"Le combat continue" : au Cap Gris-Nez, visite surprise de la ministre de la Mer aux pêcheurs du Boulonnais dépourvus de licence

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Écrit par Martin Vanlaton
La ministre de la Mer, Annick Girardin, face aux pêcheurs du Boulonnais dimanche 21 novembre au CROSS Gris-Nez.
La ministre de la Mer, Annick Girardin, face aux pêcheurs du Boulonnais dimanche 21 novembre au CROSS Gris-Nez. © Bruno Espalieu / FTV

Pas d’élus, pas de représentant de l’État. Rien que les pêcheurs et leur ministre. C’est Annick Girardin qui l’a souhaité ainsi. Un huis clos franc et direct, dans un lieu dédié à la mer : le CROSS Gris-Nez. L’objectif : réaffirmer le soutien du gouvernement dans le bras de fer avec les anglais concernant les licences de pêche, et éteindre le feu de la polémique sur le plan de sortie de flotte.

Annick Girardin, ministre de la Mer, est venue rendre visite aux pêcheurs des Hauts-de-France dans un lieu qui n’a pas été choisi au hasard : le CROSS Gris-Nez, centre de surveillance et de secours, situé à Audinghen sur la côte d’Opale. Pas d’élus – certains comme le sénateur LR du Pas-de-Calais Jean-François Rapin l’ont d’ailleurs bien fait remarquer sur les réseaux sociaux -, pas de préfet.

Une visite surprise décidée en urgence et annoncée aux journalistes ce dimanche 21 novembre à l’aube. Les pêcheurs des Hauts-de-France face à leur ministre de tutelle. Un face à face qui s’inscrit dans un climat tendu. L’objectif : éteindre le feu. Non, le gouvernement ne laissera pas tomber les pêcheurs, a répété à plusieurs reprises la ministre. Oui, le combat continue dans le bras de fer entamé avec les Anglais.

Une cinquantaine de licences toujours pas délivrées sur la Côte d'Opale

Selon la ministre, la France a obtenu un peu moins d’un millier de licences depuis le 1er janvier 2021, mais il en manque toujours 150, dont un tiers pour les Hauts-de-France. Au port de Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche français, ils sont 52 à attendre cette fameuse licence pour se rendre de nouveau dans les eaux anglaises, réputées plus poissonneuses, depuis l’entrée en vigueur du Brexit.  

"Nous nous battons au quotidien pour ces bateaux, pour ces licences et on ne lâchera rien du tout". Annick Girardin, ministre de la Mer. "Pour une fois, elle a donné la parole aux pêcheurs. Chacun a pu s’exprimer, notamment les cas particuliers", s’est réjoui Olivier Leprêtre, patron des pêcheurs de la région.

Ce qu’a confirmé Annick Girardin à la sortie de la réunion en prenant l’exemple très concret d’un pêcheur boulonnais présent ce jour. « Cette famille navigue depuis plus de 40 ans. En 2015, le bateau est obligé d’être sorti de l’eau pour être mis aux normes. Les Anglais disent : « il est sorti en 2015, il ne peut pas prouver qu’il était dans les eaux en 2015 donc ce dossier n’est pas recevable, c’est inadmissible ! L’interprétation que font les Anglais de nos dossiers est inadmissible ».

Imbroglio autour du plan de sortie de flotte

Il y a quelques semaines, la France menaçait Londres de mesures de rétorsion si les autorités britanniques ne délivraient pas de licences supplémentaires aux pêcheurs français. Jeudi 18 novembre, la ministre de la Mer annonçait un plan de sortie de flotte pour les navires qui se retrouvent sans licence, comprendre des indemnisations pour ceux qui ne pourront plus se rendre en mer. Une enveloppe de 40 à 60 millions d’euros pour les patrons qui souhaitent arrêter.  

Un camouflet pour certains, un aveu d’échec dans le bras de fer engagé avec le Royaume-Uni pour d’autres… "Ils ont aujourd'hui compris qu’elle était ma position et à nouveau compris que la ministre de la Mer était à leurs côtés", a tenu à préciser Annick Girardin ce dimanche. "Elle a remis l’église au milieu du village", a déclaré pour sa part Olivier Leprêtre.

Xavier Bertrand, président LR de région et candidat à la présidentielle n’avait pas hésité à interpeller Emmanuel Macron lors de sa visite dans le Nord il y a deux jours. Réponse du président de la République : "nous allons continuer à nous battre, nous ne lâcherons pas nos pêcheurs". Et d’ajouter : "avant Noël, la France aura pris une position". 

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