Dans le Calaisis, une “permanence mobile” pour sensibiliser autour des violences conjugales

A l'occasion de la semaine dédiée aux violences faites aux femmes, l'association La parenthèse se déplace dans le Calaisis. / © La parenthèse
A l'occasion de la semaine dédiée aux violences faites aux femmes, l'association La parenthèse se déplace dans le Calaisis. / © La parenthèse

Le 25 novembre, le gouvernement a annoncé une série de mesures dans le cadre du Grenelle sur les violences conjugales. Au niveau local, des communes proposent déjà des solutions concrètes aux victimes, comme à Calais ou "La Parenthèse" sillonne les routes pour sensibiliser les populations.

Par Camille Nowak

"Aller à la rencontre de celles qui n’osent pas franchir notre porte", c’est avant tout pour cela que l’association La Parenthèse, basée à Calais, a choisi d’organiser une permanence mobile, explique Valériane Villard, assistante sociale et coordinatrice.

A bord d’un camion 9 places, certains membres se déplacent dans différentes communes du Calaisis : Calais, Audruicq, Oye-Plage ou encore Guînes, durant toute la semaine. "C’était important de sortir de nos murs et d’aller aussi dans les campagnes, là où certaines femmes ne peuvent pas se déplacer", ajoute Valériane.
 


Sensibiliser la population 

Mais c’est aussi pour sensibiliser autour de cette problématique que l’association a fait le choix de parcourir les routes."Notre objectif c’est aussi d’aller à la rencontre des citoyens et les amener à réfléchir sur leur propre relation", raconte l’assistante sociale. Grâce à différents outils, le personnel de l’association invite à se questionner sur son couple. C'est notamment le cas du violentomètre, un outil qui permet de mesurer sa relation amoureuse. 

 

Présenté sous forme de règle, le violentomètre rappelle ainsi ce qui relève ou non des violences à travers une gradation colorée.
Présenté sous forme de règle, le violentomètre rappelle ainsi ce qui relève ou non des violences à travers une gradation colorée.


Créée en 2017, l'association a accueilli depuis 278 personnes. C'est la première année qu'elle effectue cette tournée, et les premiers retours de l'association sont très positifs selon Valériane Villard, "notre action a permis à de nombreuses femmes de se libérer". 

 


Elle reconnaît également que le Grenelle national sur les violences conjugales a tout de même contribué à cette libération de la parole des femmes. Par ailleurs le Pas-de-Calais avait lui organisé, cette année son propre Grenelle afin de discuter autour de quatre thématique : 

  • l’amélioration de la prise en charge des victimes
  • l’articulation des professionnels
  • l’identification de mesures complémentaires dans la responsabilisation des auteurs
  • la définition de l’accompagnement des enfants victimes des violences conjugales.
 

 


A cette occasion, plus de 500 propositions ont été formulées et 43 fiches de restitution ont été construites.

L'association doit parcourir le Calaisis jusqu'à la fin de la semaine. Vendredi 29 novembre, la permanence mobile se tiendra de 8h à 12h au marché de Guînes et de 13h30 à 15h sur le parking du supermarché Carrefour Market de Bois-en-Andres. Enfin samedi 30 novembre, elle sera au marché de Oye-Plage le matin et dans la cour du Channel à Calais de 15h à 17h.
 

Conserver le lien familial


Mais à Calais, d'autres organismes oeuvrent pour accompagner ces femmes victimes de violence. C'est le cas de l'association Point d'Union Familiale qui s'occupe elle de conserver le lien familial. "Maintenir le lien entre les enfants et les parents reste primordial", explique Medhi Masset, coordinateur et éducateur spécialisé au sein de l’association. Cette association a pour mission d’accueillir les parents bénéficiant d’un droit de visite sur ordonnance du Juge aux Affaires Familiales, dans un lieu neutre et protégé. 

Cet espace de rencontre met à disposition différents espaces : salle fratrie, salle pitchoun, cuisine…

 


Accompagnés d’éducateurs, les parents peuvent en général passer une heure avec leur enfant tous les quinze jours. Mais, "pour les femmes victimes de violences conjugales c’est très difficile à gérer, explique Medhi Masset, elles sont en souffrance alors laisser leur enfant, c’est souvent un crève-cœur".


Il ajoute, "on a le cas d’une maman qui a été victime de violences pendant 4 mois, ça fait maintenant deux ans qu’elle est séparée de son conjoint mais pour autant elle a du mal à accepter que la relation entre sa petite fille, âgée de deux ans, et le papa se fasse. Elle a peur que la violence qu’elle a subit se répercute sur sa fille", confie l'éducateur.
 

Des visites encadrées


Malgré tout, chaque visite s’effectue en compagnie d’un éducateur, l’objectif est d’assurer une sécurité à l’enfant mais également pour donner un cadre aux parents. "Les parents que l’on reçoit sont parents qu’une heure tous les quinze jours, alors forcément ils ne savent pas comment agir avec leur enfant, on est là aussi pour les aider sur ce point", ajoute Medhi Masset. 
 


Passionné et très investi dans cette association, Medhi œuvre quotidiennement pour permettre aux parents de prendre un nouveau départ : "on est aujourd’hui la seule structure dans tout le Calaisis à assurer le lien entre parents et enfants, or c’est primordial pour l’équilibre de l’enfant".  

 

Sur le même sujet

Les + Lus