Reinold Delattre, président de l'US Boulogne : "Je ne vois vraiment pas pourquoi on ne pourrait pas jouer ce barrage"

L’Union sportive de Boulogne Côte d’Opale (USBCO) rêve de jouer en ligue 2. Un rêve qui s'est éloigné suite à la décision de la FFF de ne pas faire passer la ligue 2 à 22 clubs la saison prochaine. Désormais, l'USBCO s’accroche à l’espoir d’un barrage très hypothétique.

Le président de l'USBCO, Reinold Delattre, reste optimiste.
Le président de l'USBCO, Reinold Delattre, reste optimiste. © France 3 Hauts-de-France
Quelques heures après l’annonce par la FFF de "réformer la décision de l’Assemblée Générale de la Ligue de Football Professionnel en date du 20 mai 2020 adoptant un nouveau format de championnat de Ligue 2 à 22 clubs, sans descente, pour la saison 2020-2021", l’USBCO a à son tour réagi par communiqué.
Malgré cette décision qui ne laissait guère d’espoir pour une montée, l’USBCO annonçait donc son intention de poursuivre le combat. D’où la conférence de presse organisée en fin de matinée jeudi 28 mai au centre d’entraînement de la Waroquerie. Reinold Delattre, président du club,  a clairement exposé sa nouvelle stratégie, qui est en fait l’ancienne, puisqu’il prône toujours un barrage entre le 18è de ligue 2 (Niort), et le 3è de championnat National 1 (Boulogne). Ce que stipule le règlement de la compétition. Mais ça, c’était dans la vie d’avant…

"Depuis le début, nous demandons à jouer les barrages, en vertu de la cohérence et de l’équité sportive… Nous sommes en cohérence avec les règlements, avec l’équité sportive, avec les règles sanitaires qui se mettent en place. On parle de jouer les finales de la Coupe de France et de la Coupe de la Ligue, et des matches de Coupe d’Europe en août. Je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas jouer ce barrage. Ce serait en cohérence aussi avec le plaisir que ce match peut apporter aux supporters et avec la réalité économique. Je ne vois vraiment pas pourquoi on ne pourrait pas jouer ce barrage", argumente ainsi le président boulonnais.
 

Pas de recours envisagé 


Ce barrage semble bien aléatoire car la LFP les a déjà annulé pour l’échelon L1-L2, choix conforté par le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) lundi. Comment pourrait-il en être autrement pour l’échelon L2- National 1, si l’on applique ce même principe de cohérence entre les championnats, voulu par Noël Le Graët ? 

Là-dessus, Reinold Delattre rétorque qu’à ce jour, aucune décision n’a été annoncée sur la tenue d’un barrage entre le 18è de ligue 2 et le 3è de National 1. C’est d’ailleurs cette absence de réponse qui le gêne. "C’est la cohérence de la rapidité qui me chagrine le plus. Depuis le 16 avril, date à laquelle les championnats ont été définitivement arrêtés pour permettre aux clubs de se préparer et d’affronter le tsunami qui s’annonce, on attend. Pourquoi attendre aussi longtemps pour prendre une décision ?" Le patron de l’USBCO affirme avoir multiplié les courriers et les coups de téléphone pour avoir une réponse sur le maintien du barrage. Sans succès…

"Nous voulons maintenant une réponse rapide." Malgré le temps qui passe et qui diminue chaque jour l’espoir d’une réponse favorable, Reinold Delattre se veut résolument optimiste : "je serais très déçu si nous restions en National. Mais ils vont dire oui. C’est tellement cohérent de dire oui que je ne vois pas comment ils peuvent dire autrement…" De toute façon, l’USBCO n’envisage aucun recours juridique pour le moment. "On ne peut pas faire un recours contre rien !"
 

 Plan A et plan B


Conscient de cette incertitude, Reinold Delattre a quand même déclaré que les dirigeants ont préparé un plan A et un plan B. "Nous sommes prêts à attaquer la saison en ligue 2 avec les joueurs en conséquence et on est prêts rester en National ; si c’était le cas on ferait avec." Dans le premier cas : "on est prêts à aller en ligue 2. Le stade a été rénové, nous sommes aux normes partout. Les collaborateurs ont la compétence, l’entraîneur a la compétence, nous avons travaillé sur le profil des joueurs. Nous sommes prêts à aller en ligue sans difficulté… Avec beaucoup d’efforts, mais nous sommes prêts."

Et dans le 2ème cas ? "Ce sera un combat économique terrible…" Le budget va forcément varier entre les deux divisions. Il y a un écart estimé entre 4 et 5 millions d’euros entre le National et la ligue 2. Des échanges ont déjà eu lieu entre l’effectif actuel et les dirigeants. Des échanges positifs car le staff souhaite conserver une majorité de joueurs. Mais il faut une décision rapide sur la reprise de la saison.
 
Si l’USBCO joue le barrage, l’entraînement reprendrait mi-juin, malgré le contexte sanitaire toujours incertain, ce que Reinold Delattre écarte d’un revers de main. "Aujourd’hui, toutes les entreprises ont repris. Les employés de la grande distribution, les chauffeurs-routiers n’ont pas arrêté. Si des joueurs en pleine forme et ayant envie de jouer, en plein air, ne peuvent pas reprendre, là franchement… Je crois même que dans de nombreux pays, tous les joueurs sont en train de reprendre… Aujourd’hui, on a tous envie d’aller courir. Moi, je suis prêt à aller courir avec les joueurs, les supporters aussi …", a conclu dans un sourire un président résolument optimiste, malgré les circonstances, et qui joue sa dernière carte sur le terrain de la communication.
 
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