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Salah Abdeslam sort de son silence pour dédouaner un homme soupçonné de l'avoir aidé dans sa cavale

Croquis de Salah Abdeslam pendant son procès, le 5 février 2018. / © Benoit PEYRUCQ / AFP
Croquis de Salah Abdeslam pendant son procès, le 5 février 2018. / © Benoit PEYRUCQ / AFP

Abdeslam se mure dans le silence depuis son arrestation, en mars 2016.

Par Q.V avec AFP

Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos jihadistes du 13-Novembre, s'est exprimé vendredi pour la première fois devant le juge français en charge de l'enquête, pour dédouaner un suspect soupçonné de l'avoir aidé dans sa cavale, a appris l'AFP de source proche du dossier.

Durant cette cavale, Abdeslam avait notamment été arrêté, puis relâché à Cambrai le 14 novembre 2015 à cause d'une erreur humaine : les services de renseignement belges, qui avaient connaissance de sa radicalisation, n'avaient pas entré l'information dans la base de données consultées par les gendarmes français.


Juste avant cette arrestation, Salah Abdeslam avait également été repéré par les caméras de surveillance de la station Total sur l'aire de La Sentinelle-Est le long de l'A2, près de Valenciennes.


Confronté à Ali Oulkadi, un proche de son frère Brahim mort en kamikaze le 13 novembre 2015, Salah Abdeslam a affirmé n'avoir "jamais sollicité" l'aide de ce suspect, d'après cette source. Muré dans le silence depuis son transfert de Belgique en France en avril 2016, il a en revanche refusé de s'exprimer sur sa propre implication dans les attaques.

Le 14 novembre au matin, Salah Abdeslam avait rejoint dans un café de la capitale belge Ali Oulkadi après avoir été déposé à Bruxelles par deux amis, Mohamed Amri et Hamza Attou, venus de Belgique le récupérer en région parisienne, 

Les enquêteurs considèrent que ce dernier ne pouvait ignorer la préparation des attentats, son ADN ayant été retrouvé dans l'un des appartements "conspiratifs" de la cellule franco-belge ayant servi à la confection des ceintures explosives, à Schaerbeek.

Il ne pouvait pas savoir que j'étais l'ennemi numéro un


Lors de cette confrontation, également révélée par France Inter et Europe 1, Salah Abdeslam, 28 ans, a affirmé qu'Oulkadi n'était jamais entré dans cet appartement et qu'il n'avait jamais sollicité son aide dans sa cavale, d'après la source proche du dossier.

Le 14 novembre, "il ne pouvait pas savoir que j'étais l'ennemi numéro un", a ajouté le suspect-clé des attentats qui ont fait 130 morts à Paris et à Saint-Denis, d'après cette source.

Confrontation d'une heure


Salah Abdeslam avait été extrait de sa cellule vendredi matin pour cette confrontation qui a duré un peu plus d'une heure, selon des sources concordantes.

Des zones d'ombre entourent encore le rôle exact de Salah Abdeslam. Les investigations montrent qu'il a déposé les trois kamikazes du Stade de France, au nord de Paris, le soir des attaques, avant d'abandonner une ceinture explosive, laissant penser qu'il devait lui aussi mener une attaque suicide.

Proche du Belgo-Marocain Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats, il a aussi eu un rôle de logisticien, louant véhicules et planques en région parisienne, et est également soupçonné d'avoir convoyé à travers l'Europe, depuis la zone irako-syrienne, dix jihadistes pour la plupart impliqués dans les attentats de Paris ainsi que ceux de Bruxelles du 22 mars 2016, qui ont fait 32 morts.

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