• DÉCOUVERTE
  • MÉTÉO
  • VOS RENDEZ-VOUS
  • économie
  • FAITS DIVERS
  • POLITIQUE

Alain Casanova, le nouvel entraîneur lensois, en 8 chapitres : Franco-espagnol, gardien de but, Toulousain, discret mais solide, bétonneur ?, Mec bien, oustider, chômeur, 

Franco-espagnol

Alain Casanova a la double nationalité : française et espagnole. "Mes parents avaient fui l'Espagne, racontait-il à TFC TV en 2010. Toute ma jeunesse, je l'ai passée en Auvergne à côté de Clermont-Ferrand. Mais j'ai énormément d'attaches en Espagne. Ma compagne est de Madrid. C'est un endroit qui nous est cher. Mon objectif est d'y aller pour finir mes jours." Né le 18 septembre 1961, il a aujourd'hui presque 55 ans. Le RC Lens, repris en partie par l'Atletico Madrid lui offre une demi-opportunité de se "rapprocher" de l'Espagne.
© Oldschool
© Oldschool

 

Gardien de but

Alain Casanova, dès le plus jeune âge, s'est spécialisé au poste de gardien de but : "J'habitais un petit village à côte de Clermont-Ferrand, juste à côté d'un terrain de foot. J'étais sur ce terrain matin, midi et soir. C'est un cousin qui m'a donné le virus du gardien de but."

Repéré pour ses excellentes capacités à ce poste, il a été formé à l'INF Vichy. En 1982, il est recruté par Le Havre. Il y restera 8 ans. Il sera ensuite doublure d'Olmeta à l'OM pendant deux ans avant de finir sa carrière pro à Toulouse. Il a joué 318 matchs en tant que footballeur pro. 


Alain Casanova à son arrivée au poste d'entraîneur en mai 2008. / © MAXPPP
Alain Casanova à son arrivée au poste d'entraîneur en mai 2008. / © MAXPPP

 

Toulousain

Alain Casanova est très attaché à la ville rose. Il y a passé 22 ans. D'abord en tant que joueur. Mais c'est surtout au Toulouse Football Club qu'il a commencé sa carrière de coach en tant qu'entraîneur des gardiens, puis au centre de formation. C'est à cette période qu'il découvre sa vocation : "Au centre de formation de Toulouse, Je me suis pris de passion pour ce métier. J'ai eu envie de devenir entraîneur." En 2006, il obtient le diplôme d'entraîneur professionnel de football (DEPF)

Quand le TFC descend en National, il devient adjoint d'Erick Mombaerts. En 2008, il est nommé entraîneur du TFC en lieu et place d'Élie Baup. Il y restera jusqu'en mars 2015. Un record de longévité qui explique l'attachement de Casanova à Toulouse, seul club qu'il ait connu en tant que technicien jusqu'à présent. 

Son départ a été une déchirure, un crèvecoeur. Il assure que c'est lui qui a choisi de démissionner pour sauver son club alors mal en point au classement. Pour le sauver. Par fidélité. Le jour de sa démission, il disait : "Il n'y a pas de soulagement car je me sentais encore capable de redresser la barre et je pense qu'on l'aurait fait mais on n'est sûr de rien non plus. Si ça peut être le déclic fort qui va provoquer quelque chose et permettre au TFC de se maintenir, c'est tout ce que je demande. Après tant d'années, c'est pas facile mais en même temps, c'est la loi du sport de haut niveau. Ce qui prime, c'est le sauvetage du TFC."

Discret mais solide

Pour sa première saison en tant qu'entraîneur de Ligue 1, Alain Casanova termine 4ème avec le Téfécé. Son meilleur résultat à ce jour. Son équipe a ensuite terminé 5 fois dans les 10 premiers (avec un budget autour de la 10ème place). Il est celui qui a relancé la carrière de Gignac et Carasso.

398 matchs en Ligue 1. Les statistiques, à prendre avec beaucoup de recul, décrivent un entraîneur aux résultats ni mauvais, ni exceptionnels : 102 victoires, 80 nuls, 108 défaites.
© MAXPPP
© MAXPPP

 

Bétonneur ?

