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Rio 2016 – Paralympiques : les cinq secrets de Martin Farineaux (handi-kayak)

Les Jeux paralympiques 2016 ont démarré ce mercredi. A cette occasion, la rédaction web de France 3 vous présente les six sportifs du Nord et du Pas-de-Calais qui défendront les couleurs bleues à Rio. Aujourd’hui Martin Farineaux, para kayakiste lillois.

Par Geoffrey Lopes

En renversant kayak, on tombe encore sur kayak. La magie du palindrome traduit parfaitement l’état d’esprit de Martin Farineaux : enlevez-lui un mollet et il marchera sur les mains. Sur son bateau comme sur terre, le Lillois joue avec brio les équilibristes. Pagayeur chevronné depuis près de 15 ans au canoë club lillois, il ne se prive pas de concourir dans des compétitions de valides sur des courses en ligne. Mais pas question de se mettre en danger, surtout si on vise le titre olympique sur le 200 mètres monoplace à Rio. « Je me sens super serein. C’est magique de vivre les jeux. Je veux gagner le titre olympique. C’est la première fois que le para canoë est aux jeux et je compte bien marquer l’histoire de mon sport. Je dois rester concentrer et prendre l’évènement dans le bon sens du terme, sans paniquer, en reproduisant ce que l’on m’a appris. »

Le sport est son premier remède

D’une voix grave et posée, Martin répond sans complexe. Décontracté, il se sent épanoui. Son premier secret n’a rien d’extraordinaire. « Le sport m’est primordial. La pratique du sport me permet de me surpasser, de garder mon équilibre physique, mental et psychique. Je ne pourrais jamais arrêter. J’en parlais encore avec ma compagne il y a peu de temps : sans le sport, mon corps et mon moral se dégradent. Ma mère pédiatre et mon père prof de sport m'ont aidé à vivre normalement. Ils m’ont encouragé à pratiquer ma passion pour le kayak. » Le Merrisien a commencé à 13 ans et a fini par se retrouver en équipe de France junior pour les valides. » Le sport lui apporte surtout des moyens précieux d’assumer ou de lutter contre son handicap.

Un handicap parapluie

Les compétitions peuvent engendrer de fortes pressions. Mais Martin Farineaux se sent étranger aux moments de tensions que peuvent vivre les athlètes. « Je me sers de mon handicap pour relativiser. J’ai déjà vécu tellement d’épreuves. J’ai passé en tout plus de 3 ans dans les hôpitaux avec 35 opérations à la clé. Sur l’eau et sur le bord je suis un battant. On me disait que je ne pourrais jamais marcher et aujourd’hui je tiens bien sur mes deux jambes, même si je fatigue vite. Pour travailler ma tonicité debout, je dois relâcher mes jambes. Dans mon bateau, j’essaie de reproduire ces exercices de relâchement pour le haut du corps. Paradoxalement mon handicap me sert aussi à me relâcher. »


« La course donne l’impression de faire du rappel »

Bien callé dans son bateau, Martin sait ce qu’il lui reste à faire. « Je dois me grandir dans mon kayak et me relâcher tout en allant vite, donner des grands coups de pelle à 150% dans l’eau. Il faut que je reste concentré en gardant de la puissance. C’est assez paradoxal. La course donne l’impression de faire du rappel. Je dois m’inspirer de la performance de Maxime Beaumont qui a pris l’argent sur le K 200 mètre chez les valides. On a déjà échangé et il m’a glissé quelques secrets pour réussir ma course. Il m’a donné l’élan pour faire aussi bien. »

Préparation avec des valides

Détaché par son employeur EDF depuis plusieurs mois, Martin peut se consacrer pleinement à sa préparation olympique. Dépourvu de concurrent ou même de collègue d’entraînement dans sa catégorie, il s’entraîne avec des valides. « Ça ne change pas grand-chose. Tous les para kayakistes sont des anciens sportifs valides qui ont subi des accidents. On dispose de la même préparation : même volume d’entraînement avec une intensité similaire. En para canoë kayak on a tous le même bateau, plus gros et plus large que pour les valides, pour compenser le manque de ceinture abdominale des paraplégiques. La vitesse de la glisse est réduite par le volume du bateau. Mais on se rapproche du temps des valides : environ 3 secondes d’écart sur un 200 mètres. Je n’ai pas de frustration, on a autant de sensation et je reste handicapé avant tout. Travailler avec des valides me tire vers le haut, me fait progresser techniquement  et me permet de me dépasser en permanence pour être le plus fort possible. »

Histoire d’amour avec le Nord

Avec une voix pleine d’émotion, Martin ne cache pas son attachement au Nord : « C’est ma région. Je l’ai quitté pendant six ans en habitant à Rouen, mais je n’ai pas pu faire autrement que de me résoudre à rentrer. Je garde une relation particulière avec le Nord. C’est une grande région de kayak et le bassin de mon club lillois fait parti de mon équilibre. Je suis fier d’être Lillois. » Financièrement, c’est le département qui lui a offert son soutien : « La direction jeunesse et sport du Nord m’a alloué des financements pour m’aider à me préparer. Ça m’a permis de faire un stage et d’acheter du matériel. Je n’ai pas de nouvelles de la région pour l’instant. » Martin Farineaux donne rendez-vous l’après-midi du 14 septembre pour marcher sur les traces de Maxime Beaumont.

Dates clés

13 août 1981 : Naissance à Lille
2010 : vice champion du monde en K 200 mètres
2012 : vice champion d’Europe du K 200 mètres

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