30 millions d'euros pour déplacer la Joconde au Louvre-Lens : impossible, vraiment ?

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Nos confrères du Parisien ont publié ce week-end une première estimation du coût que pourrait représenter le transfert de la Joconde au Louvre-Lens : 30 millions d'euros. Un montant certes élevé, mais qui ne constitue pas un obstacle pour les défenseurs du déplacement de Mona Lisa. 

Par Jeanne Blanquart et Quentin Vasseur

"Ça n'a rien d'impossible", entame tranquillement Arnaud Desmaretz, Président de Lens United. Après l'érection d'un tifo géant à l'effigie de la Joconde aux couleurs lensoises, rien de ne lui semble inatteignable. Pas même le transfert de Mona Lisa au Louvre-Lens, et qu'importe le prix. 

Nos confrères du Parisien ont en effet publié une première estimation du coût de transfert de la Joconde à Lens, d'après un document établi par le musée du Louvre, à Paris. 30 millions d'euros en tout, dont 2 millions pour l'assurance du tableau, 3 millions pour l'emballage, 1 à 2 millions pour le transport et la sécurité... et 13 millions d'euros de pertes de recettes pour le Louvre


Impossible, vraiment ?


"Même avec du mécénat privé, réunir une telle somme pour un simple prêt, fut-ce de la peinture la plus célèbre au monde, tient de l’impossible", affirment nos confrères du Parisien. "Si le journal s'était appelé le Lensois, l'article aurait été un peu différent", sourit Arnaud Desmaretz.

"On sait que c'est un transfert coûteux. Mais on parle d'itinérance culturelle, dans ce cadre-là, 30 millions d'euros, c'est possible. L'assurance, que ce soit à Paris ou à Lens, c'est la même chose. Et on ne parle pas de pertes : si on perd 20 millions de recettes à Paris, pourquoi est-ce qu'on ne les retrouverait pas à Lens ?"

Pour lui, c'est d'ailleurs tout l'intérêt de ce transfert : attirer les touristes du monde entier dans le bassin minier et redynamiser la région. "Moi j'y crois. Et quand j'ai rencontré la ministre la semaine dernière, elle m'a dit que le dossier était toujours à l'étude", conclut le supporter lensois. Lui continue de fédérer les différents acteurs régionaux autour de ce projet : étudiants, lycéens, entreprises...

De la prudence, côté mairie


Le maire (PS) de Lens Sylvain Robert semble y croire, mais paraît déjà plus prudent. Comme Arnaud Desmaretz, l'élu rappelle que cette somme colossale comprend pour une grande partie "un manque à gagner pour le Louvre-Paris" qui ne tient pas compte des recettes à Lens. 

Si on se pose la question du coût, c'est que le débat avance


Mais même si ce constat "vaut ce qu'il vaut", Sylvain Robert note surtout que "si on se pose la question du coût, c'est que le débat avance".

Le maire se souvient d'une réunion pas si lointaine au conseil d'administration sur l'éventuel retour de La Liberté guidant le Peuple au musée. "Pour rire, j’avais même dit : 'Si on n’a pas la Liberté guidant le Peuple,  on peut peut-être avoir au moins la Joconde !'" 

Un sujet pas si utopique


Six ans après son ouverture, le déplacement de la Joconde au Louvre-Lens a cessé d'être une blague pour devenir une piste sérieuse, preuve que "le sujet n'était pas si utopique que ça." Et le Louvre-Lens a bénéficié de ce "coup de projecteur".

Ce que retient surtout le maire de Lens, c'est "le débat sur l'itinérance des œuvres" et le discours de la ministre de la Culture Françoise Nyssen. Car si le Louvre-Lens a été un candidat jugé sérieux pour Mona Lisa, cela montre qu'il peut accueillir d'autres chefs d'œuvre... comme la Vénus de Milo par exemple ?

"On a besoin d'œuvres majeures" martèle Sylvain Robert, "des œuvres que les gens connaissent de façon inconsciente, sans être des experts." 



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