La réputation lui colle à la peau. Alain Casanova est-il l'entraîneur défensif que la rumeur décrit ? Les observateurs du foot n'en démordent pas, regrettant son style de jeu prudent mais lui s'en défend : "Fondamentalement, depuis le premier jour où j'ai été en poste, jusqu'au dernier, ma seule préoccupation a été le jeu, explique-t-il dans Footengo. J'ai voulu donner une identité, laisser une trace à ce niveau. Plus qu'un entraîneur défensif, je pense avoir été un entraîneur méthodique, organisé, qui a toujours souhaité aller dans le sens d'un vrai style de jeu."

Mieux, il affirme avoir mis en place à Toulouse une formation basée presque uniquement sur la technique :" Pour être performants, avoir des résultats, aller au bout de notre formation, nous débutons dès l'école de football, avec la même idée, une méthodologie basée sur le technico-tactique, expliquait-il à So Foot en 2014. Nous sommes un des rares clubs à ne pas effectuer de travail athlétique, mais plutôt du jeu, des exercices techniques ou tactiques. Les principes et la méthode sont les mêmes pour toutes les équipes, des débutants aux pros »

Ses modèles ? "J'aimais la philosophie de Jean-Claude Suaudeau. Aujourd'hui, Arsène Wenger, José Mourinho ou Claude Puel m'impressionnent. Mais celui qui force le respect, c'est Fabio Capello. Quelle que soit l'équipe dont il a la charge, il lui apporte cohérence et solidité."
Kombouaré et Casanova en 2014. / © MAXPPP
Kombouaré et Casanova en 2014. / © MAXPPP

 

Mec bien

Discret, peu médiatique, Alain Casanova s'est rarement fait remarquer. Avec lui, pas de petites phrases, pas de polémique ou de mots plus hauts que les autres... "Je veux être quelqu'un de très humble, reconnaît-il. Je veux être un Monsieur tout le monde."

Le nouvel entraîneur lensois est surtout réputé pour son calme et sa pondération : "C'est un mec bien, disait de lui en 2010 Jean Fernandez. C'est un mec qu'on souhaite avoir comme relation. Un garçon respectueux, loyal, humain, travailleur, généreux."

"C'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup, qui est posé avec qui j'ai toujours eu bon rapport", disait également Didier Deschamps. 

Outsider

C'est une qualité qui devrait plaire aux supporters lensois. Alain Casanova est un gagneur comme Antoine Kombouaré. La critique ne le dérange pas mais le motive. Si certains chez les Sang et or sont sceptiques sur ses capacités, ça l'arrangerait presque : "J'ai horreur de la défaite, de tout ce qui est médiocre. J'aime bien être dans un rôle d'outsider. A partir du moment où on croit pas trop en moi, où les gens se posent des questions, j'aime bien leur montrer qu'ils peuvent se tromper."
Alain Casanova, lors de son départ de Toulouse en mars 2015. / © MAXPPP
Alain Casanova, lors de son départ de Toulouse en mars 2015. / © MAXPPP

 

Chômeur

Depuis mars 2015, Alain Casanova, pour la première de sa vie, était sans activité. Il en a profité pour prendre du temps pour ses enfants et petits-enfants mais aussi pour se rendre dans des clubs européens. Une période qu'il assure riche en enseignements : «C'est difficile, mais j'en ai profité pour faire une rétrospection, analyser ce qui avait été bien et moins bien lors de mes sept années au Stadium (en tant que numéro 1), ce que je pouvais améliorer… Aujourd'hui, beaucoup pensent qu'il faut toujours chercher la perfection, l'exigence, je fais partie de ceux-là.»

Il y a 15 jours, France 3 Midi-Pyrénées était allé le rencontrer chez lui à toulouse où il vit toujours. Il ne parlait pas encore du RC Lens mais de sa recherche de club, sa sensation de manque. 
Rencontre avec Alain Casanova