syndicale des bouchers charcutiers de l'Oise

En terme de formation, pour être boucher, une formation de deux ans en CAP est nécessaire. "On a des antennes partout en Picardie, il y a un maillage du territoire très complet". Un CAP qui peut mener à un brevet puis jusqu’à la licence. De quoi rassurer les parents et bien se former. "Un jeune qui débute et qui met 10 ans pour avoir un vrai niveau, peut acquérir une boucherie et vraiment s’élever professionnellement", conclut Thierry Deshayes.

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