Sept hommes interpellés près de Dunkerque après l'agression de migrants

Sept hommes ont été interpellés en flagrant délit à Loon-plage, près de Dunkerque, après avoir agressé dans la nuit de mercredi à jeudi quatre migrants, vraisemblablement des Kurdes irakiens.

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Ces sept hommes, âgés de 24 à 44 ans et pour certains originaires du Pas-de-Calais, sont en cours d'audition, a indiqué le procureur de Dunkerque Eric Fouard, confirmant une information de RTL.
"Il y a sept interpellations en flagrant délit à Loon-Plage dans ce qui paraît être une agression sur des migrants qui stationnent habituellement là la nuit pour attendre les camions et tenter d'y monter pour gagner l'Angleterre", a indiqué M. Fouard, précisant que "la PJ était saisie".

"Il y a quatre blessés légers, a priori des Irakiens kurdes et les investigations sont en cours", a-t-il dit. Selon lui, les personnes agressées pourraient venir du camp de Grande-Synthe, où l'on dénombre près de 1.500 migrants.
Concernant les sept hommes interpellés, "ils sont en garde à vue. C'est la première fois que j'ai un acte similaire sur mon ressort et une telle agression", a souligné M. Fouard.
"Je ne sais pas si ces personnes sont celles qui ce sont déjà livrées à des exactions à Calais ou ailleurs, on n'a pas forcément de rapprochement pour l'instant", a expliqué M. Fouard.

Les agressions sur migrants en recrudescence

Depuis plusieurs mois des migrants sont victimes d'agressions à Calais et dans ses environs. Une information judiciaire a ainsi été ouverte le 4 février pour l'agression avec
arme de trois Syriens dans la nuit du 20 au 21 janvier à Calais
, où se trouve la "Jungle", un bidonville où vivent entre 3.700 et 4.500 migrants selon les sources. D'autres enquêtes avaient été ouvertes pour plusieurs faits similaires, selon le parquet de Boulogne-sur-mer.

Selon Isabelle Bruand, coordinatrice régionale de Médecins du monde (MDM), il y a une "recrudescence" des agressions sur des migrants depuis le début de l'année.
"Ce sont des dizaines de personnes qui ont été tabassées à Calais avec notamment des barres de fer, provocant plusieurs fractures". "Ces faits ne sont pas nouveau, ils avaient déjà eu lieu l'été dernier et en septembre,mais là, cela se produit de manière plus régulière", a-t-elle ajouté.
Marianne Humbersot, chef de mission au centre juridique informel de la "Jungle", fait état de son côté d'une "cinquantaine de personnes venues se plaindre de violences depuis janvier", qui seraient notamment l'oeuvre de "milices cagoulées et surarmées".

D'après le parquet de Dunkerque, l'agression de quatre migrants n'est pas liée à la blessure par balles mercredi soir d'une personne au camp de Grande-Synthe, dont le pronostic vital n'était pas engagé.