SDF tabassé par un vigile en gare d'Amiens: un an de prison dont 4 mois ferme

Le vigile qui avait été filmé en train de frapper un marginal, début mai, dans la gare Sncf d'Amiens, a été condamné vendredi par le tribunal de grande instance à douze mois de réclusion dont quatre ferme, avec port du bracelet électronique.

Une vidéo de l'agression avait fait le buzz.
Une vidéo de l'agression avait fait le buzz.
La vidéo de l'agression a été vue quatre millions de fois sur internet. Filmée et diffusée par un passant dans le hall de la gare d'Amiens, début mai, elle montrait un vigile frapper un SDF au sol et contre un Photomaton. L'agresseur a été interpellé le lendemain. Vendredi 3 juin, il a reçu sa peine du tribunal de grande instance : douze mois de prison, dont quatre mois ferme avec l'obligation à sa sortie de porter un bracelet électronique.

C'est moins que les réquisitions du parquet : le procureur demandait six mois ferme et une interdiction d'exercer la profession de vigile pendant cinq ans. Mais c'est quand même beaucoup. Il faut dire que durant l'audience, un enregistrement de la vidéosurveillance de la gare a été diffusé : on y voit le vigile attrapper le SDF alors qu'il allait sortir de la gare et le frapper pendant plusieurs minutes. Bien plus long et violent que les 18 secondes de la vidéo virale.

Dans les couloirs du palais de justice, le marginal et l'ex-vigile ont eu une "discussion"...
durée de la vidéo: 01 min 47
Le vigile et le SDF se retrouvent au tribunal

"J'ai pété un câble"


Alors que la présidente du tribunal a parlé "d'agressivité et d'acharnement" contre le marginal - qui a fait l'objet de 342 signalements pour ivresse, insultes et tapage nocture -, le vigile, qui a été licencié pour faute grave par son employeur (la société de gardiennage amiénoise CGS, prestataire de la SNCF), a tenté d'expliquer son geste en parlant "d'accumulation : j'ai pété un câble".

"Cela fait 17 mois que je suis à la gare, en confrontation avec cette personne alcoolisée", a-t-il expliqué, précisant avoir subi "crachats et menaces de mort" de la part du marginal. "Au départ, on était deux maîtres-chiens mais la SNCF a demandé à mon patron de réduire le budget et je me suis retrouvé seul", a dit ce père de deux enfants, âgé de 36 ans, vivant dans un village dans l'est de la Somme, avant d'ajouter que "ce métier là, c'est 12 heures quatre jours par semaine : c'est beaucoup de tension".
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