Vendin-le-Vieil : réclusion à perpétuité requise contre deux détenus pour l'assassinat d'un autre prisonnier

Le centre pénitentaire de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). / © DENIS CHARLET / AFP
Le centre pénitentaire de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). / © DENIS CHARLET / AFP

Des peines de réclusion criminelle à perpétuité ont été requises ce mardi aux assises de Saint-Omer contre deux détenus accusés d'avoir assassiné un troisième prisonnier en 2017 au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais).
 

Par YF avec AFP

En janvier 2017, Geoffrey Debouver, 27 ans, avait été tué par strangulation dans sa cellule à l'aide d'un lacet. Franck S., 52 ans, qui avait déjà été condamné en 2010 pour homicide, a reconnu pendant l'instruction être l'auteur du crime, mais a refusé d'être extrait de sa cellule pour comparaître. Jonathan F., donc seul présent à l'audience, a lui nié toute implication.

Dans son réquisitoire, l'avocat général Julien Michel a mis en exergue "la cruauté et la lâcheté" des co-accusés, "autant dans les faits que dans leurs réponses". "Franck S. est fasciné par le crime parfait et Jonathan F. est celui sans qui l'assassinat n'aurait pu avoir lieu", a-t-il lancé.
 

Il a requis la réclusion criminelle à perpétuité à l'encontre des deux hommes, assortie d'une période de sûreté de 22 ans à l'encontre de Franck S., qui avait expliqué aux enquêteurs vouloir par ce geste contester ses conditions de détention, et de 18 ans pour Jonathan F., âgé de 31 ans.
 

"Défaillances graves"


Pour Me Carine Delaby-Faure, avocate des parties civiles, l'administration pénitentiaire est "en partie responsable du drame" en raison de ses "défaillances graves". "L'auteur de la strangulation avait réédité dans le bureau de la direction ses menaces une demi-heure avant son passage à l'acte", a-t-elle rappelé aux jurés. "Tous les voyants étaient au rouge, les menaces successives de Franck S. n'ont pas été prises en considération". 
 

Me Benoît David, avocat de Franck S., a reconnu "le comportement détestable qui appelle peu de complaisance" de son client, mais a rejeté la notion de préméditation et donc d'assassinat. "Il y a eu volonté de tuer mais pas avec un caractère de préparation. La victime a été choisie par hasard", a-t-il affirmé, estimant que "sa mort n'a pas été préparée". "La peine d'élimination qui vous est demandée va le rendre encore plus fou."

Quant à Jonathan F., "il n'a jamais eu l'intention de tuer", a assuré son avocat, Me Cyrille Bouchaillou, demandant l'acquittement de son client. Le verdict est attendu mercredi.
 

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