Coronavirus. À Calais, l'artiste urbain Vyrüs dépose certaines de ses toiles dans les rues de sa ville

La crise sanitaire du Covid-19 n'a pas épargné le monde de la culture, rapidement touché par les mesures de confinement. À Calais, Nicolas Flahaut, artiste graffeur plus connu sous le nom de Vyrüs, offre depuis quelques semaines des oeuvres à ceux qui les trouveront.

Une toile de l'artiste graffeur VYRÜS découverte par un habitant de Calais (62)
Une toile de l'artiste graffeur VYRÜS découverte par un habitant de Calais (62) © VYRÜS
L’artiste Vyrüs, Nicolas Flahaut de son vrai nom, est connu pour avoir réalisé plusieurs fresques, à Calais mais aussi dans le monde entier. Depuis plusieurs semaines, il offre réguliérement des toiles, qu'il a déposé comme un trésor, dans les rues de sa ville natale.

Un cadeau pour le passant


Une façon pour lui, de remettre un peu d'art et de couleurs dans le quotidien des habitants et de revenir à la source de son travail, l'art éphémère. " L'idée m'est venue simplement parceque je vidais mon atelier et que de vieilles toiles encadrées trainées. Je ne voulais pas jeter la plus grande (150 x 100) alors je lui ai remis un peu de couleurs et je l'ai exposée dans ma rue comme un cadeau offert aux passants. "

Succés garanti, la toile trouve preneur et rapidement les réactions sur sa page Facebook se multiplient. " Les habitants se sont donnés le mot. Réguliérement maintenant, je dispose de petites toiles peintes, dans les rues de la ville. Je la prend en photo et je la publie sur ma page facebook ,un indice pour les amateurs. Trés souvent en moins de 5 minutes, la toile est partie. "

 


La magie des réseaux sociaux

A chaque dépôt, Vyrüs rappelle les consignes, une attestation de déplacement, des mesures de précautions sanitaires. " Le plaisir d'offrir et de continuer à travailler pour les habitants de ma ville sont primordials pour moi en tant qu'artiste mais la santé et la lutte contre l'épidémie le sont tout autant. " C'est  trés souvent lors de ses déplacements professionnels, qu'il dépose cette oeuvre, prenant soin de faire une petite photo indicative ...


 

Car le graffeur calaisien est avant tout sapeur-pompier. Il enchaîne depuis le début de la crise sanitaire les gardes de 24 heures avec ses collégues de Marck, prés de Calais. Des conditions de travail rendues trés difficiles par les effectifs réduits et le manque d'équipements de protection. 

" Je suis confronté tous les jours avec la santé des gens dans le boulot, je n’ai pas envie de m’en amuser. Ce n'est pas la situation qui m'inspire mais bien l'envie de faire partager ma passion. Et puis du coup, ça m'aide aussi à payer les factures. Parceque mes projets artistiques sont à l'arrêt depuis le début du confinement et les commandes aussi mais mes charges, mes crédits sont restés les même... 

 

Et oui, bonne surprise. Grâce à cette chasse au trésor, les amateurs qui n'ont pas trouvé l'oeuvre du jour, se sont mis à lui commander des toiles. " Je suis ravi car ce sont des habitants des quartiers qui n'ont pas l'habitude d'aller dans les musées ni même d'acheter des oeuvres d'arts. Ils ont de petits budgets. C'est une plaisir pour moi et cela me conforte dans l'idée que Calais est prête pour un grand parcours de street art dans les rues. Un projet qui me tient à coeur et qui aurait du se concrétiser cette année."

 

Avec la fermeture des frontiéres et les difficultés pour faire venir les artistes internationaux, pas de festival possible cet été. De toute façon avec l'épidémie, le sapeur-pompier et son épouse infirmiére libérale ont beaucoup à faire. Leurs trois jeunes enfants continuent d'aller à l'école dans le cadre du dispositif d'accueil mis en place par la mairie et la rentrée prochaine va à nouveau perturber leur quotidien.
 

Un nom d'artiste inspiré par le contexte ?


" Non pas du tout " précise t-il.  " J’ai eu plusieurs pseudos, c’est seulement dans les années 2000 que je me suis arrêté sur Vyrüs. Je cherchais un blaze, un nom qui accroche. Quelque chose qu’on ne puisse pas arrêter et qui ne se voit pas, qui se propage donc j'ai pensé à Propage, puis à Virus. J’ai découvert par la suite qu’il existe d’autres graffeurs Virus, au Brésil et à Paris alors j'ai opté pour le y et le tréma.

Même si je fais l'objet de blague réguliérement de mes amis, sur mon nom, dans le graff, ce qui est important c'est de prendre du plaisir à peindre, dans la rue, pour tout le monde. On ne peut pas prendre du plaisir à peindre une chose qui tue.
"

 
Emission "Les Gens des Hauts" du dimanche 24 septembre

 
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