"C'est comme dans un film" : une bombe de 500 kilos déminée à Calais, 1600 personnes évacuées ou confinées

Une bombe datant de la Seconde Guerre mondiale a été découverte sur un chantier de Fort Nieulay, quartier de Calais, début mai 2024. Une opération de déminage a été programmée ce lundi 20 mai, nécessitant l'évacuation ou le confinement de toute la zone habitée, soit 1600 personnes, jusqu'à 13 heures.

Au croisement de la rue du Caire et de la rue de Casablanca, le quartier de Fort Nieulay à Calais est affairé. Ce lundi 20 mai 2024, une équipe de déminage s'est rendue à l'ouest de la ville pour procéder à une opération d'envergure. En jeu : le déminage d'une bombe aérienne de 500 kilos, datant de la Seconde Guerre mondiale, découverte par surprise lors de travaux de terrassement début mai.

Autour, le silence règne. Un périmètre d'évacuation de 270m a été instauré : de 8 heures à 13 heures ce lundi, il est formellement interdit de franchir la zone. Les 1600 habitants de ce quartier résidentiel ont donc été évacués ou confinés chez leurs proches, ainsi qu'au Forum Gambetta. Briefés lors d'une réunion d'information, les résidents ont pu emprunter des navettes, qui les ont transportés vers la salle communale dès 7h15.

Jusqu'à la fin des opérations, la circulation est donc interdite sur de nombreux axes, notamment la rue de Verdun ou la route de Vimy, ainsi que sur l'ensemble de Fort Nieulay.

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Des drones pour surveiller la zone

Une PCO (Plateforme de coordination et d'orientation) a été activée à la sous-préfecture de Calais dès 6h30 ce matin pour assurer le relais entre les différentes équipes (mairie, police municipale, SAMU, service départemental d'incendie et de secours...), chapeautée par la sous-préfète Agathe Cury.

Depuis la sous-préfecture, les organisateurs s'assurent du bon déroulement des opérations à l'aide de drones, qui vont survoler le périmètre jusqu'à 13 heures, pour leur apporter des images aériennes de la zone surveillée.

"Ça nous permet de nous assurer que tout est bien évacué, que nous n'avons personne dans la rue qui cherche son chemin, en quel cas nous pourrions envoyer des personnes pour les orienter", explique Agathe Cury. "Et puis ça nous permet d'avoir une vue sur les opérations en cours."

D'autres bombes à découvrir ?

Tous les regards sont donc braqués sur Calais ce lundi : en plus des drones, une quarantaine d'effectifs de la collectivité et des services de l'État sont mobilisés sur le site, pour superviser la mission. Philippe Mignonet, adjoint à la mairie de Calais en charge des sécurités, est mobilisé auprès des habitants réfugiés au Forum Gambetta.

Selon lui, des obus sont retrouvés très régulièrement à Calais, comme sur toute la région, "mais il y a longtemps qu'on n'était pas tombés sur une bombe de cette taille". De mémoire d'élu, la Ville n'avait encore jamais dû confiner une zone aussi vaste et encore moins l'évacuer. Mais cette opération pourrait se répéter à l'avenir : "Il est dit par les services de déminage qu'il y a encore plusieurs décennies de bombes à découvrir", relate l'élu.

Il est dit par les services de déminage qu'il y a encore plusieurs décennies de bombes à découvrir

Philippe Mignonet, élu de Calais

Déjà, mercredi une nouvelle opération de déminage aura lieu sur la Côte d'Opale, à Wissant, pour un bloc de défense découvert sur la plage le 1er mai dernier. Pour prévenir l'intervention des plongeurs démineurs de la Marine nationale, plusieurs rues de la ville seront confinées et interdites au stationnement. L'opération pourrait s'étendre jusqu'à jeudi.

Une pensée pour les démineurs

"Cette évacuation c'est un peu comme si on était dans un film". Une matinée atypique pour les Calaisiens réfugiés au Forum Gambetta, qui attendent patiemment de pouvoir regagner leur foyer. Quelques dizaines de familles, jeunes couples, retraités et animaux de compagnie se côtoient dans cette salle des fêtes et créent une atmosphère chaleureuse... Même si certains sont déjà impatients de rentrer.

"Le programme pour nous ce matin ce sera attendre, malheureusement on n'a que ça à faire", relate Caroline, jeune maman déjà un peu lassée de ce huis clos. "Il y a des activités prévues pour les enfants, ça c'est chouette. Mais c'est vrai que j'espère que ça ne durera pas trop longtemps pour pouvoir retrouver notre vie normale."

Il y a des activités prévues pour les enfants ça c'est chouette. Mais c'est vrai que j'espère que ça ne durera pas trop longtemps pour pouvoir retrouver notre vie normale.

Caroline, habitante évacuée

D'autres prennent la situation avec plus de philosophie, profitant de ce temps de pause forcé pour passer du temps entre voisins. C'est par exemple le cas de Françoise* et de sa bande d'amis, qui rient à gorge déployée autour d'un café. "On a bien dormi cette nuit, c'est déjà pas mal. On suit le protocole mais bon on ne s'en fait pas plus que ça."

Comme la plupart des évacués, Françoise ne s'inquiète pas de son sort, mais plutôt de celui des démineurs. "C'est pour eux qu'on a une prière. C'est leur métier mais le risque zéro n'existe pas." Un point noir qui ne les empêche pas de passer un bon moment. Leur seul regret ? Avoir oublié leur jeu de cartes "pour jouer au bridge" jusqu'à 13 heures.

*Le prénom a été modifié

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