Coronavirus : à Calais, des associations qui viennent en aide aux migrants jugent les moyens proposés "inadaptés"

Des associations humanitaires qui viennent en aide aux migrants à Calais ont recontré jeudi le sous-préfet au sujet du coronavirus Covid-19. Elles estiment les moyens proposés "inadaptés". 
Un campement de migrants à Calais photographié en novembre dernier.
Un campement de migrants à Calais photographié en novembre dernier. © DENIS CHARLET / AFP
L'Auberge des Migrants et Utopia 56, deux associations humanitaires qui viennent en aide aux migrants à Calais, ont publié ce vendredi un communiqué commun au lendemain de leur rencontre avec le sous-préfet au sujet du coronavirus Covid-19.

Ce dernier leur a fait des préconisations des autorités pour freiner la contamination. "Se laver les mains avec du savon, avant et après les  repas, par exemple, et les essuyer avec une serviette propre, éviter les contacts proches", relatent les deux associations. "Les personnes ayant des symptômes (toux, fièvre, difficultés respiratoires) doivent appeler le 15 (dans quelle langue ?). Si le 15 envoie une équipe sur place pour récupérer la personne (adresse ?), et l’emmène à l’hôpital de Boulogne-sur-mer, si la personne est porteuse du virus sans trop de gravité, elle est supposée rentrer à son domicile ( ?) et être hébergée en chambre individuelle ( ?)".  
 

"Les bénévoles ne sont ni formés, ni équipés"


"Les moyens proposés par les autorités sont inadaptés", estiment l'Auberge des Migrants et Utopia 56. "Les exilés survivent dans des conditions favorables à l’apparition et à la diffusion de maladies infectieuses (froid, humidité, stress, fatigue, entassement à plusieurs dans des tentes légères, du fait des enlèvements de tentes par la police, manque de vêtements propres et secs). Le coronavirus pourrait toucher fortement des personnes déjà malades (bronchites, rhino-pharyngites,…). Les bénévoles ne sont ni formés, ni équipés, pour déceler des symptômes et conseiller les exilés".
 
"Nous avons demandé que des hébergements soient proposés à tous les sans-abris, dans de bonnes conditions, par petits groupes, ce qui diminuerait fortement les risques et faciliterait le repérage d’éventuels malades", indiquent-elles. "Nous avons aussi demandé à ce que, dans l’immédiat, cessent les expulsions quotidiennes, qui laissent les personnes dehors et sous la pluie, enlèvent ou mouillent et détériorent encore les tentes. Dans l’immédiat, les autorités doivent distribuer savon, mouchoir et serviettes jetables, et prévenir les exilés dans leurs langues. Un dispositif strictement calaisien, à même d’opérer des diagnostics sur place, serait aussi souhaitable."

"Si une épidémie éclate parmi les exilés, les autorités en porteront une large part de responsabilité, car elles ne se seront pas donné les vrais moyens d’améliorer la situation matérielle et morale des exilés", préviennent les deux associations.
 
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