Pas-de-Calais : à Clerques, la tempête Eunice n’a pas épargné le toit de l’Église du XIIème siècle

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Lors du passage de la tempête Eunice dans les terres du Pas-de-Calais, le toit de l'Église de Clerques s'est envolé. Un crève-cœur pour les habitants et les paroissiens.

"Tout est par terre". Lorsqu’elle s’est rendue sur place ce samedi 19 février dans la matinée, la sacristine de l’Église Saint-Barthélemy de Clerques avoue avoir eu un peu de mal à cacher son émotion. "On voit le ciel depuis l’intérieur de l’édifice, se désole Françoise Descamps. C’est vrai que ça fait peur".

Dans ce petit village de 300 âmes situé dans les terres, à quelques kilomètres à l’est de Licques, la tempête Eunice a violemment balayé la commune en un temps record. "Tout est allé très vite, le vent a particulièrement soufflé entre 15h15 et 15h30 environ", raconte Sophie Delattre-Courby, habitante de Clerques depuis 21 ans.

C’est précisément durant ces quelques minutes qu’une rafale de vent de 176 km/h a été enregistrée au Cap Gris-Nez, à une trentaine de kilomètres de là.

"Ils nous ont dit que le toit de l’Eglise s’était envolé"

Son mari, adjoint au maire, a été averti par les gérants d’un café-restaurant situé sur la place du village. "Ils nous ont dit que le toit de l’Eglise s’était envolé",  raconte-t-elle. Et lorsqu’ils se sont rendus au chevet de l’Église datant du XIIème siècle, ces habitants ont tout bonnement été sidérés. "Tout le toit central est parti mais fort heureusement, le clocher n'a pas été abimé".

Une fois la nuit passée et les bourrasques de vent diminuées, élus et habitants se sont mobilisés ce jour pour sauver les objets religieux présents dans l’Eglise, comme les statues ou les bibles anciennes. "Tous les objets précieux ont été enlevés ce matin et stockés dans une salle de la mairie, avec le concours des bonnes âmes du village", raconte Sophie Delattre-Courby.

Vive émotion

Parallèlement, le maire du village a pris un arrêté municipal pour interdire aux riverains de s’approcher de l’Église et de pénétrer dans le cimetière situé juste à côté. Aurélien Dommanget a d’ores et déjà contacté assurances et experts, qui devraient se rendre sur place dans les prochains jours.

Tous les yeux sont désormais rivés sur les murs de l'édifice. "Une grosse poutre est tombée et un pignon menace sérieusement de s’effondrer", avance la sacristine. Habitants et paroissiens espèrent que les dégâts, déjà importants, ne vont pas s'alourdir dans les prochaines heures avec l'arrivée d'une nouvelle perturbation. "Qu’on soit croyant ou qu’on ne le soit pas, l’Église est quand même un lieu de rassemblement à Clerques, conclut Sophie Dellattre-Courby. Il y a une vive émotion dans le village de voir ce bâtiment complètement éventré".

Hasard du calendrier, une messe devait y être célébrée ce samedi 19 février dans la soirée. Elle a été délocalisée dans l’Église du village voisin de Bonningues-les-Ardres.