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Polémique avant un rassemblement musulman de l'UOIF à Lille

Des personnalités ont dénoncé l'invitation d'orateurs "prêchant la haine" à une rencontre organisée dimanche à Lille par l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), ce qu'a contesté son président Amar Lasfar, qui se dit "vigilant", tout en rejetant toute "censure préalable".
Amar Lasfar, recteur de la mosquée de Lille et président de l'UOIF.
Amar Lasfar, recteur de la mosquée de Lille et président de l'UOIF. © MAXPPP
"Soit l'UOIF déprogramme ses intervenants qui prêchent la haine, soit la République devra prendre ses responsabilités et interdire cette manifestation", a estimé lundi dans un communiqué le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, qui en a appelé au ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

La 9e Rencontre annuelle des musulmans du Nord (RAMN), déclinaison régionale du grand rassemblement organisé au printemps par l'UOIF - proche de la confrérie des Frères musulmans - au Bourget près de Paris, doit se tenir dimanche à Lille Grand Palais. Plus de 5.000 visiteurs sont attendus.

Parmi les intervenants annoncés figurent Pierre Mathiot, délégué ministériel au parcours d'excellence auprès de Najat Vallaud-Belkacem, le sociologue Raphaël Liogier, et l'islamologue réformateur Ghaleb Bencheikh. Mais les opposants de l'UOIF pointent aussi la venue du Syrien Mohamed Rateb Al-Nabulsi, du Marocain Abouzaïd Al-Mokri et du Saoudien Abdallah Salah Sana'an, au côté de l'islamologue suisse Tariq Ramadan.


"Rien à prouver"

Dans une lettre au Premier ministre Manuel Valls, la secrétaire nationale du PRG Laurence Marchand-Taillade s'est élevée contre la présence à la tribune lilloise de ces "prédicateurs, dont le seul objectif est de déstabiliser notre République", a-t-elle accusé. "Les conférenciers invités à Lille sont des universitaires qui ont fait leurs preuves", a répondu le président de l'UOIF, Amar LasfarOn n'a rien à prouver, cela fait 33 ans qu'on organise ce genre de rencontre. Si quelqu'un dérape, il sera rappelé à l'ordre, tout simplement", a-t-il assuré.

"Nous sommes très vigilants quant à tout discours qui se tient dans la manifestation, mais je ne peux pas me livrer à une censure préalable", a ajouté le dirigeant, estimant qu'il revenait à la police de "faire son travail si elle estime qu'untel ou untel pose problème à la République".

L'UOIF, qui regroupe 250 associations et revendique des partenariats avec un tiers des 2.500 mosquées de France, défend une place pour l'islam dans la société, conformément aux orientations de la plupart des organisations gravitant dans la mouvance "frériste".

"Les musulmans de France, c'est le rempart contre le terrorisme et l'intégrisme, et l'UOIF est un partenaire de l'administration française dans cette démarche", a affirmé Amar Lasfar.
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