Politique agricole commune : quelle est son importance en Picardie ?

Le 26 mai 2019, les électeurs sont appelés à voter pour les élections européennes. Parmi les domaines de compétences de l'Union européenne, la Politique agricole commune est l’une des les plus connues. À la fois décriée et appréciée, elle joue un rôle important dans la région picarde.

Le 26 mai 2019, les électeurs de Picardie sont appelés aux urnes pour les élections européennes. Parmi les domaines de compétences de l'Union européenne (UE), la Politique agricole commune (PAC) est l'une des plus anciennes et plus importantes.

Créée en 1962 avec comme triple objectif la garantie de la stabilité des prix, l'amélioration du revenu des agriculteurs et la modernisation du secteur, la PAC concerne particulièrement la région picarde, qui représente l'un des territoires agricoles les plus importants de France.
 

1,3 million d'hectares de SAU en Picardie

La Picardie est une région agricole majeure de France avec ses 1,3 millions d'hectares de superficie agricole utilisée et ses 13.000 exploitations. Dans le détail, le territoire est composé de 3200 exploitations dans l'Oise, 4700 dans l'Aisne et plus de 5000 dans la Somme.

En terme de travail, le secteur agricole représente 10.600 emplois et 7900 emplois équivalent temps plein (ETP) dans l'Aisne, 10.300 emplois et 7900 ETP dans la Somme et 6.700 emplois et 5200 ETP dans l'Oise.

Au total, la Picardie comptabilise 27.600 emplois agricoles et 21.500 emplois en équivalent temps plein sur l'ensemble des trois départements.

 

Les aides de la PAC représentent 47% du revenu d'un agriculteur

Depuis maintenant plusieurs années, de nombreux agriculteurs picards peinent à vivre. Ils survivent, même, lorsque les récoltes sont mauvaises et/ou que le cours des marchés chutent. Pour la Picardie, première région de France pour l'espace réservé à la culture de la betterave sucrière, l'exemple le plus marquant est celui des betteraviers : entre 2017 et 2018, le cours du sucre blanc a baissé de 25%.

Dans son bilan de la campagne agricole 2018, la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt des Hauts-de-France (DRAAF) précisait "en moyenne annuelle, le cours du sucre blanc chute de 25 % en un an : de 393 € la tonne en 2017 à 292 € la tonne en 2018".

Et c'est là où la PAC brandit son trident d'objectif en versant des subventions aux agriculteurs. Ces aides financières sont en partie calculées selon le nombre d'hectares dont dispose chaque exploitant. L'équation est simple : plus un agriculteur possède d'hectares, plus il est sujet à recevoir de plus importantes sommes d'argent. Pour savoir combien d'aides un agriculteur peut bénéficier, doit se rendre sur le site telepac sur lequel il pourra effectuer une déclaration de dossier.

À fortiori, bonne nouvelle donc pour la Picardie puisque la taille moyenne d'une exploitation en Picardie est de 102 ha, contre 62 en France. Ainsi, en 2017, selon les derniers chiffres en date de la DRAAF, l’Union européenne a versé 355 millions d'euros à la Picardie pour le premier pilier, c'est-à-dire via des aides directes pour les agriculteurs afin notamment de réguler les cours sur le marché.

À l'échelle nationale, 9,1 milliards d'euros de crédits européens par an sur la période 2014/2020 ont été alloués à la France. Soit une baisse de 2% par rapport à 2013 (9,3 milliards d'euros).

En 2019, les subventions de la politique agricole commune représente en moyenne près de la moitié du revenu des agriculteurs picard (46%).

 

Les Picards souhaitent une réforme de la PAC

Pourtant, les agriculteurs ne chantent pas les louanges de la PAC loin de là : retard de paiement, démarches administratives trop lourdes, baisse des aides... La liste de reproches est longue.

Un agriculteur rencontré la semaine dernière redoutait d’évoquer ces problèmes face caméra. Il a néanmoins confirmé que les subventions lui assurent son revenu, mais que le système ne fonctionne plus. Il confiait vouloir une réforme de la politique actuellement en place.

Tout comme la très grande majorité des acteurs du secteur. La conférence organisée par le syndicat national de la presse agricole et rurale à Paris avec la présence de plusieurs listes électorales venues présenter leur projet, le 18 avril dernier, est venue le prouver.


Quelle est la réforme en cours ? 

Selon son fonctionnement traditionnel, la PAC est réformée tous les 7 ans. La dernière réforme datant de 2014, la prochaine échéance sera donc en 2021. Les pourparlers lancés en juin 2018 par la Commission présidée par Jean-Claude Juncker étaient justement en cours. Mais ils ont été remis à plus tard. Personne ne veut se mouiller dans un dossier aussi polémique…à l’approche du vote. Le Brexit n'arrageant pas la situation.

Malgré tout de grandes orientations ont réussie à être évoquées :
  • Réduction des démarches administratives 
  • Nouvelle baisse du budget, entre 5 et 15%, en partie pour compenser le départ du RU (l’un des plus gros contributeurs)
  • Implication plus importante des Etats dans la distribution des aides