“Personne ne sait vraiment” combien coûterait un Brexit sans accord, selon le ministre britannique des Finances

Sajid Javid, ministre des Finances du gouvernement de Boris Johnson. / © Paul ELLIS / AFP
Sajid Javid, ministre des Finances du gouvernement de Boris Johnson. / © Paul ELLIS / AFP

Le ministre des Finances britannique Sajid Javid a affirmé lundi sur la BBC qu'il ne pensait pas que "quelqu'un sache vraiment" combien coûterait à l'économie du Royaume-Uni un Brexit sans accord, qui reste selon lui "une possibilité".
 

Par AFP

Un tel scénario "n'est pas notre scénario préféré" et "nous travaillons pour parvenir à un accord avec nos partenaires européens", mais "nous ne pouvons pas avoir encore un report" du Brexit, a argumenté M. Javid.

Malgré une loi votée au Parlement interdisant au Royaume-Uni de sortir de l'Union européenne sans accord et stipulant que le Premier ministre devrait dans cette éventualité demander un report à Bruxelles, M. Javid, sans donner de détails, a répété que "nous ne pouvons avoir un autre report" du Brexit.
 

"L'intention de la loi est claire et elle a rendu plus difficile pour le gouvernement d'obtenir l'accord que nous souhaitons", assure le ministre, qui ajoute cependant que "le gouvernement respectera la loi".

Les entreprises "veulent savoir que l'incertitude va toucher à sa fin", poursuit-il. "Il y a une possibilité de 'no deal', c'est pour cela que nous continuons à  nous préparer à toute vitesse" pour cette éventualité, assure le ministre.
 

Interrogé par la BBC sur un impact attendu par les autorités britanniques qui pourrait atteindre 30 milliards de livres sur les finances publiques par an, M. Javid a répondu : "je ne pense pas que quelqu'un ait une vraie réponse complète à cette question, (mais) je n'ai jamais prétendu que partir (de l'UE) sans accord ne serait pas difficile".
 

"Si vous faites du commerce avec l'UE, il y aura un impact"


En particulier, "si vous faites du commerce avec l'UE, il y aura un impact", a-t-il poursuivi, faisant toutefois valoir qu'il y aurait dans ce cas "une réponse économique significative", à la fois du côté monétaire a-t-il dit en laissant entendre que la Banque d'Angleterre interviendrait, mais aussi "budgétaire".
 

Le ministre doit annoncer ce lundi dans le cadre du congrès du parti conservateur des détails du plan de "révolution des infrastructures" qu'il annonce depuis déjà des semaines. Il doit comporter d'une part 25 milliards de livres sur cinq ans pour rénover des routes, un projet de modernisation des bus à travers le pays avec notamment un vaste effort d'électrification de la flotte, et 5 milliards de dollars pour soutenir le déploiement de la fibre optique et de  a téléphonie 5G.
 

"L'investissement dans nos infrastructures est crucial pour faire de la prochaine décennie celle d'un renouveau : doper notre économie et rendre la vie plus facile pour les gens à travers le pays", déclare le ministre d'après le texte d'une allocution qu'il doit prononcer au Congrès de son parti à Manchester plus tard ce lundi.
 

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