PSA Valenciennes : le salarié qui a dit avoir "pris des joints dans une benne" a été licencié

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Écrit par @F3nord
Dominique Danquoins, le 1er octobre dernier. L'usine PSA de Valenciennes.
Dominique Danquoins, le 1er octobre dernier. L'usine PSA de Valenciennes. © France 3

Dominique Danquoins, le salarié de PSA Valenciennes, qui dit avoir récupéré des joints dans une benne a reçu sa lettre de licienciement ce vendredi. La direction de PSA affirme qu'il a volé en fait du matériel neuf.

Licencié pour faute grave. Ce vendredi à 11h, Dominique Danquoins, salarié de PSA Valenciennes, a reçu par recommandé sa lettre de licenciement. La direction de l'usine de montage de boîtes de vitesses lui reproche d'avoir volé des joints dans une benne à déchets. "Je suis au plus mal, nous a déclaré M.Danquoins au bord des larmes au téléphone. J'ai été plus que surpris. L'entreprise ne s'était pas manifesté depuis plusieurs semaines. Je pensais que ça allait se tasser. Mais je vais continuer à me battre. J'ai rien à me reprocher. Je vais continuer à marcher la tête haute."

Cédric Brun, délégué CGT a réagi immédiatement : "C'est scandaleux. Dominique Danquoins a 13 ans d'ancienneté, un dossier professionnel exemplaire. Il a été récompensé à travers des promotions ces dernières années. C'est inacceptable. Ils parlent de vol alors que ces joints étaient destinés à être jetés. Je ne vous cache pas que c'est désormais une énorme déception. On est écoeurés. "

La direction de PSA a confirmé ce licenciement et fait une courte déclaration par téléphone : "Contrairement à ce qui est affirmé dans de nombreux médias, il ne s'agissait pas de matériel destiné à être jeté. Le matériel volé était dans un container et était neuf. Le vol est puni par la loi. PSA ne tolère pas de vol au sein de son entreprise", a affirmé un porte-parole de l'entreprise. Une version des faits qu'elle n'avait pas rendu publique jusqu'à maintenant. "C'est faux, répond Cédric Brun. Le matériel avait servi à une réparation d'un four qui avait eu lieu en août. Plus c'est gros, ça passe. Je comprends qu'ils ne soient pas à l'aise. Ils inventent n'importe quoi pour couvrir le fait qu'ils ont licencié un malheureux qui n'a rien fait de mal."

"Il faut que PSA revienne en arrière"

Des élus de toute la gauche de Lutte ouvrière à EELV avaient réclamé ces derniers jours la fin de la procédure de licenciement contre Dominique Danquois, une pétition avait été lancée. Une mobilisation qui n'a pas eu d'effet : "Ils veulent faire un exemple, poursuit Cédric Brun. Il n'y a pas eu de dialogue. Chaque occasion de licencier à bon compte fait l'affaire."

La CGT affirme vouloir "continuer le combat" : "Faut-il appeler au débrayage ? On va voir. La seule chose à faire, maintenant c'est de mobiliser les politiques, le gouvernement. Il faut que PSA revienne en arrière. Ça s'est déjà fait. Tous les soutiens politiques que j'ai eu au téléphone pensent que ce n'est pas fini."
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Rappel des faits
Le 12 septembre, Dominique Danquois, salarié d'une trentaine d'années, prend son poste de travail, à la maintenance du traitement thermique de PSA Valenciennes. La veille, chez lui, il aurait constaté "une défaillance d’étanchéité sur ses convecteurs à gaz risquant d’intoxiquer sa famille au monoxyde de carbone". Il aurait alors pris quelques mètres de joint d’étanchéité d’une benne à déchets de l’usine. Sa mise à pied conservatoire pour "sortie de matériel non autorisée" est rapidement prononcée.

En 2012, déjà une salariée du site avait été licenciée pour avoir transporté dans ses affaires des raclettes pour laver le sol d'une valeur de 3 euros. Elle voulait juste les changer de poste. Elle a finalement été réintégrée.

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