Inondations dans le Pas-de-Calais : un soutien psychologique pour les sinistrés

La cellule d'urgence médico-psychologique du Pas-de-Calais met en place une douzaine de jours de consultations gratuites, en février, dans quatre villes du département pour venir en aide aux sinistrés du Pas-de-Calais. Une psychologue arrageoise répond à cinq questions sur l'utilité de ce service.

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Caroline Biziaux, psychologue à Arras a répondu à nos questions sur l'intérêt, le moment et l'utilité du soin psychologique pour les sinistrés du Pas-de-Calais.

De quoi peuvent souffrir les sinistrés ?

Cette situation peut provoquer un effet traumatique, c'est-à-dire qu'on est soumis à un événement dont on n'a pas le contrôle, sur lequel on n'a pas de prise et avoir l'impression le sentiment d'avoir tout perdu. Et on n'est pas tous armés de la même manière.

Dans le pire des cas...

Dans ces événements, on peut avoir l'impression que tout s'effondre, que tout est perdu. C'est une partie de vie complexe et on peut avoir le sentiment qu'on ne se relèvera pas. Après il y a la différence entre l'objectif : ma maison a pris l'eau et le subjectif, comment je le vis. Parfois, cela peut être un traumatisme puisqu'un pilier de ma vie (la maison) s'effondre.

Comment soigne-t-on et en combien de temps ?

Ce n'est pas automatique. Il n'y a pas grand-chose d'automatique en psychologie. Les difficultés matérielles peuvent durer et mentales aussi l'angoisse n'est pas prise en compte. Avoir un témoin - qui ne soit pas un ami ou de la famille - de notre propre souffrance peut aider. Un psychologue attestera de la souffrance légitime tout en gardant une certaine neutralité. L'intérêt de consulter réside surtout en la capacité du psychologue d'analyser émotionnellement la personne qui parle. 

Une ou deux consultations peuvent suffire ?

Oui, cela dépend de chacun. Ça peut-être très précieux comme aide. Après tout le monde n'est pas armé de la même manière. S'il faut d'autres consultations, cela se mettra en place.

Quand faut-il consulter ?

À partir du moment où on s'aperçoit qu'il y a des effets sur l'humeur, la vie au travail, la vie affective, familiale, où on ressent colère, tristesse, renfermement. À partir du moment on en a envie également. C'est non seulement légitime mais aussi utile de consulter.

12 jours de consultations gratuites et sans rendez-vous

Arrondissement de Calais
Maison médicale de Guines, 7 boulevard Delannoy, 62340 Guines

Lundi 5 février, lundi 12 février et lundi 19 février de 10h à 17h


Arrondissement de Boulogne
Centre médico-psychologique de Boulogne, 39-41 rue Edmond Hédouin, 62200 Boulogne-sur-Mer

Mercredi 7 février, mercredi 14 février et jeudi 22 février de 10h à 17h


Arrondissement de Saint-Omer
Urgences du CHRSO – Espace réservé aux familles, rue de Blendecques, 62357 Helfaut

Jeudi 8 février, mardi 13 février et mercredi 21 février de 10h à 17h


Arrondissement de Montreuil
Espace « PASS » à proximité des urgences du CHAM, 140 chemin départemental 191, 62180 Rang-du-Fliers.

Vendredi 9 février, mardi 13 février et vendredi 23 février de 10h à 17h

Le communiqué cosigné par la préfecture du Pas-de-Calais et l'Agence Régionale de Santé précise que : "Les habitants qui le souhaitent pourront, quel que soit leur lieu de résidence et sans reste à charge, rencontrer une infirmière spécialisée, un psychiatre ou un psychologue pour bénéficier d’un accompagnement et d’une prise en charge adaptée."

Les patients sont susceptibles d’être orientés vers d’autres professionnels après cette permanence pour bénéficier d’un parcours de soins qui répond à leur besoin.