Pas-de-Calais : 10 000 doses supplémentaires pour donner un "coup de cravache" à la campagne de vaccination

En complément de la mise en place du confinement pour les quatre prochains week-ends dans le département, le ministre de la Santé a annoncé 10 000 doses supplémentaires de vaccin pour le Pas-de-Calais. Une campagne "coup de poing" doit permettre d'écouler la totalité des doses ce week-end.

La région est en retard. Les cinq départements des Hauts-de-France ne vaccinent pas assez. Notamment le Pas-de-Calais, où "un retard dans la campagne vaccinale a bel et bien été identifié" lié à des "contraintes d’approvisionnement", a reconnu l’ARS la semaine dernière.

Parallèlement, le département vient de basculer sous le régime du confinement le week-end pour quatre semaines, et ce dès ce vendredi 5 mars. C’est le seul département de France métropolitaine à subir pour l’heure cette nouvelle restriction, le Nord voisin ayant obtenu un sursis.

Certains élus du territoire évoquent une "injustice" et relient explicitement le manque de doses de vaccin disponibles dans le département à la flambée du taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de cas positifs pour 100 000 habitants, qui s’élève désormais à plus de 400. 

Le département à la traîne

Dans le Pas-de-Calais, 3,78% des habitants (soit 82 000 environ) ont reçu une première dose de vaccin au 3 mars 2021, soit un point de moins que la moyenne nationale, qui s’élève à 4,84%. À peine 25 000 Pas-de-Calaisiens ont reçu les deux doses de vaccin.

Il y a près d’un mois déjà, le président PS du département Jean-Claude Leroy dénonçait ce retard et avait envoyé un courrier dans ce sens au ministre de la Santé Olivier Véran. "Nos aînés sont bien souvent des retraités qui, par la pénibilité de leur travail et la durée de leur carrière, sont plus fragiles et dépendants qu’ailleurs, écrivait-il. Ce constat me préoccupe beaucoup et je crains qu’avec la dotation en nombre de doses de vaccins par semaine dédiée au Pas-de-Calais, il ne s’améliore pas dans les jours à venir". 

"Ce que j’ai demandé à l’ARS, c’est de rattraper l’écart qu’il y a par rapport au poids démographique que représente le Pas-de-Calais dans l’espace régional".

Louis Le Franc, préfet du Pas-de-Calais, vendredi 5 mars 2021

Face aux critiques de certains élus, le préfet a dit ne pas avoir "l’oeil dans le rétroviseur". L’objectif affiché : "rattraper l’écart qu’il y a par rapport au poids démographique que représente le Pas-de-Calais dans l’espace régional". Et le plus vite possible.

Ouverture de trois centres de vaccination XXL à Boulogne-sur-Mer, Calais et Béthune

En complément des nouvelles restrictions annoncées, le ministre de la Santé a annoncé le déblocage de 10 000 doses supplémentaires de vaccin pour le département, toutes administrées ce week-end.

Une nouvelle saluée par le maire d'Arras et président de l'association des maires du Pas-de-Calais Frédéric Leturque, qui espère "non pas un coup de collier mais un coup de cravache" pour accelérer la vaccination. Mi-février, 8 000 doses supplémentaires de vaccin Moderna avaient déjà été distribuées sur le territoire.

Louis Le Franc, préfet du département, se réjouit de cette accélération. "Il n’y a rien de pire que de solliciter un rendez-vous quand on est âgé et de s’entendre dire que ce n’est pas possible et encore pire, qu’on ne vous réponde pas", a -t-il déclaré. Selon lui, ces désagréments font désormais partie du passé.

Lors d’une conférence de presse organisée vendredi 5 mars dans la matinée pour détailler les nouvelles mesures mises en place dans le département, le préfet du Pas-de-Calais a annoncé l’ouverture de trois grands centres de vaccination dès ce week-end à Boulogne-sur-Mer, Calais et Béthune.

Parmi les 10 000 doses supplémentaires annoncées par Olivier Véran, 6 000 seront divisées entre ces trois nouveaux centres. Chacun va bénéficier de 2 000 doses supplémentaires pour vacciner environ "100 personnes par heure", estime Olivier Gacquerre, maire UDI de Béthune. Ainsi, 100 doses adminitrées chaque heure pendant 10 heures permettront de vacciner, pour le seul centre de Béthune, 1000 personnes samedi et 1 000 personnes dimanche. Soit 2 000 doses de vaccin.

Les 4 000 doses restantes seront envoyées dans les centres de vaccination déjà ouverts. Il y en a en tout 23 dans le département, et tous seront désormais ouverts les week-ends. Ces ouvertures vont permettre d’effacer totalement l’écart existant avec les autres territoires, a assuré le préfet, rappelant néanmoins que "l’effort va devoir se poursuivre dans la durée".

Comment obtenir un rendez-vous ?

Cette accélération de la vaccination pose des questions organisationnelles. Comment ouvrir 3 centres de vaccination XXL en moins de 24 heures ? Quels moyens humains déployés pour administrer les doses ? Qui est éligible et comment prendre rendez-vous ?

À Calais par exemple, les services municipaux sont sur le pont. Une centaine d’agents sont mobilisés. Le "vaccinodrome" s’apprête à ouvrir dès samedi 5 mars, 9 heures, au forum Gambetta. Déjà utilisée comme centre de vaccination, "la salle était pour l’instant était organisée sur une ou deux files, explique Natacha Bouchart, maire LR de la ville. On a revu tout notre plan pour augmenter les files jusqu’à 5, élargir les horaires… Si on doit aller au-deçà, on devra ouvrir un second lieu".

Dans la ville, 1 200 habitants sont inscrits sur liste d’attente pour bénéficier d’une première dose. Elles vont être contactées dès cet après-midi pour bénéficier d’un rendez-vous ce week-end.

À l’échelle du Pas-de-Calais, il est possible de prendre rendez-vous sur les plateformes en ligne habituelles (Doctolib, Keldoc ou Maiia), ou en appelant le centre d’appel départemental, au 03 92 04 34 71. Une nouvelle ligne exceptionnelle d’appel, gérée par le SDIS, va être ouverte ce vendredi 5 mars pour prendre rendez-vous. Il faut joindre le 03 21 21 44 81 à partir de 14 heures ce jour.

Qui peut prétendre à la campagne de vaccination coup de poing ?

Lors de cette opération de vaccination coup de poing dans le Pas-de-Calais, les règles sont les mêmes qu’à l’échelle nationale. Ainsi, toutes les personnes de plus de 75 ans sont éligibles, tout comme les Français âgés de 50 à 75 ans les plus fragiles, notamment atteints de comorbidités.

Cependant, tout dépend des vaccins disponibles. Pour rappel, le vaccin AstraZeneca s’adresse actuellement aux personnes âgées de 50 à 75 ans, tandis que les vaccins Pfizer et Moderna peuvent être administrés aux personnes de plus de 75 ans.

Parmi les 10 000 doses supplémentaires annoncées dans le Pas-de-Calais, 7 200 proviennent du sérum élaboré par le laboratoire Pfizer/BioNtech, les 3 000 restantes correspondent au vaccin AstraZeneca. À Calais par exemple, 1 500 doses d’AstraZeneca vont être déployées ce week-end pour 300 doses de Pfizer. Cette répartition ne sera pas identique dans les deux autres "vaccinodromes".

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