Régionales 2021 Hauts-de-France : Xavier Bertrand tout sourire, le RN déçu, LREM éliminée... les premières réactions

Xavier Bertrand tout sourire, Sébastien Chenu déçu, Laurent Pietraszewski éliminé, Karima Delli confiante... découvrez les premières réactions des principales têtes de listes aux régionales dans les Hauts-de-France.

Raz-de-marée pour Xavier Bertrand, douche froide pour le Rassemblement national, score décevant pour la liste d’union de la gauche et claque pour la majorité présidentielle qui n’atteint pas les 10% nécessaires pour se maintenir au second tour : voilà ce qu'il faut retenir de ce premier tour des élections régionales. Et les résultats ont déjoué les sondages.

Xavier Bertrand : "Les électeurs des Hauts-de-France m'ont chargé à nouveau de mener ce combat"

Dans une courte allocution depuis son fief à Saint-Quentin, le président sortant n’a pas explosé de joie malgré un score bien supérieur à ce que lui accordaient les sondages. "Les électeurs des Hauts-de-France m'ont chargé à nouveau de mener ce combat et de me battre pour poursuivre le renouveau de notre belle région. Je le ferai dans la cohérence et dans la transparence. Je le ferai dans la fidélité à mes idées, à mes convictions, à mes valeurs. Je le ferai sans compromission. Avec un seul et unique objectif : rassembler les habitants des Hauts-de-France".

Il a pointé du doigt son "seul et unique ennemi", le Rassemblement national qu’il appelle toujours Front national. "Il y a cinq ans, au soir du premier tour, nous étions arrivés deuxième 16 points derrière le Front national. Ce soir, les femmes et les hommes des Hauts-de-France nous ont placés clairement en tête. Je veux leur dire ma profonde reconnaissance".

En 2015, Marine Le Pen - alors candidate de l’extrême droite dans la région - était arrivée largement en tête du premier tour avec plus de 40% des suffrages, soit 16 points devant Xavier Bertrand. Un rapport de force qui s’est complètement inversé en 2021, puisque le président sortant devance de 19 points Sébastien Chenu, candidat du Rassemblement national.

Sébastien Chenu : "Je vous demande de vous bouger"

Pour le candidat du RN, c’est donc la douche froide. Alors que les sondages le créditaient de 34% des voix au premier tour, Sébastien Chenu ne récolte que 24% des suffrages. La faute selon lui aux électeurs qui ne se sont pas déplacés dans les bureaux de vote. "Vous êtes trop nombreux dans les Hauts-de-France à subir le chômage, la précarité, l’insécurité, les difficultés crées par ceux qui nous gouvernent. Je vous demande, à vous qui faites confiance à Marine Le Pen, à Steeve Briois, et par-delà, aux élus du Rassemblement national partout dans la région, de vous mobiliser, de vous bouger. J’en appelle au peuple des Hauts-de-France, aux ruraux, aux jeunes, aux ouvriers, aux employés, aux commerçants, aux soignants. A vous qui êtes oublié, méprisé, je vous demande de venir voter dimanche prochain", a déclaré Sébastien Chenu sur la tribune installée dans la salle François Mitterand à Hénin-Beaumont.

Quelques minutes auparavant, c’est Marine Le Pen la patronne du RN qui a pris la parole sur la même scène, affirmant que les électeurs du RN "ne se sont pas déplacés". Selon la candidat à la présidence de la République, "en s’abstenant massivement, les électeurs ont principalement laissé la main aux sortants".

Laurent Pietraszewski : "la liste que j’ai eu l’honneur de conduire fait un score trop faible qui ne lui permet pas de se maintenir au second tour"

Candidat de la majorité présidentielle, le secrétaire d’Etat aux retraites et à la santé au travail n’a pas atteint les 10% nécessaires pour se maintenir au second tour. "C’est un fait, la liste que j’ai eu l’honneur de conduire fait un score trop faible qui ne lui permet pas de se maintenir au second tour", a-t-il reconnu lors d’un court point presse dans son QG de campagne installé à Lille.

Laurent Pietraszewski a annoncé qu’il voterait pour Xavier Bertrand lors du second tour le 27 juin prochain. "J’appelle tous ceux qui m’ont soutenu au premier tour à faire de même. Les Hauts-de-France ont besoin de tout sauf de l’extrême incompétence, de l’extrême indécence, de l’extrême droite", a demandé le candidat.

Il a par ailleurs rappelé que l’abstention de 67% dans la région n’a pas aidé sa liste à atteindre le second tour. "Les électeurs et les électrices se sont exprimés dans des conditions particulières avec une abstention record qui illustre une fois de plus combien notre démocratie est fragile. C’est ce soir le principal message politique envoyé par les électeurs", a conclu Laurent Pietraszewski.

Karima Delli : "les écologistes et la gauche font leur retour dans l’hémicycle régional"

Arrivée tout sourire à son QG installé dans le centre de Lille, la candidate  qui a réussi à réunir toute la gauche – de la France insoumise au Parti socialiste en passant par les écologistes et les communistes – s’est réjouie que "les écologistes et la gauche font leur retour dans l’hémicycle régional". En 2015, le candidat du parti socialiste Pierre de Saintignon s’était désisté et avait appelé à voter pour Xavier Bertrand afin de faire barrage au Front national de l’époque.

"La grande gagnante de cette élection est l’abstention. Elle est historique, a d’abord estimé Karima Delli, candidate de la gauche unie. La double candidature de Xavier Bertrand, le parachutage de cinq ministres, ont fini de faire perdre la boussole aux électeurs", a-t-elle justifié, regrettant que "quand la politique ne s’intéresse plus à la vie des gens, les gens ne s’intéressent plus à la vie politique".

Pour le second tour elle en appelle "à la génération climat, à celles et ceux qui refusent la progression des inégalités sociales dans notre territoire"